Innocent

Innocent

Titre original: 
Innocent (イノサン)
Auteur(s): 
Genre: 
Historique, drame, psychologique
Éditeur original: 
Shueisha (prépublié dans Grand Jump puis la deuxième saison dans Shuukan Young Jump)
Éditeur français: 
Delcourt (collection seinen)
Date de sortie originale: 
2013
Date de sortie en France: 
2015 (le 18 mars)
Nombre de tomes: 
9 (saison 1) + 5 (saison 2 en cours)
Nombre de tomes sortis en France: 
9 (saison 1) + 5 (saison 2 en cours)
Nombre d'éditions en France: 
1 simple
Couverture: 
Souple + jaquette
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
226
Prix: 
7,99€
Rythme de parution: 
trimestriel

Avis

En tenant un volume de ce manga, ma première réaction fut "WOUAAAAH Oo". En lisant qu'il s'agit d'un manga de Shin'Ichi Sakamoto, ma deuxième réaction fut "KYAAAAH X3". Cet auteur qui m'a donné tant d'éclats de rires sur Nés pour cogner s'attaque ensuite au manga historique, aussi tragique que cruel, aux dessins métamorphosés. C'était donc avec grande impatience et enthousiasme que je me lançais dans la lecture d'Innocent

Voici un manga dont on se délecterait rien que pour l'incommensurable beauté des dessins. Chaque planche, si ce n'est chaque case, s'impose comme une oeuvre d'art à encadrer. Les stupéfiants détails parsemant les figures humaines, architecturales, animales, les jeux de lumière et d'ombre envoûtants, le dessin des personnages plus léché que jamais, tout est réalisé avec une telle maestria qu'il en deviendrait inutile d'énumérer les éléments particuliers à mettre en lumière tant ils demeurent tous magnifiques. Sa richesse dans la restitution de l'époque et du milieu est digne d'un Cesare - Il Creatore che ha distrutto. Certains des personnages semblent tout droit sortis d'un groupe de Visual Kei mais que ne saurais-je le pointer du doigt en mal tant ce choix stylistique et fantasque sublime le charisme de chacun d'eux. Leur expressivité, parfois aussi saisissante et viscérale, aura de quoi nous rappeler le genre du manga d'horreur; et à l'inverse les personnages arboreront d'autres regards plein de douceur ou d'une grande profondeur.
Une pareille alliance de grâce, de sensualité et de brutalité ne m'avait pas ainsi exaltée depuis Basilisk et Belladone de la Tristesse (La). À l'instar de ce film d'animation, Innocent se pare de multitudes de représentations de l'esprit et d'images métaphoriques qui illustrent parfaitement certaines pensées et sentiments des personnages et dont quelques-unes sont très psychédéliques. Dans le dessein d'une immersion la plus entière dans ce monde pictural, le dessin d'Innocent se dépouille du plus grand nombre de procédés narratifs propres au medium de la bande-dessinée et du manga, tels que les trames ou lignes de fond et les onomatopées, complètement absentes (élément que j'ai presque toujours considéré comme superflu). Une telle splendeur tournerait presque à l'insolence tant on s'extasie continuellement. 

Une insolence tout à l'image de la voie des protagonistes qui ébranlent les moeurs et toutes les coutumes. Innocent instaure sa majesté tout autant à travers son histoire. Nombreuses sont les oeuvres dépeignant le sentiment de condamnés à mort et l'horreur de leur sort. Bien plus rares sont celles se dédient à leurs bourreaux, montrés toujours comme l'incarnation du froid ou cruel donneur de mort masqué et anonyme. On avait pu voir dans les Tudors notamment (série qui m'a mortellement ennuyée mais qui comportait quelques moments intéressants comme celui-ci) certains bourreaux si attristés de devoir ôter la vie à de grands hommes qu'ils leur demandèrent leur bénédiction avant de les occire. Innocent nous plonge dans une famille d'exécuteurs nobles qui doivent défendre leur place et leurs intérêts tout en suivant un code éthique et moral, propre à la fonction ou bien à leurs convictions intimes. Drames, violences, corruptions agrémentent ce récit saisissant aux personnages captivants dès leur première apparition. C'est avec une envie insatiable que l'on désire suivre leur sombre destinée.
Je me suis détachée de la fidélité historique à l'abord de ma lecture par, je l'admets, un manque de connaissance de ma part sur la famille des Sanson, mais tout autant pour savourer l'oeuvre pour elle-même et non seulement au titre de retranscription de l'histoire. 

Innocent ensorcelle au premier regard. Je demeure sur ma vive émotion dans l'espérance que la richesse de ce manga se poursuive. Quoi qu'il en soit, si ce diamant brut n'élève pas Shinichi Sakamoto parmi les grands noms du manga ne serait-ce que pour ses dessins, je risque de perdre foi en l'humanité. 

Hanoko, tome cinq lu, le 06/01/2016

 

Hanoko

Wallpapers

wallpaper/fond d'écran Innocent (Seinen)

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