Patariro, le voyage en occident

Patariro, le voyage en occident

Titre original: 
Patalliro Saiyuki (パタリロ西遊記!)
Auteur(s): 
Genre: 
parodie - fantastique - yaoi
Éditeur original: 
Hakusensha (prépublié dans Melody)
Éditeur français: 
J'ai lu
Date de sortie originale: 
2000-2004
Date de sortie en France: 
Octobre 2005
Nombre de tomes: 
8 terminé (+ un gaiden)
Nombre de tomes sortis en France: 
6 (abandonné...)
Nombre d'éditions en France: 
1
Couverture: 
souple
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
190
Prix: 
5,80€
Rythme de parution: 
Bimestriel, jusqu'à ce que ce soit abandonné

Avis

"Patariro, le voyage en occident, est une série dérivée de Patalliro, manga culte au japon, un des pères de la branche yaoi du manga. Sur ces seules bases on peut se demander s'il était judicieux de la part de J'ai lu de sortir cette parodie, alors qu'on ne connaissait pas l'oeuvre originale.
Cependant, et comme le sous-titre l'indique, cette série a (enfin avait), un atout dans sa manche, à savoir être une adaptation du voyage en occident, qui chacun sait, narre les aventures du roi des singes (déchu) et du moine Tripitaka (c'est son nom indien, son nom chinois je n'arrive pas à m'en souvenir, quant à son nom japonais, il a été épuisé par la série bien connu de Kazuya Minekura...).
La question qu'on est en droit de se poser, est, comme tout manga en fait : qu'est ce que ça vaut finalement, pour le lecteur lambda qui ne veut pas se prendre la tête sur des questions de généalogie ? 

Graphiquement, le charadesign renvoie à la série originale, mais ce n'est expliqué nul part, il faut le savoir. Je la connais peu, mais on reconnait Patariro dans le rôle de Son Gokou, Bancoran, en tant que 16ème Rakan (Banco rakan), au second plan, personnage adjuvant, sorte de membre de la police secrète céleste, une sorte d'agent "double 0" (bancoran était agent du MI6 dans la série originale), enfin Sanzo, est représenté par un des bel ange blond de Patalliro. Je ne saurai me prononcer pour les autres. Ca ne gênera pas les lecteurs qui ne sont pas dans la confidence, mais ça doit faire plaisir en tout cas aux fans de la série originale. 

Dans son ensemble, ce manga reste fidèle au roman dans les étapes de son déroulement, même si gokou devient une sorte de chef mafieux à son retour au mont  La comparaison entre les familles de monstre et les yakusas sont sans cesse présentes et sujets à d'innombrables jeux de mots. Il se passe énormément de choses en peu de pages, c'est très dense, d'autant que les dialogues prennent une large place. Le seul reproche que l'on pourrait faire c'est de sous-employer le cheval, c'est le même problème dans toutes les versions de saiyuki, mais c'est particulièrement visible ici, puisque souvent quand nos héros se baladent on ne le voit pas, et parfois il surgit dans un bout de case, pour mieux disparaître ensuite. 

Mais les bulles ne prennent pas toute la place sur les cases, il reste encore un peu de places pour les dessins  Si à quelques occasions on ne comprend pas bien ce qui est représenté, le reste du temps le dessin est très soigné, on a même parfois l'impression d'être dans une fresque ou un tatouage japonais, avec ses petites motifs sur les vêtements, les décors, ou les bords de page. L'ambiance 16ème (siècle) est assuré. Mineo Maya a de toute façon un style retro

Le dessin sonne vieux, mais les blagues, références ou jeux de mots font souvent référence à l'actualité (noms d'acteurs, de chanteurs, de catcheurs, d'homme politiques ou de chefs d'entreprises), ou bien encore à Superman, Jason, Zatoichi, ou Kitaro le repoussant. Tezuka utilise le même genre de procédés et ce n'est pas ce que je préfère chez lui... Le moins que l'on puisse dire c'est que l'on a de nombreuses occasions de rire, tant les situations ou répliques incongrues sont présentes. Les traducteurs ont fait un gros travail de notes de bas de pages, tout ou presque est expliqué, ce qui permet de comprendre, faute de toujours faire rire. Les jeux de mots ne font pas leur effet sur le lecteur français, mais le comique de situation est efficace ! Je ne sais pas si c'est dû aux notes ou autre, mais la lecture n'est pas toujours aisée, le style manque un peu de fluidité, et il y a même parfois des fautes d'orthographe. 

Enfin, l'édition, outre la tragédie qu'est son arrêt à deux tomes de la fin (comme les autres titres de J'ai lu, comme Eagle), il y a un problème de collage des pages, il est difficile de lire ce qui se trouve à la bordure intérieure du livre. On regrettera qu'il n'y ait pas de mots de l'auteur, mais je ne sais pas s'il y en a dans la version originale. 

Une dernière difficulté, qui a été en fait la difficulté première : Comment classer ce titre ? A priori en shojo, puisqu'il était censé être tourné boy's love. En fait cet élément est vraiment très épisodique. Dans le tome II p35, Sanzo dit à Hakkai : "Ca me gène de t'expliquer ça... puisque c'est si évident... Une fois que tu deviens moine, les femmes te sont interdites." Et les hommes ? Et c'est sur cette interdiction que va jouer l'auteur  Jusqu'où iront nos personnages ?
Les éléments centraux dans Patariro ce sont surtout des dialogues en forme de jeux de mots et des bastons, donc le titre plutôt shonen, mais ça ne plaira pas du tout au jeune public : en effet nos héros passent beaucoup de temps à parler pour déjouer les pièges adverses et élaborer des stratégies, ce qui n'empêche pas le titre d'être péchu. 

En un mot, la lecture n'est pas folichonne mais intéressante, drôle par moment, curieuse. 

Docteur Spider, trois tomes lus, 27/08/07

Voir Patalliro Saiyuki, le dessin animé

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