Journal d'une disparition

Journal d'une disparition

Titre original: 
Desappearance diary
Auteur(s): 
Genre: 
Le pain quotidien
Éditeur original: 
East Press
Éditeur français: 
Made In (Kana)
Date de sortie originale: 
2006
Date de sortie en France: 
Janvier 2007
Nombre de tomes: 
one-shot
Nombre de tomes sortis en France: 
one-shot
Nombre d'éditions en France: 
1
Couverture: 
souple
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
200
Prix: 
10€

Avis

"Au vu du résumé, on peut se demander si l'histoire qui va suivre va être véridique ou pas. De plus les autobiographies de mangaka en manga semblent assez rare, on ne sait pas trop à quoi s'attendre. 

Les premiers mots de l'oeuvre sont Ce manga aborde la vie de façon positive et n'est pas réaliste. Les dessins réalistes me feraient souffrir et m'attristeraient

Le graphisme est séduisant. On aime le style rondouillard qui est en adéquation avec le message de l'auteur : il ne veut plus travailler.
Comme vous pouvez le voir en couverture, la particularité du mangaka dessiné est son oeil plus gros que l'autre.
Aucun reproche à faire au niveau graphique, c'est très maîtrisé. A certains moments, il y a des bonnes petites idées. Par exemple lorsqu'il est saoûl, il voit le plafond tourner, le rendu est bon.
On peut également remarquer qu'au fur et à mesure de l'histoire, le mangaka se dégarni...
Si j'essayais de comparer je dirai que ça ressemble peut-être au style de Leiji Matsumoto, lorsque celui-ci ne fait pas de séries de SF : des personnages hirsutes, barbus et bidonnants, un peu looseur... 

Scénaristiquement, le sujet de la première partie est : comment être un Survivant en zone urbaine, autrement dit le personnage principal choisi de devenir clochard et profite des petits plaisirs de la vie. Il met tout en ordre pour satisfaire ses besoins primaires : fumer et boire (il y a d'ailleurs ultérieurement une partie consacrée à son alcoolisme). On apprend plus tard qu'il a une femme, ce qui est vraiment surprenant (N'a-t-il pas les mêmes besoins primaires que nous ? Ne lui manque-t-elle pas ?)
Étant donné que ce manga est sensé être autobiographique, on ne sait pas trop si on doit rire ou compatir. On ne sait pas trop sur quel pied danser, comment interpréter son comportement. En tout cas certains passages m'ont fait bien rire, parce qu'il n'est pas très réactif à ce qu'il se passe autour de lui. Et comme il ne le prend pas mal, je pense qu'on peut prendre ça à la rigolade. 

Est ce que ce manga n'est qu'une histoire de mangaka devenu clochard ? Non. Une fois qu'il a réussi à montrer qu'il réussit à survivre, il passe à autre chose, à d'autre aspects de sa vie. Dans la seconde partie, il travaille dans une entreprise de BTP, puis il revient sur sa carrière de mangaka. Enfin, il suit une cure de désintoxication.  

Concernant son expérience de mangaka, il retrace ses dix premières années de carrière. Il est intéressant de voir l'image, certes bien connues, des auteurs surbookés. A noter qu'il rencontre à différentes reprises Tezuka. 

A la fin du volume, il y a une interview avec l'auteur d'Intermezzo. Puis il y en a une autre dans le rabat de la couverture détachable, c'est très fort ! On revient un peu sur le manga. Globalement on apprend pas grand chose de plus, mise à part que tout cela est vrai. 

Une dernière remarque : Ca prend du temps à lire, parce qu'il y a beaucoup de cases (10 en moyenne, contre 5 pour un shonen/shojo). Tant mieux, ça prolonge le plaisir de lecture, on en a pour son argent.  

Finalement, en quoi les premiers mots de l'auteur sont pertinents pour décrire cette oeuvre ? Certes le graphisme n'est pas photo-réaliste, mais il est bien plus réaliste que celui de nombreux autres auteurs de mangas. Ce titre est réaliste dans son déroulement (on ne peut pas faire plus réaliste que le quotidien d'un individu), on peut croire à l'histoire (même si les choses sont un peu "faciles"). Quant à l'optimisme, je ne suis pas sûr que sa posture qui se laisse porter par le courant soit très optimiste. L'auteur nous apprend en interview qu'il n'a pas mis les moments les plus pitoyables de ces différentes disparitions. Là aussi ça gomme l'aspect pessimiste de son oeuvre. Bref ses propos se défendent. 

C'est bien (joli graphisme et humour), mais sans plus.  

Docteur Spider, 11/02/07

Homme-boîte (L'), un clochard, complètement fou

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