Seven Days

Seven Days

Titre original: 
Seven Days
Pays d'origine: 
Corée du sud
Genre: 
Thriller
Date de sortie originale: 
2007
Durée: 
126 minutes

Avis

''Après avoir vu Client (The), qui était décevant car il ne s'agissait "que" d'un thriller judiciaire, je me suis dit : ''mais j'ai pas un thriller gore avec une avocate dans mes cartons ?'' Et voilou que je me mettais Seven Days. En même temps je me suis aussi posé la question de savoir quel était le message subliminal du film. Pour cela, j'ai utilisé ce bon vieux Aristote, et le résultat est assez surprenant ! 

Au cours d'une manifestation sportive à l'école de sa fille, Yu Ji-Yeon, l'avocate la plus brillante de Seoul se fait kidnapper son enfant. La rançon ? Innocenter un condamné à mort, accusé d'avoir violé et tué une étudiante en art. Pour cela, elle a sept jours, sinon elle ne verra jamais plus sa progéniture.  

Tout ce que j'aime dans un thriller coréen est au rendez-vous : rythme haletant, course contre la mort, flics un peu pourris, ambiance quelque peu macabre, fin émouvante. Par contre j'ai rien compris à la motivation des personnages à la fin du film... Le réalisateur n'est pas inconnu, puisqu'on lui doit The Wig (2005) sorti en 2009 chez nous, ainsi que A Bloody Aria (2006), connu sur la toile. Mais plus rien depuis, c'est fort dommage. En tout cas ça montre que certains réalisateurs en Corée sont très productifs, et que celui-ci n'en était pas à son coup d'essai. De même, le co-scénariste a planché sur Secret (2009), puis a disparu de la circulation.  

D'un point de vu plus analytique, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi dans ce genre de film, les personnages principaux occupent des professions en vue ? Assureur (Black House), médecin légiste (No Mercy), chirurgien (Return), agent secret (J'ai rencontré le diable)etc. ? Ici il s'agit de la meilleure avocate de Séoul, rien de moins  Pourquoi ce type de personnages principaux dans ce type de film, qui raconte des histoires plutôt sordides qui généralement finissent mal ? Pourquoi est-ce qu'on aime tant voir ces choses affreuses et nous sentons si bien après les avoir vu ? 

C'est ce qu'Aristote en son temps thématisait comme catharsis, purgation des mauvaises passions des spectateurs. Pour cela, ils devaient pouvoir s'identifier aux personnages, ou du moins pouvoir éprouver de la compassion envers eux. Ici, on se met à la place de l'avocate. On ne peut pas s'identifier au kidnappeur vu qu'il n'est jamais à l'écran. On se dit qu'elle a un sort horrible. ''On n'aimerait pas être à sa place'' est une façon de dire que justement, vissé dans notre siège, nous sommes indirectement avec elle. Les trois premières scènes du film servent à cela : un cauchemar, une scène de réussite publique (elle a gagné son procès), puis un moment d'intimité avec sa fille dans son bain. Voilà, on est intimes avec elle. Juste après sa fille se fait kidnapper, changement radical de sa vie, c'est le début des peripéties.  

Bref il s'agit de quelqu'un de normal, qu'on aimerait être (''quand je serai plus grand, je serai avocat ou médecin''). Mais sous son aspect ''parfait'' se cache un défaut, une mauvaise passion (hamartia). Quelle est-elle ? Autrement dit, quel est le message que le film veut nous faire passer ? 

S'agit-il de dénoncer les pauvres comme dangereux ? On pourrait se dire que si l'héroïne fait parti des classes privilégiées, c'est pour montrer qu'en contraste ce sont les pauvres qui sont dangereux. Ca correspond au préjugé. Mais on apprendra plus tard dans le film que le mec qui vivait dans un HLM pourri n'est pas forcément la personne à qui il fallait jeter la pierre. Donc le film ne vise pas à dénoncer en tant que tel les privilégiés, ou certains de leurs travers.  

S'agit-il de dénoncer ces gens prêt à tout pour réussir ? Pour récupérer sa fille, notre avocate va être prête à entrer par effraction dans des propriétés, mentir son son identité, laisser son pote flic passer à tabac des rockers... Elle ne sera pas punie pour ses agissements. La fin justifie donc les moyens. Autre preuve s'il en faut, celui qui sera puni, sera celui qui agit dans le but servir son propre intérêt. Lui pour le coup, ses moyens utilisés le feront arrêter. 

Dans le film c'est le côté ''workaholic'' de l'héroïne qui va lui permettre de prendre l'affaire au pied levé, et de bosser dessus 24/24h (avec le kidnappeur qui lui met des coups de pression régulièrement). Bref elle se consacre à fond à son boulot, mais n'y-a-t-il pas quelque chose qui en pâtit à côté ?  

On comprend à plusieurs moments du film, que d'une part c'est une mère célibataire, sa vie c'est son boulot, délaissant ainsi sa fille. Bref c'est une très bonne avocate, mais pas une bonne mère. Or que se passe-t-il quand on ne fait pas attention à ses enfants ? Soit ils deviennent délinquants, soient ils se font kidnapper (soit ils apprennent à vivre tout seul). C'est la solution 2 qui est choisie par le réalisateur.  

D'ailleurs, il y a en parallèle, et en version plus évoluée, celle de la victime, qui s'est faite sauvagement assassinée : elle se droguait, et couchait avec plein de garçons. Bref elle se dévergondait, et elle a fini en se vidant de son sang de façon pas très glamour :p Notre personnage va donc se rendre compte à quel point elle tient à sa fille, à quel point sa vie est fragile, et si il y a un dénouement heureux, elle devra en prendre plus soin. 

Autrement dit, chère spectatrice, ou cher spectateur qui a des femmes dans ton entourage, l'émancipation des femmes, c'est pas terrible (ça devient des grosses putes), quand elles essayent de s'émanciper par leur travail, elles négligent leurs enfants, donc rien ne vaut une bonne mère au foyer ! Telle est, derrière ses aspects divertissants, la morale de l'histoire. Et en fait, l'affiche du film, avec l'héroïne bâillonnée par une main, exprime à la fois qu'elle est menacée par un serial killer, mais plus profondément c'est toute la société actuelle qui est un carcan pour la femme.  

Au final, Seven Days est un thriller coréen qui tient toutes ses promesses : rythme palpitant, secrets bien gardés, et discours réactionnaire en sous-main. Il faut le voir pour le croire ;)'' 

Docteur Spider, 24/03/13

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