Silent Voice (A)

Silent Voice (A)

Titre original: 
Koe no Katachi (聲の形) - The Shape of Voice
Auteur(s): 
Genre: 
Drame, tranche de vie, romance, psychologique
Éditeur original: 
Kodansha (prépublié dans Bessatsu Shounen Magazine puis dans Shuukan Shounen Magazine)
Éditeur français: 
Ki-oon
Date de sortie originale: 
2011 (one-shot original), 2013 (série)
Date de sortie en France: 
2015 (le 22 janvier)
Nombre de tomes: 
7 (terminé)
Nombre de tomes sortis en France: 
7
Nombre d'éditions en France: 
2 (normale et intégrale)
Couverture: 
Souple + jaquette glacée brillante
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
192
Prix: 
6,60 euros par tome, 46,20 euros pour l'intégrale des sept tomes
Rythme de parution: 
terminé

Avis

Avant même de commencer toute critique, je salue l'auteur pour avoir pris l'initiative de créer un tel manga. On a bien vu quelques animes ou mangas qui incluent dans leur histoire des personnages atteints de handicaps. L'exemple le plus courant revient au typique personnage aveugle dans les Shônen nekketsu qui va développer une puissance encore plus grande en conséquence de sa cécité, ou encore des séries comme Black Joke ou Tokyo Demon Campus comportant des personnages en fauteuil roulant. On peut citer aussi Toph Beifong, personnage aveugle d'Avatar - le Dernier Maître de l'Air dont la mise en scène s'équilibre bien entre ses capacités hors normes et un handicap présent au quotidien. Mais le traitement des problématiques concrètes du handicap dans notre société demeurent absentes.
Ensuite, A Silent Voice aurait pu se contenter de rafler l'attention simplement en parlant de ce sujet délicat encore peu abordé en manga. Mais bon sang, je peux vous dire qu'il fait bien qu'en parler, il nous le fait vivre! D'autant que très vite vient se greffer un autre thème à l'importance tout aussi grande dans l'histoire: celui de l'Ijime, c'est-à-dire des brimades à l'école entre élèves (consulter l'article en lien pour un dossier consacré à ce sujet).  

Les deux thèmes seront développés avec beaucoup de justesse et d'émotion grâce à un scenario réaliste et très intelligemment construit. L'auteure introduit progressivement les graves problèmes auxquels seront confrontés l'ensemble des personnages, sans jamais tomber dans la caricature. Elle retranscrit parfaitement l'innocence avec laquelle les enfants peuvent faire parfois preuve d'une grande cruauté, non pas dans le but sadique de faire consciemment du mal, mais plus dans l'optique de tester leur limite et celles des autres. Les professeurs vont s'efforcer du mieux qu'ils peuvent de favoriser l'intégration de Shôko parmi ses camarades mais cela va accélérer le cercle infernal de la discrimination car cela confronte d'autant plus les élèves aux différences avec Shôko.
Nos deux héros Shoya et Shôko sont terriblement attachants, l'un dans sa méchanceté immature, l'autre dans sa conciliation permanente. On ne parvient pas à détester Shoya pour les choses affreuses qu'il fait subir à Shôko et cette dernière nous attendrira toujours plus avec la douceur de son sourire gêné.
La qualité du dessin participe grandement au déploiement de tout ce drame humain tant par le trait, à la fois pesant dans son épaisseur et léger dans son character design. Le dessin est humble et travaillé à la fois. L'auteure dessine aussi bien les personnages enfants qu'adultes et tous bénéficieront d'un character design propre et reconnaissable. Mais ce qui me restera le plus en mémoire est l'expressivité poignante des personnages.

A Silent Voice m'a fait ressentir quelque chose que je n'avais pas éprouvé depuis des années en lisant des manga. Ce sanctuaire d'authenticité à la fois captivant et percutant m'aura fait monter les larmes aux yeux, je me languis de lire la suite ! Dans la continuité, il ne serait d'ailleurs pas inintéressant de poursuivre sur My first Love, côté Shôjo. 

Hanoko, un tome lu, le 24/01/2015

Hanoko

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