Je ne suis pas un homme

Je ne suis pas un homme

Titre original: 
Ningen Shikkaku
Auteur(s): 
Genre: 
Drame, psychologique
Éditeur original: 
Shinchosa
Éditeur français: 
Casterman
Date de sortie originale: 
2009
Date de sortie en France: 
Mai - Août 2011
Nombre de tomes: 
3 (terminé)
Nombre de tomes sortis en France: 
2 (terminé: 3 volumes compilés en deux)
Nombre d'éditions en France: 
1
Couverture: 
cartonnée
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
256 et 304
Prix: 
18€
Rythme de parution: 
terminé

Avis

"J'adore le travail de Usamaru Furuya (Cercle du suicide (Le), Age de déraison (L')), va-t-il persister et signer ?  

Je ne suis pas un homme est l'adaptation du roman éponyme d'Osamu Dazai, célèbre romancier japonais du XXième siècle. Dans cette BD, pensée pour être facilement adaptée dans le sens de lecture occidental, Usamaru Furuya se met lui-même en scène : à la recherche d'une idée pour un prochain manga, il tombe sur un site internet intriguant qui raconte l'histoire de Yôzo Ôba, jeune homme riche, charmeur et drôle, coqueluche de son lycée, mais qui derrière son sourire est en fait "froid comme une pierre", car il ne comprend pas les hommes. Le seul moment où il peut être lui-même est dans un cours privé de dessin et dans les bordels, qu'il fréquente avec un ami. Le début de La déchéance d'un homme (traduction française du roman). Ce jeune homme se laisse porter par les flots de la vie : d'héritier qui a la belle vie, à l'activiste terroriste, puis prisonnier... et ce n'est qu'un début.  

S'il réussit jusqu'à un certain point à repousser la décadence et s'il porte toujours un masque, ce n'est pas pour autant un manipulateur (sauf à certains moments où son sourire est une façon de ne plus être à la rue), mais parce que c'est un vrai handicapé social. Ne comprenant pas les humains, il sait cependant comment être bien vu d'eux. Et il sent qu'il y a des forces qui le dépassent et le contrôlent. Il cite à la fois son père, mais également le pouvoir de l'argent, qui avec sa face d'ange, lui facilite bien la vie. Furuya transpose le récit de Dazai de nos jours, après la crise de 2007, qui a frappé durement les plus démunis : intérimaires, précaires... L'argent contribue au bonheur.  

Pour marquer les deux faces du personnage, Furuya utilise deux styles de dessin : un très froid et très propre pour le récit normal et un crayonné pour les passages oppressants pour le héros. L'édition grand format de Casterman permet de se régaler les mirettes. 

Yôzo Ôba était un double d'Osamu Dazai. S'agit-il également d'un double de Usamaru Furuya ? Je n'espère pas, c'est un mangaka plein de talent et j'espère pouvoir encore lire bien d'autres BD de cette qualité. Pendant mes deux heures de lecture, j'ai complètement oublié où et qui j'étais, tant j'étais fasciné par le récit de la vie de Yôzo Ôba." 

Docteur Spider, 26/08/11

J'avais déjà lu/vu quelques adaptation du roman original Ningen Shikkaku auparavant. Je m'attendais à de la redite mais Furuya a prouvé encore une fois sa suprématie avec sa réinterprétation. Il transpose le récit dans le monde contemporain et lui donne une telle force que le manga en devient hypnotisant.
Le scenario est tellement angoissant qu'on pourrait refermer les deux volumes et les cataloguer comme manga de dépressif bon qu'à vous saper le moral. Cependant, Yôzô Oba se montre tellement fascinant, stupéfiant comme personnalité qu'on reste captif du manga.
Le héros n'est pas un banal personnage au coeur de pierre qui passe à travers tous les événements de sa vie en faisant fi de ses sentiments. Il n'est pas non plus l'un de ces classiques jemenfoutistes qui passent leur temps à dénigrer la société. Non. Yôzô Oba est un surdoué sociable pour dissimuler son autisme. Yôzô Oba renferme en lui les plus grandes craintes du monde. Yôzô Oba est hors de la réalité tout en y étant cruellement rattaché. Yôzô Oba est un éternel incompris mais inconscient de la manière dont il peut se faire comprendre. Sa sournoiserie semble sa seule véritable échappatoire mais ce qui le tue est son secret. en proie à mille émotions, cet être plein de contradiction est autant victime que coupable de son malheur. Dans ce manga, l'expression « l'enfer, c'est les autres » prend tout son sens.
Usamaru Furuya ne se contente pas de simplement détruire narrativement la vie de son protagoniste à l'instar de celui d'Osamu Danzai, il propose également une critique de la société actuelle et de certaines moeurs. Cela est notamment rendu possible par l'interaction avec de nombreux autres personnages, certes moins développés que le héros mais pourtant loin d'être inintéressants.
Suite à la lecture de cette tragédie, demeurait en moi non pas un sentiment de déprime, mais de grand vide jusqu'au plus profond du coeur, à l'instar du héros. L'on reste interdit par une histoire aussi incroyable mais pas improbable. 

Je ne suis pas un homme parvient sans peine à se hisser parmi les chef d'oeuvre d'Usamaru Furuya. Coeurs fragiles s'abstenir car l'effet cathartique n'est même pas garanti... 

Hanoko, deux tomes lus en 2011 puis relus en 2012

Le roman a été également adapté dans un segment de l'anime : Youth Literature

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