Assassination

Assassination

Titre original: 
암살 (Amsal)
Pays d'origine: 
Corée du sud
Genre: 
Action
Éditeur original: 
Showbox/Mediaplex
Date de sortie originale: 
22 avril 2015
Date de sortie en France: 
Novembre 2015 (Festival du Film coréen à Paris)
Durée: 
2h20
Support: 
cinéma

Avis

De 1905 à 1945, la Corée a été occupée militairement puis colonisée par le Japon impérialiste. Assez rapidement, de nombreux coréens prennent le maquis et opèrent des actes de résistances depuis la Chine et les montagnes du nord de la Corée. En 1919, le résistant Syngman Rhee* forme un gouvernement d'exil depuis la concession française de Shanghaï.  

De ces bases historiques, Choï Dong-Hoon réalise une fiction grand public alliant à la fois divertissement et hommage. À l'instar d'Inglorious Basterd de Tarantino, "Assassination" est avant tout un film d'action à gros budget où l'Histoire n'est qu'une toile de fond. Le pitch ressemble d'ailleurs beaucoup à celui d'Inglorious, une poignée de résistants sont envoyés derrière les lignes pour aller assassiner des officiels ennemis. Action, humour et un poil d'amour sont de la partie. Avec plus de 12 millions d'entrées en Corée du Sud, le succès commercial est colossal, et on comprend pourquoi. 

"Assassination" a tous les éléments du blockbuster, à commencer par la photographie. Le Shanghaï des années 30 est fantasmatique à souhait et les rencontres clandestines y sont magnifiées. Le fait que de nombreuses scènes se déroulent au sein de la concession française nous permet de nous approprier le film facilement. Riche en scènes d'action, les course-poursuites et autres gun fights sont très lisibles, loin de la sur-violence utilisée dans les thrillers.  

Seule ombre au tableau, le scénario tombe parfois dans une certaine facilité et les coïncidences bien utiles. L'histoire est toutefois bien pensée et recèle suffisamment de retournements de situations pour que l'on pardonne cet écueil. 

Entre tous ces aspects, c'est surtout le choix des personnages et le casting qui fait mouche. L'héroïne forte et sans reproche, le méchant machiavélique, le chasseur de primes séduisant, chacun semble tiré d'un western et les acteurs jouent en ce sens. Par ailleurs, il est très intéressant de constater que ce sont les "collabo" qui sont les méchants principaux du film. Choi Dong-Hoon a même pris soin d'introduire un personnage japonais qui soutient l'indépendance de la Corée. Ainsi, le film évite l'écueil du patriotisme exacerbé.  

Autre touche de modernité, l'héroïne n'est pas sexualisée et dirige même le groupe de résistants. C'est rare dans le cinéma coréen où les rôles féminins se cantonnent généralement à la pépé de service qui n'a d'autre intérêt dans le script que celui de montrer sa plastique refaite.  

Pour conclure, "Assassination" est un film à grand spectacle, doté d'une superbe réalisation dont on pardonne allègrement les facilités scénaristiques tant il réussit à nous distraire. Disposant d'effets spéciaux et d'un jeu de qualité, je le conseille à tous ceux qui veulent passer une bonne soirée blockbuster sans devoir piocher dans le catalogue de l'oncle Sam.  

Jacen_Likes
Critique du 12 novembre 2015.

* Syngman Rhee a été ensuite le premier président Sud-coréen de 1948 à 1960. 

 

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