Ville d'amour et d'espoir (Une)

Ville d'amour et d'espoir (Une)

Titre original: 
Ai to kibo no machi
Pays d'origine: 
Japon
Genre: 
Drame
Éditeur original: 
Shochiku
Éditeur français: 
Carlotta
Date de sortie originale: 
1959
Date de sortie en France: 
18 juillet 2007 (Cinéma) - 18 juin 2008 (DVD)
Durée: 
62 minutes
Support: 
Cinéma, DVD
Prix: 
49,99€ (3 films)
Bonus: 
Un documentaire d'Oshima sur l'histoire du cinéma

Avis

"Ce premier film de Nagisa Oshima joue sur la confrontation de deux mondes : celui des riches avec celui des misérables, et c'est la professeure du jeune Masao qui va jouer les entremetteuses... 

Sa mère étant malade, le jeune Masao doit choisir entre poursuivre ses études, ou les arrêter et travailler. Sa mère s'oppose à cette seconde solution car elle ne veut pas que son fils devienne un ouvrier. Elle voit l'école comme un moyen d'ascension sociale. Sa prof le pousse également dans cette voie là. Seulement leur mère ne peut subvenir à leurs besoins, et Masao fait des petits boulots quand sa mère est alitée : il vend notamment des pigeons qu'ils élèvent en famille. Ceux-ci s'échappent toujours de chez leurs nouveaux propriétaires et ainsi Masao peut les revendre plusieurs fois.  

La rencontre avec Kyoko, la jeune bourgeoise qui se prend de pitié pour lui, va modifier quelque peu la donne, puisqu'ayant annoncé à sa prof qu'il n'irait pas au lycée, sa prof va faire en sorte de faire pression sur la famille de Kyoko pour qu'ils le fassent entrer dans leur usine de télévision.

Très vite Masao éprouve des sentiments pour Kyoko, et le frère de Kyoko pour la prof de Masao. Mais ces sentiments ne reposent-ils pas une mauvaise raison : de la pitié, ou la promesse d'un emploi pour son protégé. 

L'une des dernière scène est géniale, : Masao détruit la cage des pigeons à coup de machette, et Oshima le film à la façon d'un meurtre, ou comme si il filmait un ouvrier à son établi, les deux interprétations étant confirmée par la suite.
 

 

Au niveau des bonus de l'édition DVD, on retrouve Les soleils de demain (Oshima, 1959, 6 minutes), soleil que l'on pourrait remplacer par étoile : en effet la Shochiku présente ses acteurs de demain, à travers une série de sketchs, sur un ton très léger et entraînant. On saute d'un acteur à l'autre, comme si on passait d'un studio de tournage à l'autre. Ça m'a fait penser aux clip que l'on a en France pour la Fête du cinéma, qui manipule très bien les mélanges des genres.  

L'autre film bonus est beaucoup plus ambitieux. Il s'agit d'un documentaire d'Oshima réalisé en 1994 à l'occasion des 100 ans du cinéma japonais. C'est à la fois une histoire, mais aussi un best of des films qui ont fait l'histoire du cinéma japonais. Ainsi on retrouve Ozu, Mizoguchi, Kurosawa, Uchida, Imamura, Fukazaku, et Oshima lui-même, qui a la part belle. Il découpe cette histoire en différentes périodes : années 30, années de guerre, après-guerre etc. Il y repère les différents thèmes qui ont sont traités : si le cinéma de la première moitié du siècle est assez traditionaliste, on voit émerger de nouveaux thèmes après guerre : la jeunesse, l'éclatement de la cellule familiale, l'individu, le sexe, ce qui provoque des frictions avec la censure. Oshima veut faire passer le message suivant : en finir avec une division par pays des films, et que le cinéma japonais devienne du cinéma pur.
Cette histoire nous fait découvrir tout un tas de réalisateur qui ne nous sont pas connus, et donne envie de découvrir tous ces films. 

Un dernier mot : dans les bonus de Contes cruels de la jeunesse, Donald Richie nous apprend que Une ville d'amour et d'espoir n'était pas le titre choisi par Oshima, qui voulait nous parler du Garçon qui vendait des pigeons. On comprend mieux pourquoi il n'y a ni amour ni espoir dans ce film

Un bon film accompagné de bons bonus." 

Docteur Spider, 10/07/08

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