Petite Forêt

Petite Forêt

Titre original: 
Komori
Auteur(s): 
Genre: 
Tranche de vie
Éditeur original: 
Kodansha (Prépublié dans Afternoon)
Éditeur français: 
Casterman - Collection Sakka Auteur
Date de sortie originale: 
2004
Date de sortie en France: 
Février 2008
Nombre de tomes: 
2 (terminé)
Nombre de tomes sortis en France: 
2
Nombre d'éditions en France: 
1
Couverture: 
rigide
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
170
Prix: 
10,95€
Rythme de parution: 
terminé (trimestriel)

Avis

"Avant d'explorer les mystères de la civilisation avec Sorcières, Daisuke Igarashi revient avec Petite Forêt, un titre plus ancien. Je m'attendai à une nouvelle fable écolo. Mais ce n'est pas tout à fait ça. 

Au centre du récit, de multiples recettes maisons, alimentées par le potager, dont chaque étape est illustrée : la plantation, l'entretien, la récolte, la préparation, le repas. Une thématique qui revient souvent est "deguster le fruit d'un an d'effort" : lorsqu'on a fini de préparer le riz de l'année, on peut manger celui de l'année qui précède.  

Il est intéressant de voir non seulement des recettes traditionelles, mais de voir aussi s'inventer une recette sous nos yeux, par déduction et marriage de saveurs ou de produits qui iraient bien ensemble.  

L'histoire se déroule dans un coin reculé du Japon, l'école primaire est fermée, bref c'est la zone... mais les habitants de ce bourg sont autosuffisants : ils mangent ce qu'ils produisent, alors qu'en ville on mange ce qu'on achète. Est-ce un choc des cultures ville/campagne ? Le fait même de préparer les aliments nous extirpe de notre rapport immédiat à la nature, puisque nous ne transformons les produits. A un autre niveau, notre façon de consommer reflète notre culture, autrement dit, on est ce que l'on mange, ou comme le dit la mère de l'héroïne, "on est le reflet de sa cuisine" (en tant que lieu). 

En toile de fond, par bribes, Ichiko raconte ses désillusions, les fausses vérités de sa mère, qui l'a quitté, elle cherche à la comprendre. De même, sa bonne copine lui reproche de ne pas savoir faire durer une relation. Mais ces considérations sont au troisième plan. Est-ce que le goût immodéré d'Ichiko pour la cuisine est le reflet de ses problèmes relationnels ? En quelque sorte, puisque vivant seule, elle doit être à la fois au four et au moulin, elle doit donc préparer à manger en permanence, alors autant se préparer de bonnes choses, qu'elle a apprise de sa mère. Mais si elle avait un compagnon, ne lui ferait-elle pas tout autant des bons petits plats ? A mon avis, elle ne pourra sortir de ce cercle gastronomique. 

Quant au dessin, il est détaillé par de nombreux traits. Cependant il n'y a pas de contraste, tout est gris, ce qui est quelque peu fade. Cela n'empêche toutefois pas l'auteur de donner des têtes très chaleureuses à ses personanges qui ont de grands yeux (même les animaux) et des tâches de rousseur sur les pomettes. 

Certes Petite forêt montre aux occidentaux que la nourriture japonaise ne se limite pas aux sushis, mais j'ai éprouvé la plus grande difficulté à lire ce manga qui n'est guère plus vivant qu'un livre de cuisine." 

Docteur Spider, un tome lu, 08/03/08

Voir aussi Fils de la terre (Les)

 

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