Togainu no Chi

Togainu no Chi

Titre original: 
Togainu no Chi ( 咎狗の血)
Auteur(s): 
Genre: 
Action, science-fiction, psychologique, suspense, shonen-ai
Éditeur original: 
Enterbrain (prépublié dans Comic B's-Log)
Éditeur français: 
Ankama
Date de sortie originale: 
2006
Date de sortie en France: 
2011 (le 23 juin)
Nombre de tomes: 
10 (terminé)
Nombre de tomes sortis en France: 
5 (arrêté)
Nombre d'éditions en France: 
1
Couverture: 
Souple + jaquette glacée brillante
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
198
Prix: 
6,95€
Rythme de parution: 
arrêté

Avis

Un Japon avec une situation économique et politique chaotique, une ville où le seul mot d'ordre est la loi du plus fort, bienvenue dans l'univers obscur de Togainu no Chi. Les règles sont simples, tué ou être tué, en présence de témoins. Massacres impitoyables, complots et infiltrations et chasse à l'homme seront de la partie. 

 

Voici donc un programme bien chargé pour Akira qui s'attaque au colosse qu'est l'Igura. Togainu no Chi s'annonce une pure tuerie dans les deux sens du terme. Rien que feuilleter le premier volume suffit à plonger dans l'ambiance sombre et se laisser emporter.
Ce manga confirme le talent de Suguro Chayamachi à créer des mondes sombres et captivants. Son trait, au premier abord quelque peu incertain, ne voile en rien le talent de l'auteur. Il reflète parfaitement la ville de Toshima, sorte de no man's land où on ne peut se fier à rien. Il me rappelle agréablement le style à la croisée de Goyô et d'Alter. Le découpage est audacieux rendant les combats vraiment puissants, malgré certaines pages où l'action n'est pas évidente à suivre. Le superbe character design se montre à la fois fidèle au jeu original et doté d'un charme nouveau grâce à la touche si particulière de l'auteure.
De nombreux personnages sont présentés, tous aussi charismatiques les uns que les autres, chacun avec son propre style. Seul Keisuke se détache de par sa simplicité, étant le seul personnage qui n'a pas l'air porté sur tout art du combat. Mais tous les personnages ont de l'épaisseur et une histoire, même certains qui semblaient de simples figurants dans leur première apparition pourraient avoir un rôle moins mineur par la suite. Par exemple, les trois participants à l'Igura qu'Akira affronte dans le tome 3 quand il allait chercher Keisuke sont des personnages que l'on a aperçus dans le bar dans le tome 1. Même si au final ils n'ont pas eu beaucoup d'importance, l'auteure nous met subtilement en garde de prêter attention à tout personnage croisant la route de notre héros...
Alors évidemment, ce manga a de quoi séduire énormément la gente féminine grâce à la touche Boys'Love rendant les personnages tous les plus envoûtants les uns que les autres mais la grande force du manga est de ne pas reposer seulement sur du charme facile et de proposer aussi un scenario vraiment bien ficelé. L'histoire et le background de Togainu no Chi demeurent assez complexes à suivre au début. L'explication de la situation déplorable dans laquelle se trouve le Japon puis l'enchaînement de scènes se déroulant avec différents personnages dans le premier volume peuvent laisser un sentiment d'histoire décousue. Mais progressivement, les repères se mettent en place et après relecture des trois premiers volumes, on se rend compte que tout est cohérent, rien n'est laissé au hasard et aucune scène n'est inutile. Le tout fait que l'on s'imprègne totalement plus de ce jeu infernal qu'est l'Igura.
Infernal est le mot, car seule la mort des uns peut permettre aux autres de survivre. En effet, les terribles exécuteurs veillent au grain, chargés principalement d'achever les perdants dépouillés de leur plaque militaire (gage de participation à l'Igura) qui auraient survécu à leur combats. De plus, aucun désistement n'est possible une fois que l'on s'est engagé dans l'Igura, à moins d'être prêt à mourir pour cela. Ensuite, pour subvenir à leurs besoins, la seule monnaie passe par les plaques militaires que chacun des participants possède et le seul moyen d'en récupérer est de prendre celles des autres. Inutile de poursuivre pour comprendre combien la lutte pour la survie sera acharnée...
Toutefois, à l'instar d'un Dorohedoro, si l'ambiance du manga est ténébreuse, chaotique et un peu malsaine, Togainu no Chi comporte aussi ses moments d'humour, grâce à Rin notamment. Mention spéciale également aux deux exécuteurs, Kiriwar et Gunji qui sont vraiment à se bidonner. Surtout Gunji qui parvient à être terriblement classe mais tout aussi gros demeuré. Il est trop drôle mais pas ridicule, loin de là! Et les répliques de Kiriwar ne manquent pas de piquant.
Je n'ai pas joué au jeu mais à en juger des différentes capture d'écran du jeu, on peut constater que de nombreuses scènes emblématiques sont reprises dans le manga, rappelant agréablement le jeu et s'inscrivant parfaitement dans la continuité du récit. Cependant, les fans du jeu original pourront regretter que l'aspect Boys'Love ait été beaucoup amenuisé. Toutefois, on ne saurait réellement le reprocher parce que l'on sent une volonté de Suguro Chayamachi de mettre en valeur la richesse du scenario et de l'univers mis en place, ce qui rend la série ouverte à un plus large public que la sphère des fans de Boys'Love. De ce fait, Togainu no chi s'apparente bien plus à du Seinen bien que sa prépublication dans le magazine Comic B's-Log le classe en Shôjo. 

Ce manga Togainu no Chi est vraiment passionnant, je frémis d'impatience de lire la suite. Le « Line » est addictif pour les participants à l'Igura, tout comme Togainu no Chi pourrait bien l'être pour nous lecteurs... 

 

Hanoko le 25/06/2011, s'il y a un tome qui sort en France, elle l'a lu X)

 

Retrouvez la fiche de l'anime Togainu no Chi sorti quatre ans après le manga, adapté aussi du jeu vidéo éponyme. 

Si vous avez aimé ce manga, je vous conseille de lire Over Bleed

 

Hanoko

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