Mémoires d’un frêne

Mémoires d’un frêne

Titre original: 
어느 물푸레나무의 기억
Auteur(s): 
Genre: 
Historique, drame, horreur, merveilleux
Éditeur original: 
Bookmentor
Éditeur français: 
Rue de l'échiquier (collection BD)
Date de sortie originale: 
26 mai 2015
Date de sortie en France: 
26 avril 2018
Nombre de tomes: 
1 (one-shot)
Nombre de tomes sortis en France: 
1
Nombre d'éditions en France: 
1 grand format
Traduction: 
Kette Amoruso
Couverture: 
souple, glacée, mat + rabats
Nombre de pages: 
304
Prix: 
21,90€

Avis

PARK Kun-Woong est un auteur très engagé dans la dénonciation des crimes commis par son pays lors de son histoire au XXème siècle. Il le prouve à nouveau avec cet ouvrage, qui arbore un aspect universel dans le traitement de sa thématique.

 

À l’instar de la nouvelle originale, ce manhwa suit un épisode de la vie d’un jeune frêne, qui va assister à un spectacle qu’il ne sera pas près d’oublier. Il nous narre son quotidien, comme s’il avait des pensées humaines, mais raisonnant avec ses enjeux d’arbres ancré dans la nature. Au début, tout est tranquille, il voit quelques paysans par-ci, quelques bêbêtes par-là. Rien de très excitant pour lui, jusqu’à ce qu’arrive un cortège de prisonniers politiques qui vont être exécuté sous son regard feuillu…

Le manhwa décrit parfaitement l’horreur de ce genre de massacre, où la terreur qu’éprouvent les condamnés voyant leur sort fatal arriver décuple leur souffrance physique et morale avant leur mort. Les visages se déforment à l’extrême, les fonds et décors très noirs expriment bien l’idée de gouffre infernal dont ils ne ressortiront pas. Quelques noms de personnalités et quelques faits historiques sont cités, mais le manhwa reste évasif sur la question, s’émancipant du seul contexte et du côté situationnel de la tragédie. Mémoires d’un frêne nous fait ressentir jusqu’au plus profond de nous combien des tueries aussi atroces et absurdes, qui peuvent se produire à travers le monde.

Cependant, notre seule échappatoire réside en le déplacement de point de vue. Le frêne lui s’émerveille presque de ce qui se déroule sous ses branches et nous parle de la réaction instantanée de la faune locale. Seule la déshumanisation de ces malheureux permet d’accuser le coup, dans une certaine mesure. Certains passages deviennent presque comiques, grâce aux réactions décalées de notre arbre protagoniste, doté d’un prisme d’analyse bien à lui. D’ailleurs, la représentation de la flore se révèle assez belle, à côté du chaos des exécutions.

 

Un manhwa difficilement soutenable sur la longueur s’il ne nous distrayait pas un peu l’attention sur la cruauté. Il nous rappelle combien le devoir de mémoire s’avère primordial, même lorsque l’on se croit hors d’atteinte et vivant à une autre époque.

 

Hanoko, le 18/11/2019

 

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