Intraitable

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Titre original: 
Song-gos (송곳)
Auteur(s): 
Genre: 
historique, tranche de vie, drame
Éditeur original: 
Changbi (publié également en webtoon)
Éditeur français: 
Rue de l'échiquier (collection BD)
Date de sortie originale: 
20 mai 2015
Date de sortie en France: 
3 octobre 2019
Nombre de tomes: 
6 (terminé)
Nombre de tomes sortis en France: 
1 (en cours)
Nombre d'éditions en France: 
1 grand format
Traduction: 
Kette Amoruso
Couverture: 
souple, glacée, mat avec rabats
Nombre de pages: 
248
Prix: 
20€
Rythme de parution: 
trimestriel

Avis

Au premier abord, la couverture, à la fin simple et choc, avec cette opposition de rouge et de noir, ce titre implacable en police de caractère black, ce personnage au regard presque sournois, donne à croire que l’on va lire un manhwa de mafieux… mais cela sera en quelques sorte du point de leur ennemi que l’on se place !

 

Bienvenue dans le monde de la lutte syndicaliste aux côtés d’un expert qui ne lâche jamais le morceau ! Le manhwa commence sur un prologue, introduisant Gu Go-Shin sur l’un des cas qu’il a eu à traiter. Ensuite, place à Lee Soo-In, deuxième protagoniste dont on va suivre le point de vue. Entre son passage délicat à l’armée et son travail actuel de cadre, pas réellement apprécié ni de ses coéquipiers cadres, ni des employés sous sa direction, il peine à trouver un équilibre. Sa nature discrète et peu assurée cache une soif de justice qu’il ne peut réprimer. Mais son contact avec Gu Go-Shin se révèlera plus compliqué que prévu…

Le manhwa narre avec justesse l’histoire de salariés malmenés par leur entreprise, dont on peut être tout autant témoin par chez nous malheureusement. On sent assez vite l’empathie s’installer entre nous et ces personnages et on a envie de voir comment ils vont évoluer dans leur bras de fer avec les équipes manageriales. Même si le sujet ne parlera peut-être pas trop à des adolescents (à moins que quelqu’un autour eux les y aient sensibilisés), le traitement des personnages et un certain suspense rendent le récit très prenant. D’autant plus quand on sait que le manhwa fait écho à la tentative d’implantation de Carrefour en Corée du Sud (d’où le grand manitou français au-dessus de Soo-In). Le tout sans jamais devenir lourd, on note même quelques petites touches d’humour pas déplaisantes !

Le dessin convient très bien à ce genre de récit, vif, esquissé, expressif, semi-réaliste. On voit que l’auteur a un très bon coup de crayon, mais je ne suis pas très fan en revanche du côté trop bâclé des décors, qui semblent des photo incrustées repeinte digitalement à la va-vite. Heureusement, rien qui n’entrave réellement la lecture.

 

À l’heure où la question de lutte sociale a repris une très grande ampleur chez nous avec les Gilets Jaunes, ce manhwa vient nous rappeler de lutter pour défendre nos droits aussi à l’échelle individuelle. C’est que le mordant de Gu Go-Shin aurait de quoi rappeler notre Élise Lucet :p

 

Hanoko, un tome lu le 08/11/2019

 

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