Visage d'un autre (Le)

Visage d'un autre (Le)

Titre original: 
Tanin no kao
Pays d'origine: 
Japon
Genre: 
Drame
Éditeur original: 
Toho
Éditeur français: 
Carlotta
Date de sortie originale: 
1966
Date de sortie en France: 
5 décembre 2007
Durée: 
121 minutes
Support: 
Cinéma, DVD
Bonus: 
Docu sur Hokusai et l'Ikebana

Avis

"Après Traquenard (Le) et Femme des sables (La) Teshigahara signe à nouveau un film étrange, toujours avec Abe Kobo au scénario. C'est son film qui semble le plus contemporain, le plus urbain, où l'on rencontre le plus le reste de la "civilisation". Le simple fait de voir un intérieur d'appartement contemporain m'a surpris, après avoir vu les deux autres films du coffret qui se placent dans des sortes de no man's land hors du temps.  

Je pensais que l'histoire allait être celle de deux personnes qui auraient le même visage, avec bien sûr un usurpateur et toute les questions d'identité que ça pouvait soulever. Le réalisateur ne prend pas la question par cet angle. Au centre du film se trouve en fait la question du masque, du visage, donc de l'autre, du maquillage, et de là à la question du mensonge. Le docteur qui suit notre patient, élabore toute une théorie de la personnalité du masque qui serait indépendante de celle de son porteur, qui le contaminerait. Le film essaie de faire en sorte que ce soit performatif, que du simple fait que ce soit dit, ce soit opérant dans la trame du récit. Or je suis resté assez dubitatif face à tout ce discours, qui ne semble vraiment pas tenir. La question avait bien mieux été amenée dans Homme-boîte (L')

Finalement l'important n'est pas là où les personnages veulent qu'il soit, ou là où ils le craignent. J'ai été plus sensible par contre au déroulement du scénario, aux plans de notre homme défiguré, avec sa relation avec sa femme, qu'il essaie de reconquérir-trahir, et savoir comment tout cela va finir. On se demande qui notre homme va tuer... 

Pour souligner les paradoxes qui traversent l'histoire, on suit en parallèle une femme défigurée, qui chose surprenante, ne rencontre pas notre héros, mais nous montre ce qu'est notre personnage principal et ce qu'il aurait put être (d'abord montré du doigt puis...). On retrouve des effets parallèles au niveau de la mise en scène, qui joue beaucoup sur les superpositions d'images afin qu'homme et masque (qui a de nombreuses figures) se confondent afin d'interroger cette nature humaine; sur les mises en sourdine pour souligner la solitude des personnages, en tout cas leur isolement etc. L'ambiance est assez malsaine. Ce qui est renforcé par la présence de Tatsuya Nakadai, qui joue beaucoup avec ses expressions faciales. 

On est à nouveau surpris, en regardant les deux bonus, qui sont des documentaitres de Teshigahara, le premier sur Hokasai, l'estampiste, dans lequel Teshigahara se focalise sur les détails des ukiyo-e, avant de nous montrer des visions d'ensemble. Le tout étant très peu commenté, afin qu'on se concentre sur ce qui est montré. L'autre est consacré à l'ikebana, l'art floral, mais pas seulement, puisqu'on est surpris par la richesse de cet art, qui nous emmène également du côté de la peinture, de la sculpture, des fruits et légumes. Dit ainsi, cela semble complètement trivial, mais il y a des créations qui valent vraiment le coup. A noter que c'est le seul travail de Teshigahara en couleur.  

A nouveau Teshigahara déstabilise et nous interroge sur notre condition d'homme." 

Docteur Spider, 24/12/07

Voir aussi Avaler la terre par Tezuka, qui développe une des théories avancées par le docteur, 4 ans plus tard...

 

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