Kamen Rider

Kamen Rider

Titre original: 
Kamen Rider (仮面ライダー)
Auteur(s): 
Genre: 
Science-fiction, action, drame
Éditeur original: 
Kodansha (prépublié dans Shuukan Shounen Magazine)
Éditeur français: 
Isan manga
Date de sortie originale: 
1971
Date de sortie en France: 
2013 (27 juin)
Nombre de tomes: 
4 (terminé)
Nombre de tomes sortis en France: 
2 (terminé)
Nombre d'éditions en France: 
1 grand format (deux volumes en 1)
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
416
Prix: 
29,90€

Avis

Kamen Rider est une saga culte pour tous les fans de tokusatsu qui n'a pourtant pas beaucoup de visibilité en France. Godzilla, X-Or, Bioman, San Ku Kai, ce sont des titres assez mythiques pour les vieux de la vieille en France, mais Kamen Rider n'est apparemment pas sorti chez nous (ou très peu). Pour quelle raison, je ne saurais le dire. Je ne suis pas une fan de sentai, mais j'ai une bonne tolérance au kitsch (j'adore ça ^^). De plus, étant toujours curieuse de découvrir la genèse d'oeuvres si emblématiques, je me suis lancée dans la lecture de ce manga. 

L'entrée en matière tient toutes ses promesses: une organisation maléfique qui veut dominer le monde, un héros unique qui va se dresser contre eux, de nombreux ennemis qui vont venir à tour de rôle l'arrêter, quelques alliés dans sa tâche. L'incipit est très expéditif pour se concentrer sur le vif du sujet. Le scenario nous paraît a fortiori très rétro, mais il s'inscrit parfaitement dans la tradition du shonen Nekketsu avec ce héros qui va obtenir une grande force et la gradation de pouvoir dans les ennemis qu'il affronte. Nous ne sommes donc pas si loin des shonen qui sont les plus populaires aujourd'hui. Les ennemis de Kamen Rider sont tous des êtres humains modifiés qui ont un aspect animal qui donne un côté monstrueux et méprisable à ces méchants. Et les personnages principaux font un peu niais.
Ce manga nous paraît dépassé et pourtant, il se révèle de moins en moins caricatural au fur et à mesure des pages. Alors qu'en général, en regardant un sentai, on a souvent envie de rire, ce manga ne laisse pas vraiment cette impression. Le héros est quasiment seul au monde, il ne parvient pas toujours à sauver tout le monde dans son entourage et n'obtient pas de reconnaissance pour ce qu'il fait. Une vision qui tranche avec la vision états-unienne classique du super héros qui sauve des foules. Contrairement à d'autres séries Sentai, le héros ne se bat avec des gadgets à gogo. Il utilise seulement sa moto, améliorée certes, et sa force physique. On n'a pas non plus de monstres de la taille d'un immeuble. Ce manga ne joue donc pas dans le tape-à-l'oeil et fait preuve d'une certaine retenue.
Shotaro Ishinomori s'attache à glisser quelques scènes qui permettent une empathie avec les méchants, eux qui demeurent grossiers et ridicules de prime abord. Un petit moment dans leur QG après une défaite contre le héros, une pensée du héros à l'idée que ses ennemis aient subi aussi un lavage de cerveau, les bribes de relations tissées entre les méchants rencontrés... Tout ça vient un peu nuancer notre lecture. On voit aussi quelques machinations de l'organisation Shocker, qui impactent directement le quotidien de la population. Est-ce là la représentation de l'envahisseur étranger sur le sol japonais après la deuxième guerre mondiale ou carrément celle de la corruption du gouvernement?
Le dessin est assez chouette. Bien sûr il est daté dans le temps. Mais il n'en demeure pas moins soigné. L'ambiance est plutôt sombre et légèrement pesante, ce qui contraste beaucoup avec l'expressivité de tous les personnages. Les combats ont quelque chose d'un peu oniriques. Le rendu de la vitesse est effectué par des traits courbes blancs sur fond noir. Les décors sont souvent absents dans ces moments. Bref c'est comme si une dimension parallèle s'installait quelques instants, durant plusieurs pages avec presque aucun dialogue. Certains codes graphiques rappellent encore pas mal le comics mais on voit que le manga tend à s'émanciper. 

Kamen Rider ne m'a pas passionnée, mais ce fut une lecture intéressante qui revient aux sources. À lire. 

Hanoko, un tome lu le 18/05/2017 (donc deux tomes lus par rapport à la version jap)

De très nombreux spin-off de ce manga sont sortis depuis.

 

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