Pluto

Pluto

Titre original: 
Pluto
Auteur(s): 
Genre: 
Policier, science-fiction
Éditeur original: 
Shogakukan
Éditeur français: 
Kana
Date de sortie originale: 
2003
Date de sortie en France: 
2010
Nombre de tomes: 
8 (terminé)
Nombre de tomes sortis en France: 
8
Nombre d'éditions en France: 
1
Couverture: 
souple + jaquette
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
200
Prix: 
7,35€
Rythme de parution: 
Terminé (Bimestriel)

Avis

"C'est toujours un peu fébrile qu'on commence une nouvelle série de Naoki Urasawa. En effet, la lecture de ces oeuvres est toujours très skotchante (Monster, 20th Century Boys). Cas particulier tout de même : Pluto est présenté comme une adaptation d'un manga d'un autre maître : Astro Boy d'Osamu Tezuka. On l'a longtemps attendu, le jeu en vaut-il la chandelle ?  

L'histoire commence comme dans une nouvelle d'Isaac Asimov : nous nous trouvons dans un monde futuriste, dans lequel les robots ont une grande place. Certains sont si perfectionnés qu'ils ont une apparence humaine. Est-ce que tout ce beau monde réussi à cohabiter ? Oui, l'article 13 de la législation stipule que "les robots ne peuvent blesser ni tuer les humains". Et pourtant, les 7 robots les plus puissants du monde sont détruits les uns après les autre par une "tempête", et dans le même temps des militants pour les droits des robots se font également assassiner. On va mettre un robot d'Europol sur l'enquête.  

Pluto est donc une enquête policière, sur l'identité et les mobiles de l'assassin. Mais est-il un homme ou un humain ? D'ailleurs quelle est la différence entre les deux ? Les robots ont-ils une conscience, rêvent-ils de moutons électriques ?  C'est dans ces écarts que va s'engouffrer Urasawa pour doubler l'enquête d'une introspection identitaire.  

Quand, à la fin du tome 1, apparaît le personnage d'Astro (oui, le petit robot), on comprend mieux de quelle adaptation de Tezuka il s'agit. Mis à part le générique, je n'ai pas de souvenirs particulièrement liés à cette série. À en lire les postface, le manga est truffé de personnages de la série originale. Ne les connaissant pas, ça ne m'a pas ému plus que ça. Par contre j'ai bien aimé le clin d'oeil à Black Jack dans le tome 1 ("le médecin marron"). En bref on peut carrément apprécier Pluto sans rien connaître à Astro. Cependant, l'édition japonaise deluxe a eu la bonne idée de mettre en bonus (de chaque tome), les chapitres originaux. On chuchote qu'une telle version deluxe sortirait en France dans la foulée de la version normale... 

Pluto a été réalisé en même temps que 20th Century Boys. On retrouve de nombreuses personnes aux crédits, pour aider le maître à tenir ses deux séries en même temps, suppose-t-on. Pour ma part je n'ai pas à me plaindre de la qualité graphique de la série. Le charadesign est le même que sur les séries précédentes, en un sens, Urasawa tel un cinéaste, utilise les mêmes acteurs d'une oeuvre à l'autre.  

Au niveau de la narration c'est un peu la même chose. Le fil rouge, c'est notre inspecteur, mais le récit est également l'occasion de nous attacher à d'autres personnages, d'autres trajets de vie. Comme dans ses oeuvres précédentes, la vie de nombre de ces personnages repose sur un tournant, un trauma. Ici une guerre en "Perse". A la fin du tome 6, on a l'impression que l'histoire est finie. Les deux suivants permettent à Urasawa d'achever sa réflexion sur la nature des sentiments humains, et de complexifier la solution de l'énigme livrée un peu plus tôt.  

Ce passé récent (trois ans avant le début de l'histoire) est intéressant car il s'agit d'une guerre contre un pays arabe qu'on a attaqué sous le prétexte qu'il disposerait d'armes de destruction massive (en l'occurrence des super robots), que ce serait une dictature qui opprime une partie de sa population (les robots). En fait, ces motifs étaient fallacieux. Qu'est ce que ça cachait derrière ? Ce contexte historique n'est bien sûr pas sans rappeler le déclenchement de la guerre en Irak, en 2003, intervenue peu avant la lancement de la série.  

Au menu donc de ce Pluto : des complots, des héros planétaires, du mystère, un bon dessin. Urasawa fait du Urasawa. On est en terrain connu et c'est bien." 

Docteur Spider, 3 tomes lus, 07/04/10
Série complère lu en décembre 2011

Un autre Tezuka adapté par un contemporain : Dämons
Une enquête policière futuriste : Underskin

 

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