Client (The)

Client (The)

Titre original: 
The Client - Eui-roi-in
Pays d'origine: 
Corée du sud
Genre: 
Enquête judiciaire
Date de sortie originale: 
2011
Durée: 
122 minutes

Avis

''Si vous pensiez qu'avez The Client vous alliez voir une histoire de serial killer, détrompez-vous, il s'agit avant tout d'une enquête judiciaire, d'une quête de la vérité.  

Un homme est arrêté pour le meurtre de sa femme. En effet, on a retrouvé une marre de sang dans la chambre nuptiale. Mais on ne retrouve ni arme du crime, ni corps. Le coupable tout désigné est-il innocent ? A son avocat de le prouver.  

Le film n'est donc pas a proprement parler un film sur un serial killer psychopathe. Il alterne scènes au tribunal, où les différents témoins sont interrogés, et recherches de preuves de l'innocence de la part de son avocat et son équipe, ou de preuves de la culpabilité, de la part du procureur. Plus on avance dans le film, plus la partie devient serrée, chaque camp ayant recours à des stratagèmes de moins en moins honnêtes pour alimenter leur version de ce qu'il s'est réellement passé. Ainsi, on alterne entre plaidoirie et enquête. 

Ce jeune type qui travaille dans le cinéma est le coupable tout désigné. Il y a un témoin oculaire, et il y au un mobile : sa femme a demandé le divorce quatre jours plus tôt, et elle avait un amant. De plus notre type est bizarre, asocial, tendance je torture mes animaux de compagnie sans broncher (j'invente l'exemple ^^). Mais très vite, cette vision qu'a le spectateur est modifiée par le fait que le procureur nous est montré comme voulant faire porter le chapeau à ce pauvre type. Bref il y a anguille sous roche.  

Jusqu'où on est prêt à aller pour gagner ? L'avocat est intègre, contrairement à ses assistants (d'ailleurs yen a une qui est oubliée par le scénario en cours de route....), ce qui jouera des tours à cette équipe au cour de l'enquête.  

En cours de route, on découvre que le suspect principal l'avait déjà été autrefois, dans une affaire d'assassinat de lycéenne. Il avait été relâché faute de preuve. Par contre les policiers l'avaient passé à tabac, histoire de lui faire cracher le morceau (c'est ce qu'on voit dans tous les thrillers coréen). Ce qu'essaye de nous montrer le film c'est les conséquences sur la vie de ces personnages passés à tabac, leur traumatisme, l'image de criminel qui leur colle à la peau malgré leur innocence. Bref comment notre jugement est formaté par nos préjugés.  

 

Au niveau de la mise en scène et des thèmes abordés, on est assez proche d'un Snake Eyes de Brian de Palma, dans lequel on questionnait le statut de la vérité, par le biais de figure d'autorité, et de la mise en scène. Ici, on va voir en flashback la version de chaque témoin au moment du supposé meurtre. Et ce flashback va changer en fonction de qui questionne le témoin (l'avocat ou le procureur). Qui dit vrai, qui ment ? Par exemple, la mère de la victime est une vielle bigote catho, qui dénonce le mec parce qu'elle ne le sent pas. En terme de partialité on a déjà vu mieux. .  

On se rend compte que le système judiciaire est assez effrayant, le juge étant l'arbitre d'une sorte de joute verbale, devant jauger jusqu'où chaque peut aller ("Objection !" / "Objection acceptée''). Mais derrière cette mise en scène de l'objectivité, tous les coups sont permis, et chacun a des motivations subjectives. Ca sera aux jurés de trancher.  

Le film est pas mal, mais c'est pas très inspiré. C'est bien de l'avoir situé dans l'arène judiciaire (en poussant plus loin le pas de côté dans le genre thriller effectué par Unjust (The)), mais le tout est d'une facture très classique. Intrigue, jeu des acteurs, rebondissent à la fin... Rien qu'à l'affiche cinéma, on ressent le manque d'inspiration (celle du dvd est un peu mieux quand même, plaçant les personnage dans le lieu principal).  

Avant de conclure, on peut se demander quel est le message du film. D'un côté, il est évident que la vérité triomphe toujours, si on la recherche. De l'autre, il faut se demander à quoi jouent les représentants de l'Etat. Censés être au service de tous et en particulier de la vérité, ils recherchent en fait leur ascension personnelle. Et pour ça ils n'hésitent pas à vous marcher dessus, au sens premier du terme. Les avocats eux aussi s'en sortent avec une image en demi teinte : recherchent la vérité coûte que coûte, quitte à sacrifier leur propre client

Au final, à quel genre apparteint The Client  ? Si en toile de fond il y a bien une histoire de tueur en série, le film n'est pas pour autant dérangenat, comme peut l'être un Return. On ne voit pas tuer en direct, juste dans un petit flash back. Ainsi beaucoup de distance est mise avec le spectateur. Et le film ne porte pas sur ce serial killer et sur ce qu'il représente, mais sur la recherche de la vérité entre un avocat et un procureur et les problème d'éthique que ça peut leur poser. En dénonçant le sort fait aux innocents, le réalisateur essaye-t-il d'enterrer ce gentre de représentation au cinéma, pour ouvrir à un nouveau genre, de rachat: le thriller judiciaire ? The Client se laisse regarder, mais il est décevant qu'à la fin le doute ne plane plus. Ca aurait donné Memories of Murder, mais avec des gens en costard  A voir, mais pas prioritaire.'' 

Docteur Spider, 22/03/13

De son côté Seven Days met en scène une avocate en prise avec le ravisseur de sa fille. 

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