Carnets de Massacre - 13 contes cruels du Grand Edô

Carnets de Massacre - 13 contes cruels du Grand Edô

Titre original: 
Korokoro Soushi
Auteur(s): 
Genre: 
Eroguro, humour noir, violence
Éditeur original: 
Heiwan shuppan (premier tome) puis Ohta Publishing (second tome)
Éditeur français: 
Imho
Date de sortie originale: 
2004
Date de sortie en France: 
2010
Nombre de tomes: 
2 (terminé)
Nombre de tomes sortis en France: 
2
Nombre d'éditions en France: 
1 grand format
Couverture: 
souple, cartonnée, glacée
Sens de lecture: 
Original
Nombre de pages: 
160
Prix: 
18€
Rythme de parution: 
terminé

Résumé des tomes

Avis

"Amis de l'Eroguro (érotisme trash), de la violence et de l'humour grinçant, bonjour !
Kago nous aura déjà fait frémir de dégoût avec plusieurs de ses oeuvres Fraction, Anamorphosis). Voici probablement son premier seinen publié en France. Et il faut dire qu'il y est allé fort !
Ce manga est interdit aux moins de 18 ans, et on comprend pourquoi assez rapidement. Hyper violence, ecchi non censuré à la limite du hentai, les thèmes abordés sont tout sauf à mettre entre les mains des enfants et des personnes sensibles. Pour tout dire, je ne pense pas que ce manga plaise à beaucoup de monde tant il sort des sentiers battus et se fiche des tabous et qu'en-dira-t-on.
Les diverses histoires se déroulent toutes durant l'ère d'Edô. Samuraï, geisha ou simplement gens du peuple, les héros de chaque scenario finissent toujours pas se croiser, pour le meilleur ou pour le pire. L'imagination débridée du mangaka a donné lieu à des histoires véritablement abracadabrantesques mais surtout terriblement glauques. Un club de personnes exhibant leurs épouses aux tares physiques improbables, des couturiers usant de leurs étranges pouvoirs pour semer la chaos en ville, une prostituée aux talents insoupçonnés... Je vous conseille de vous référer au résumé que je ferai de cet oeuvre au combien atypique.
Le dessin est relativement réaliste, plutôt beau. On reconnaît bien la patte de Kago même si son talent pour les illusions d'optique et les angles étranges n'est pas encore dévoilé. Le souci du détail est toutefois déjà bien présent, et on le regretterait presque. Certaines scènes sont écoeurantes de réalisme et bon nombre de pages dérangent autant que les thèmes qu'elles abordent.
De nombreux clins d'oeil à d'autres oeuvres parsèment le manga. On notera notamment Star Wars, ce qui en fera bondir plus d'un... L'humour est bel et bien présent mais il est terriblement noir et grinçant. Une histoire se termine même avec l'explication fantaisiste de l'apparition du papier hygiénique...
Au final, il s'agit d'un manga qu'on aime ou qu'on déteste. Dans tous les cas, sa violence et son absurdité ne laissera personne indifférent. Je suis conquise." 

DDG, le 05/11/12

N'ayant jamais lu du Shintaro Kago, c'était toute guillerette que j'entamais ces Carnets de Massacres pour découvrir de quoi il retournait pensant être parée. Le coup de couperet ne tarda pas à tomber.
Ce manga nous narre toutes les atrocités qui se passent dans l'une des rares provinces échappant à la période de grande famine. Le début nous présente le contexte difficile dans lequel cette province subsiste. On se dit « c'est horrible » mais finalement cette horreur paraît presque acceptable pour la survie du peuple. Cependant bien vite tout cela laisse la place à une histoire de folie où le titre « Carnet de Massacres » prend tout son sens.
La princesse Sagiri mène des expériences plus écoeurantes les unes que les autres, aussi bien dans le sens figuré que propre ! La violence, sans limite, sans borne nous est livrée avec un grand souci du détail, tout comme le sexe. Je n'avais point été en contact avec une oeuvre qui m'a autant révulsée depuis mes années arts plastiques en 2010 où je m'étais égarée un court moment dans l'étude brève du courant « artistique » des actionnistes viennois. Mais ici l'ambiance est toute autre...  

Avec Carnets de massacres, Les étranges incidents de Tengai, il ne s'agit pas seulement du massacre des corps mais également celui des esprits. En effet, les personnages semblent perdre totalement la raison et même ceux présentés comme vertueux initialement finissent souvent par s'adonner à l'abjection. Je ne dis pas céder car on ne sent même pas de lutte psychologique contre la tentation du vice. Tout cela engendre donc une spirale infernale de violence qui s'auto-alimente en permanence.
Mais le pire est que le manga adopte un ton très léger pour toutes ces ignominies, chaque chapitre ne manque pas d'auto-dérision et fricote énormément avec l'absurde. Je me suis sentie outrée d'avoir eu quelques éclats de rire à la lecture de ce manga pourtant si trash et dégoûtant. On frôle tout de même trop le ridicule quant aux techniques des ninja totalement stupides ce que j'ai moins apprécié, mais le rire reste de mise. Cet humour général se ressent bien dans le style graphique de l'auteur qui n'arbore pas du tout une ambiance sombre. Il dessine ses personnages avec humour et détachement qui fait qu'on est bien loin d'un thriller mais que nous pourrions presque parler de comique de l'horreur. Pourtant, contrairement à de nombreux autres manga classiques, la boucherie dans celui-ci est vraiment repoussante. Et malgré tout cela, on ressent l'envie de continuer à lire pour découvrir le fin mot de l'histoire, même si chaque page donne envie de refermer le bouquin. Paradoxe de l'être humain qui est attiré par l'horreur malgré la sensation qu'elle provoque ! Mais également, talent de l'auteur à créer une histoire aussi ahurissante avec uniquement des choses plausibles quand on pense à la quantité de moyens de torture qu'il existe (ou existait) en vrai...

Avec Carnets de Massacres, nous atteignons le paroxysme de la démence, de l'indécence et de la violence. Je ne peux pas dire que j'ai pris mon pied à lire ce manga, mais pour sûr, il n'en demeure pas moins excellent dans son genre. Ça marque à vie ou à mort selon les points de vue! À lire uniquement si vous avez les tripes solides, car vous finirez par vous y accrocher nerveusement, vous demandant si ne viendrait pas également votre tour. 

Hanoko, tome 2 lu, le 13/06/2013

Carnets de Massacre, c'est immonde, ça réussit à nous écœurer, c'est génial ! Il s'agit d'une belle métaphore du système capitaliste, qui recherche les meilleurs rendements, qui exploite l'être humain... à mort. Les idées génialement macabres s'enchaînent à merveille. On retrouve même des révoltes et révolutions qui sont organisées contre ce monde si cruel  Un microcosme génial. 

Docteur Spider, tome 2 lu, 20/08/13

Commentaires

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