Je préférerais ne pas

Je préférerais ne pas

Titre original: 
Lonely Planet
Auteur(s): 
Genre: 
Tranche de vie, comédie
Éditeur original: 
Joint Publishing
Éditeur français: 
Rue de l'échiquier (Collection BD)
Date de sortie originale: 
2010
Date de sortie en France: 
22 mars 2018
Nombre de tomes: 
1 (one-shot)
Nombre de tomes sortis en France: 
1
Nombre d'éditions en France: 
1 grand format
Traduction: 
Bertrand Speller
Couverture: 
souple, glacée mat + rabats
Sens de lecture: 
Français
Nombre de pages: 
144 couleur
Prix: 
19,90€

Avis

Je préférerais ne pas, ou l’art d’occuper ses journées à pas grand-chose de productif, a priori. Bienvenue dans le petit monde d’un homme fraîchement promu chômeur, bien décidé à profiter de tout son temps sans emploi.

 

La première caractéristique de ce manhua qui saute aux yeux demeure son style graphique pour le moins insolite dans le domaine de la bande-dessinée. L’auteur dessine toute son histoire via des illustrations très empruntes de l’imagerie du pictogramme, en flat design (sans ombrage ni brillance), les traits réduits à l’essentiel et la composition des pages ayant tout d’une notice explicative en visuels. Bref, le parfait tutoriel d’une vie de glandouille ! L’impact se fait dès les premières pages, on oscille entre bande-dessinée et livre illustré sur la narration, l’auteur fait absolument ce qu’il veut avec la composition de ses pages, tout en restant cohérent dans sa démarche graphique. De quoi tout à fait contribuer à l’humour bien à lui de ce manhua.

Dans un monde où notre quotidien file à vitesse grand V, où l’on nous rabâche de ne pas gâcher son temps, de profiter à fond de tout, de vivre des milliers de choses, en voici un qui a opté pour calmer le jeu, de se la couler douce qu’importe les qu’en-dira-t-on à son sujet. Après les activités les plus évidentes à faire en tant que chômeur peinard, Butt va se lancer à des occupations improvisées qu’il a imaginées alors qu’il consacrait une partie de ses journées à s’ennuyer. Ses petites aventures inopinées se révèleront très amusantes à suivre, ponctuées de rencontres saugrenues ou de retrouvailles plus ou moins heureuses, parsemées d’embûches triviales ou de détours.

Je préférerais ne pas invite à questionner l’idée de valeur du travail (en terme d’activité rémunérée), autour laquelle tout pivote dans la société. Si tu n’as pas un taff de ouf, tu n’es personne. Pourtant, bien des activités non lucratives à côté de notre gagne-pain méritent tout autant la considération ! Le manhua se moque aussi gentiment des relations sociales, qui trempent sur les bords dans l’hypocrisie. Mais le tout, sans condamner catégoriquement, nous sommes plus dans la boutade que le réel blâme.

 

À l’heure actuelle, notre attention demeure sans cesse être sollicitée partout. Entre le smartphone que beaucoup dégainent du matin au soir, la publicité dans tous les espaces, le monde du travail imposant un dévouement toujours plus grand, la course à la nouveauté… Avec Je préférerais ne pas, apprenez entre deux bonnes farces juxtaposées à vous ennuyer un peu car c’est de là que nait souvent la créativité pour s’inventer des occupations ! 

 

Hanoko, le 04/11/2019

 

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