Toyotisme (Le)

Toyotisme (Le)

Auteur(s): 
Pays d'origine: 
Japon
Éditeur français: 
La Découverte, coll. Repères
Date de sortie en France: 
1999
Nombre de pages: 
128
Prix: 
8,50€

Avis

"Quand on lit la 4ème de couverture, on est surpris (en fait pas vraiment) que ce petit livre sur le toyotisme va être une sorte d'apologie du toyotisme, ou du moins un traitement approfondi de tous ces merveilleux principe, et ne va pas se limiter à la vision réductrice que nous pouvons avoir de ce modèle du type « toyotisme = juste à temps ». Le toyotisme révolutionne « la conception du produit, la gestion des prix de revient, la management des RH, les relations avec les fournisseurs et les concessionnaires ». Bref le toyotisme est merveilleux 

Je ne sais pas si c'est à cause du phénomène donc parle Jean-Philippe Naville dans Le modèle japonais à l'épreuve des faits, qui explique en conclusion que « certain chercheurs qui deviennent promoteur du modèle dans la mesure où celui-ci s'inscrit dans un champ théorique qui fait l'objet de débats dans la communauté scientifique, ce qui peut amener le chercheur à valoriser, publications à l'appui, les vertus d'un modèle particulier » 

De ce livre j'aurai put ne rien dire, lançant seulement qu'il parle de la théorie Toyota des années 70, armature théorique (et appliquée) complétée par les 80's, et toilettée pour le nouveau millénaire. C'est instructif mais sans plus. En effet l'auteur n'est pas très incisif dans sa critique mais il l'annonce dès la préface que ce n'est pas le but du jeu, il va être ''objectif''. 

C'était soit ces quelques lignes, soit un cassage en règle, ou du moins une amorce de critique qu'il manque vraiment à son livre. Il y a bien Toyota, l'usine du desespoir, journal d'un ouvrier saisonnier mais il est un peu vieux pour se battre sur un plan d'égalité. Avant cela, regardons un peu les entrailles de ce livre : 

D'abord le plan : I. Le toyotisme : un compromis salarial, des dispositifs organisationnels - II. Réduire en permanence le prix de revient par le Kaïzen - III. Organisation du travail et relations industrielles : de fortes complémentarités - IV. Gestion de l'organisation industrielle - V. Vers un nouveau toyotisme. 

Le I pose les principes généraux et fait un peu d'histoire de la boîte et développe ensuite dans les parties II à IV. La 4ème partie sur le rapport entre Toyota et ses actionnaires, fournisseurs et revendeurs est assez abstraite, car nous balançant pas mal de chiffres qui ne nous évoquent pas grand chose. Dans le même ordre d'idée l'auteur a la fâcheuse tendance à utiliser des abréviations, soit on prend un peu de temps pour décrypter, soit on ne cherche pas à comprendre. Ex CEP : Coefficient d'Efficience Productive... Sinon il y a des schéma qui permettent de mieux se représenter ce qui se passe (réorganisation, organigramme etc.). La cinquième partie permet de montrer les problèmes du précédent modèle lors du passage à sa mise à jour. Il n'y aura guère d'autres critiques, si ce n'est ponctuellement sur l'intensité du travail des ''opérateurs''.  

Dans la postface, Koïchi Shimizu défend le nouveau toyotisme face au modèle suédois (Uddevalla) qui a supprimé le travail à la chaîne. L'auteur pense que ce n'est pas réalisable à grande échelle. Mais peut être faudrait il multiplier le nombre d'usine Toyota, au lieu de quatre en un point, en mettre 40 dans tous le pays, ce qui ferait des entreprises à taille humaine, et qui réduirait le coût de livraison (mais augmenterait le coût d'approvisionnement). D'autre part, nous ne sommes pas obligé de produire et consommer comme des beaufs. On peut sans doute produire moins et produire mieux avec des véhicules qui polluent moins à la construction et à l'utilisation et qui auraient une longue durée d'exploitation. Certes pour Toyota il y aurait un manque à gagner. L'argent toujours l'argent.  

En bibliographie énormément de livres en japonais et en anglais, bref pas grand chose à se mettre sous la dent pour poursuivre la lecture. Heureusement (?) le modèle japonais continue de faire parler de lui.  

En un mot, une lecture à mettre en perspective, une vision partielle, qui occulte trop le facteur humain." 

Docteur Spider, lu aujourd'hui, 27/10/07

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