Sang Séché (Le)

Sang Séché (Le)

Titre original: 
Chi wa kawaiteru
Pays d'origine: 
Japon
Genre: 
Drame
Éditeur original: 
Shochiku
Éditeur français: 
Carlotta
Date de sortie originale: 
1960
Date de sortie en France: 
9 avril 2008 (DVD)
Durée: 
83 minutes
Support: 
Cinéma, DVD
Prix: 
Coffret 8 films : 49,9€
Bonus: 
Présentation par Kijû Yoshida

Avis

"Comment réagirions nous si un salarié de Peugeot ayant fait une tentative de suicide, se retrouvait en "tête d'affiche" ? dans une emission de téléréalité ? mascotte de l'entreprise ?  

Deuxième film des oeuvres complètes de Kijû Yoshida, et sorti la même année que Bon à rien, Le sang séché s'en tire bien mieux. Bien qu'étant étudiant, faisant parti de la "jeunesse", j'ai été beaucoup plus intéressé par les problématiques de ce second film. 

D'une part j'ai trouvé le film vraiment ambitieux : l'impact national d'un suicide, l'impact sur le commun des mortels, mais aussi sur les ventes d'assurance, et enfin et surtout sur notre personnage lui-même. On lui demande de rejouer encore et encore sa tentative de suicide.  

Il s'attire les foudres d'un paparazzi qui va souhaiter briser la supercherie en nuisant à Kiguchi. Le début -et en fait tout le film- a une cadence assez rapide, entraînée par le buzz fait autour de cet homme. Ca rend le film vraiment prenant. Le montage des images est lui-même soutenu par la musique, virevoltante.  

Dès le départ Kiguchi se rend compte que son image, son discours, est utilisé par les publicitaires, et que cette image ne correspond pas à l'image qu'il se fait de lui même, à tel point que cette image renvoyée par les publicités est celle d'un inconnu. Il y a tout un jeu dans ce film sur l'identité, le contrôle du discours, et les stratégies de contournement ou d'évasion de l'emprise que l'on peut avoir sur un individu, c'est remarquable. C'est différent de l'approche de Visage d'un autre (Le) par exemple. Là où dans le film de Teshigahara le personnage principal n'a pas de visage, celui du Sang séché a un visage connu. Il est intéressant qu'il dise "il est fatiguant de se faire dévisager", ça fait réfléchir sur les conséquences physiologique de la notorieté.
Il y a donc une différenciation qui s'opère entre son soi marchandisé, et le soi véritable qu'il cherche à saisir, à définir.  

Un film bien fait, entrainant, intéressant, à voir. Un film qui fait réfléchir." 

Docteur Spider, 06/04/08

 

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