Histoire écrite sur l'eau

Histoire écrite sur l'eau

Titre original: 
Mizu de kareta monogatari
Pays d'origine: 
Japon
Genre: 
drame
Éditeur original: 
Nikkatsu
Éditeur français: 
Carlotta
Date de sortie originale: 
1965
Date de sortie en France: 
9 avril 2008 (DVD)
Durée: 
2h
Support: 
Cinéma, DVD
Prix: 
49,9€ (4 films)
Bonus: 
Présentation par Kijû Yoshida

Avis

"Comment introduire Histoire écrite sur l'eau ? Peut-être en essayant de décrypter son titre, ce qui déjà nous engagera un peu plus loin, toujours plus loin, à l'image des questionnements de son personnage principal. 

Ce film est écrit sur l'eau, car, que ce soit l'eau du bain, ou l'eau du lac, tels des madeleines, ils sont des appels à la réminiscence.  

Au centre de ce film, le mariage de Shizuo, et la liaison de sa mère, desquels on peut tirer trois grilles :
Ces deux évènements ne font que renforcer une absence : celle de son père, mort alors qu'il n'était qu'un enfant. Ainsi il n'a eu que sa mère pour l'élever. Sa mère est donc à la fois une figure du père comme autorité ou éducateur, et figure sexuelle. On voit ce dernier élément par exemple quand étant enfant on apprend que ses copains fantasment sur sa mère.
Ses hésitations sexuelles le font se questionner sur la sexualité de sa mère : jeune et belle comme elle l'était au moment où son père est mort, s'est-elle abstenue ?
Enfin, si ça mère a un amant, et si cet amant a bien été et est toujours Hashimoto, alors sa fiancée, Yumiko, est peut être sa soeur, en tout cas en l'état actuel des relations de sa mère, c'est tout comme. Peut-on consommer un mariage quand la mariée est sa propre soeur ? 

Le mariage est une drôle d'institution, qui a bien pu inventer ça ?

Ce rapport mère/fils est accentué par le fait que le film est composé de nombreux flash back montrant le personnage principal enfant.  

Plus le film avance, et plus on jubile car les doutes de notre personnage principal se vérifient et du même coup relancent les problèmes encore plus loin. Jusqu'où, non pas ira-t-il, mais pourra-t-il tenir ? Dans cette structure oedipienne déformée, comment va se déplacer la violence : s'agira-t-il du meutre du père/amant de la mère, de tuer la mère/père, et/ou de retourner cette violence contre soi ?  

Cette relation incestueuse, jamais consommée, en prend pourtant bien des visages, comme cette proposition de double suicide qu'il fait à sa mère, typique des amours impossibles. 

Kiju Yoshida nous gratifie d'un film très intelligent, porté par des personnages complexes, riches, ayant à "tuer le père". Rien de plus compliqué, et Kiju Yoshida relève le défi avec brio !" 

Docteur Spider, 29/05/08

 

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