Manga of the Dead

Manga of the Dead

Titre original: 
Manga of the Dead
Genre: 
Horreur, fantastique, drame, humour, tranche de vie, action, ecchi
Éditeur original: 
Takeshobo
Éditeur français: 
Tonkam
Date de sortie originale: 
2012
Date de sortie en France: 
2013
Nombre de tomes: 
1 (one-shot)
Nombre de tomes sortis en France: 
1
Nombre d'éditions en France: 
1 grand format
Couverture: 
souple, cartonnée
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
240
Prix: 
15,50€

Avis

« Voici donc, encore, un manga qui surfe sur la vague du zombie. Là, pas moins de douze mangaka ont mis la main à la pâte pour offrir leur vision du fléau mort-vivant. Dans le lot, de grands noms dont on retrouve la patte dans les historiettes qu'ils proposent. En guest star, l'excellent Sho-U Tajima (MPD Psycho) qui nous offre une couverture digne de ce nom.
Voyons en détail mon avis sur chacune des histoires qui composent ce manga. Les styles sont en effet très hétéroclites et méritent qu'on s'y intéresse au cas par cas.
La première histoire nous parle d'une lycéenne dont la grand-mère est devenue un zombie. Ses parents la gardent à domicile, muselée comme un animal dangereux (à raison). Dans cette histoire, le thème du zombie est vu comme une excuse à la présentation d'un systéme familial complexe mais tellement banal. Le dessin est particulier, on dirait de l'encre ou du feutre mêlé à de l'aquarelle. L'ombrage est tranchant, le trait est gras et sans fantaisie. Le style est dark et choc. 20 pages de violence pure, ne venant pas forcément des zombies, justement.
La seconde histoire propose un style de dessin plus travaillé, dans la dynamique de Highschool of the Dead. C'est détaillé, beau et efficace. Pas mal d'images violentes et ecchi pour servir un scenario tout aussi trash, un brin malsain. Nous prenons connaissance d'un couple un peu particulier : un frère et sa soeur zombie qui semble pourtant se contrôler. Le frère est employé comme soldat et utilise sa soeur comme une arme de destruction massive. En somme, il s'agit d'une histoire fort sympathique, avec peut-être un peu trop de scènes ecchi non justifiées.
La troisième histoire est peut-être la plus malsaine du recueil. Nous suivons le quotidien très compliqué de deux enfants en bas âge livrés à eux-mêmes car leurs parents sont devenus des zombies. Les pauvres gosses vont vivre des évènements pas glop, mais faut-il se méfier de l'eau qui dort ? Le dessin est là aussi très sombre, un peu brouillon. Il me fait penser au trait d'Hideshi Hino, auteur de Serpent Rouge notamment, en plus joli tout de même. En un mot, cette histoire m'a retournée les tripes.
La quatrième histoire est chiante comme la pluie. Style épuré, sans chichi, que du noir tranchant du blanc. On a du mal à comprendre la démarche de l'auteur. On ne peut pas s'identifier à un personnage, on ne sait pas trop où on va. Pour ce que j'en ai compris, il faut tenter d'assimiler l'esprit d'un homme qui perd progressivement tous ses proches, je suppose emportés par le zombie-virus. Bref, un chapitre sans intérêt à mon sens.
La cinquième histoire parle d'un homme qui, ayant souhaité ressusciter sa défunte épouse, finit par s'en mordre les doigts, comme le découvre son élève. Quelque chose de classique tant dans la forme que dans le fond. Rien de particulier à en dire.
La sixième histoire est l'atout comique du recueil. Nous suivons les aventures d'un puceau sans le sou qui décide de devenir nettoyeur de cadavres. Sauf que ce métier le projette sur le terrain, entouré de zombies affamés et de collègues ultra-violents. L'histoire a surtout un intérêt dans son côté humoristique. Le pauvre héros est un crétin de base qui va en chier des ronds de chapeau. Un peu de sexe aussi dans ce chapitre, outil comique là encore. Le dessin est très brouillon, donnant au style un côté vif voire complètement précipité, qui colle bien à l'état d'esprit dans lequel semble être notre héros. J'apprécie même si, au fond, c'est assez laid.
L'avant-dernière histoire parle du quotidien d'un boxeur qui s'entraîne avec ses potes. Sauf que l'un d'entre eux devient un zombie. Passablement chiant et sans intérêt, me faisant penser à Tokyo Zombie. Un dessin simple, moche, pas mon truc.
La dernière histoire est ma préférée tant sur le fond que sur la forme. Dans un futur post-apocalyptique où le terrorisme bactériologique a décimé l'ensemble de l'humanité, nous faisons la connaissance d'un homme souhaitant tuer le créateur de la fameuse bactérie. Sauf que celui-ci a une fille et qu'elle est décidée à ne pas se laisser faire. Sombre, sans détour, le style brouillon provoque et engloutit le lecteur dans un monde cauchemardesque. Violent, tantôt très clair, tantôt confus, le trait est juste un délice, et me fait penser à Winged Armor Suzumega. Un chapitre qui clôt en apothéose un manga déjà fort réjouissant.
Les diverses illustrations présentées dans le manga sont de bonne facture, avec parfois un humour très noir et souvent une grosse couche de malsain. Un plaisir.
Pour finir sur une touche de culture, le petit texte concernant le cinéma zombie est intéressant. Miwa Ito est la directrice d'une librairie spécialisée dans l'univers zombie. Je veux voir cette merveille (la boutique, pas la fille) ! 

En bref, un recueil agréable tant pour la mixité de ses dessins que pour la multitude des visions que nous proposent ces mangaka dans le vent. Adeptes de zombies, jetez-vous dessus ! Moins de 12 ans, au revoir  » 

DDG, le 21/09/2013, one-shot dévoré.

 

Inscrivez-vous ou connectez-vous à votre compte pour laisser un commentaire.

 

Vous êtes ici