Mémoires de viet kieu
Visuel Mémoires de viet kieu / Mémoires de viet kieus (au pluriel dans la première édition) (Émules)

Tome 4: Les engagés de Nouvelle-Calédonie

Date de sortie en France: 7 octobre 2020
Visuel Mémoires de viet kieu tome 4

Le sort de la Nouvelle-Calédonie a basculé en 1864 quand les Européens y découvrent des gisements de nickel.

Aujourd’hui, Clément accompagne Fabien et son grand-père Jacques pour une visite de l’île. Il dessine ce qu’il voit durant leurs escales et Jacques lui narre l’histoire des immigrés vietnamiens de l’île.

1938, Thi Gia, dix-huit ans, d’une famille pauvre, ne voyait pas d’avenir dans son pays et décida de s’engager pour la session de recrutement par les Français en Nouvelle-Calédonie. Sur le bateau durant le trajet, elle et Chuc, rencontré parmi les autres occupants, tombèrent amoureux. Mais sur place, ils découvrirent des conditions de travail très pénibles. Les femmes vivaient séparées des hommes, mais l’un enleva une nuit et viola l’une des femmes, Dao. Chuc voulut protéger Gia de ce danger. Tous deux se marièrent et eurent deux filles. Gia retourna au pays des années après et retrouva son petit frère, devenu vieux et affaibli.

Clément demande à Jacques si les Vietnamiens se mariaient avec des autochtones, les Kanaks, mais l’aïeul lui répond que les communautés limitaient les contacts. Jacques lui parle aussi des mouvements indépendantistes de la part des Kanaks et des Vietnamiens qui ont eu lieu au cours de cette centaine d’années, mais qui ont échoué et fait des dizaines de victimes chez les insurgés. Il lui narre une autre histoire.

En 1944, dans la région de Thia, au sein d’un village d’engagés indochinois, Van Bach, passionné de cuisine était l’un des travailleurs de la mine, où il a vu bon nombre de ses compagnons mourir dans un éboulement. Les Européens n’hésitaient pas à les maltraiter et les brimer mais lui s’efforçait de maintenir une cohésion entre les deux communautés. Il se lia notamment d’amitié avec un adolescent sympathisant, Robert. Le 27 mars 1945, lui et d’autres travailleurs firent grève pour demander de meilleurs salaires et conditions de vie, mais les négociations dégénérèrent et plusieurs indochinois furent blessés voire tués. Parmi eux, Van, dont la mort mobilisa plus de six-cents personnes, tonkinoises et javanaises pour les obsèques. Ils continuèrent à faire valoir leur revendication après les bouleversements de la Seconde Guerre Mondiale.

Clément, Fabien et Jacques continuent leur chemin. Jacques poursuit son récit mentionnant l’abolition du code de l’indigénat de 1946, permettant aux autochtones de Nouvelle-Calédonie la liberté de vivre et travailler où ils souhaitent. Cela permit aux vietnamiens d’habiter à la capitale, Nouméa et de varier leurs métiers. Certains choisirent de rentrer au pays. Mais après la chute de l’Indochine française face aux soldats d’Hô Chi Minh fait naître des tensions en Nouvelle-Calédonie où les Européens se mirent à nouveau à pointer du doigt les habitants vietnamiens. Cela motiva encore plus de vietnamien à rentrer au Viet Nâm, mais des familles se déchirèrent ainsi, certains préférant rester. Sur place, les Vietnamiens bâtirent la Maison du Viet Nâm fin des années soixante-dix et inauguré en 1986, afin d’établir une lieu de mémoire leurs racines et de perpétuation de leur culture. Puis les nouvelles générations de chaque population commencèrent à se métisser.

Le trio arrive à destination, dans un cimetière indochinois et Jacques y visite la tombe de son petit frère et de sa petite sœurs, tous deux Niaoulis, nom donné aux indochinois nés ici. Fabien l’ignorait, Jacques a préféré le cacher pour qu’il ne grandisse pas dans le ressentiment.

Avis

Un tome très intéressant, qui permet de découvrir un aspect moins connu de la diaspora vietnamienne mais aussi un pan de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie.

Hanoko, le 04/12/2020

 

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