Go ! Go ! Heaven

Go ! Go ! Heaven

Titre original: 
Go ! Go ! Heaven ! Jiketsu
Genre: 
Rock n' roll suicide !
Éditeur original: 
Shogakukan
Éditeur français: 
Kana
Date de sortie originale: 
2005
Date de sortie en France: 
Mai 2007-Août 2007
Nombre de tomes: 
3 (terminé)
Nombre de tomes sortis en France: 
3
Nombre d'éditions en France: 
1
Couverture: 
souple
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
205
Prix: 
7,35€
Rythme de parution: 
Bimestriel (terminé)

Avis

"Go Go Heaven est l'histoire de quatre femmes : Himiko est maîtresse SM, Aya travaille dans une compagnie qui fabrique des vibromasseurs, Michaelle est une gothique-lolita hikikomori qui ne parle pas ne communique que par des textos et est fan absolue de Malice Mizer, et enfin Julia rockeuse.
Si leur emploi est assez "trash" cet aspect est assez rapidement mis de côté, pour laisser dans la place à leurs motivations, ce qui les a poussé à vouloir se suicider.
Autour de ce groupe gravite un producteur véreux, et un journaliste qui fait un reportage sur le suicide, il essaie de comprendre. 

Leur quotidien est également bien gratiné. Les scènes de sexe sont explicites, c'est assez gloque (les fantasmes mortuaires sont marrants en tout cas), le macaron "POUR PUBLIC AVERTI" n'est pas inutile. Ils et elles ont tous leur petite névrose qui les rendent complètement barj'. On leur a bien pourri la vie en tout cas. 

Graphiquement, le style fait très josei (manga pour femme adulte), au sens où la dessinatrice (si c'est bien une femme, j'espère ne pas dire de bêtise) n'a pas voulu dessiner quatre belles héroiïnes. Ce sont des femmes normales. Dans le trait, on remarquera l'épaisseur de la bouche et des sourcils, et des têtes plutôt carrées. C'est correct, en tout cas absolument pas dérangeant pour la lecture. L'important est je pense le message que veulent faire passer les auteurs. 

"Cette oeuvre ne constitue en rien une incitation au suicide ni une apologie de celui-ci."

Il aurait été interessant d'avoir des notes d'intention des auteurs sur les rabats de la couverture par exemple, en plus de ce message à la fin du tome 1. Elles manquent un peu. De même je trouve que le petit article de deux pages sur le suicide au japon à la fin du tome 2 est un peu léger.  

Du fait sans doute que le motivation première est de se suicider on obtient un antimanga de rock : elles ne savent pas jouer, n'ont pas de talent particulier. Si leur groupe marche, c'est grace à la machine commerciale derrière. Bref on n'est pas en train de lire un shonen, c'est plus réaliste en un sens.  

C'est un manga de rock, mais aussi sur le suicide et le mal-être des individus, les deux ne vont-ils pas ensemble ? Le rendu est en tout cas paradoxal, et joue énormémemnt dessus : réussir pour mourir, se faire exploiter par son producteur pour trouver la motivation d'aller jusqu'ou bout. Comment ce manga va-t-il finir ? Mal j'espère.  

Ce que montre les auteurs, c'est qu'on aura beau n'avoir aucun talent, on pourra percer et amasser énormément d'argent si on est bon en marketing. Par là le personnage du producteur sans scrupuile permet aux auteurs de critiquer le star system, les médias, les parents, cette société où même le suicide peut faire l'objet d'un commerce. Il est cependant dommage que nos héroïne se laissent faire.  

Si dans le premier tome le but est d'essayer à tout prix de se suicider à chaque fin de concert (ce qui bien sûr rate, sinon le manga tourne court), le tome suivant s'intéresse d'avantage à leur passé, leur souffrance intime.  

J'ai vraiment beaucoup aimé ce manga. C'est bien tordu, très paradoxal, sombre sans être totalement malsain, rock n' roll ! mais pas indispensable pour autant. 

Docteur Spider, 20/08/07

Si le conte auquel se réfère ce manga est la Petite Sirène, Bremen, les déjantés se réfère quant à lui aux Musiciens de brême. 

Voir aussi Cercle du suicide (Le)

Commentaires

Inscrivez-vous ou connectez-vous à votre compte pour laisser un commentaire.

Vous êtes ici