Ressentiment

Ressentiment

Titre original: 
Ressentiment
Auteur(s): 
Genre: 
Drame, psychologique, science-fiction, romance, humour
Éditeur original: 
Shogakukan (prépublié dans Big Comic Spirits)
Éditeur français: 
Ki-oon
Date de sortie originale: 
2004 (première édition)
Date de sortie en France: 
2014 (le 9 octobre)
Nombre de tomes: 
4 (terminé, édition simple), 2 (en volume double
Nombre de tomes sortis en France: 
2 doubles (terminé)
Nombre d'éditions en France: 
1
Couverture: 
Souple + jaquette
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
464
Prix: 
9,65€

Avis

Bienvenue aux frontières du réel dans ce monde pourtant si proche du notre. À l'heure où le virtuel prend de plus en plus de place dans la vie normale, un homme, faisant partie ceux qui se désespèrent de trouver un jour l'amour et une quelconque gloire, va plonger dans l'univers du jeu vidéo érotique sur initiation d'un ami. Takuro va découvrir tout un réseau en ligne où beaucoup de gens cherchent à s'abandonner pour oublier le monde cruel IRL. Mais il se rendra progressivement compte des travers du réel qui rattrapent le virtuel... 

Kengo Hanazawa nous propose de suivre ce qui devait être la vie fantasmée de Takuro, mais qui prend presque la tournure d'une épopée où Takuro va se battre pour sauver ce qui lui est cher. Avec Ressentiment, voici enfin un manga mettant en scène un véritable loser qui n'a a priori rien pour lui mais qui va se révéler intéressant. On avait déjà vu Bienvenue dans la NHK et Yakuza Love Theory nous présenter un héros glandu et frustré de la vie, mais ils n'étaient pas dénués d'attraits pour autant. Ici, Takuro est un homme grassouillet, complètement négligé, s'habillant comme un plouc et sans aucun talent particulier ni de passion précise. Le dessin de l'auteur va exagérer cet aspect car il dessine volontairement de manière assez grossière tous les personnages, féminins comme masculins. Même les personnages censés être beaux ont un quelque chose d'un peu difforme. Ce design ajoute beaucoup d'humour au manga qui n'en manque pas déjà de base grâce à de nombreuses blagues souvent salaces et une auto-dérision très présente. Simultanément, on se rend bien compte que cette absence d'éléments de séduction demeure un choix délibéré de l'auteur car le dessin est loin d'être bâclé pour autant. Cela pourra rebuter certains dans leur lecture, mais cela reste une démarche audacieuse et pertinente pour ce manga.
En mode métro boulot dodo, Takuro se laisse vivre chez ses parents sans jamais avoir eu de relation avec une fille. Quand il débute son premier Eroge, il avait le parfait profil du vieux pervers dégueulasse; mais sa péripétie avec sa partenaire d'images de synthèse anormalement réticente déclenche une évolution psychologique très intéressante du personnage qui va dévoiler un aspect lucide et même courageux de sa personnalité. À mesure que le héros s'implique dans le jeu, nous découvrons toute une intrigue remontant aux origines de ce jeu érotique en réseau qui rend Ressentiment d'autant plus prenant. Ce n'est pas tant la réflexion sur l'immersion des personnes dans le virtuel qui est intéressante ici, c'est quelque chose de développé déjà des centaines de fois dans d'autres oeuvres. C'est plutôt la manière dont tout cela sera renversé. En fait, les personnages, au fur et à mesure qu'ils se plongent dans ce milieu contruits d'illusions, vont découvrir que les travers du réel finissent par se retrouver dans le virtuel connecté. Les personnages se retrouvent dans une sorte de cercle vicieux où le fantasme d'une vie rêvée sera même inversé quand des personnages virtuels envieront le réel. L'auteur réussit également le tour de force de créer une intrigue dans le monde IRL en abordant la relation naissante entre Takeru et l'une de ses collègues.  

Ressentiment s'annonçait comme un manga classique traitant de la débauche de gens s'adonnant aux jeux vidéo érotiques, mais dans son scenario classique, l'auteur exploite intelligemment ses idées et va au-delà de ce concept. Cela fait donc un manga bien pensé et drôle. 

Hanoko, premier volume double lu, le 12/11/2014

 

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