Sommeil

Sommeil

Titre original: 
Nemuri
Auteur(s): 
Pays d'origine: 
Japon
Éditeur original: 
Bungei Shunju LTD. puis réédité chez Shinchosha/Tsai Fong Books
Éditeur français: 
Le seuil (pour la parution dans le recueil L'éléphant s'évapore) puis Belfond pour la nouvelle séparée
Date de sortie originale: 
1989
Date de sortie en France: 
1998 (première édition)
Nombre d'éditions en France: 
2
Traduction: 
Corinne Atlan
Couverture: 
souple, glacée, mat
Nombre de pages: 
92
Prix: 
12€

Avis

Une femme comme vous est moi, est l'objet d'un phénomène étrange: elle perd le sommeil ainsi que le besoin de repos. Elle ne s'alarme pourtant pas de ce fait hors norme et s'y adapte. Nous suivons son quotidien qui évolue, lentement, poussant l'insomniaque à se replier sur elle-même.
Un récit étrange qui a de quoi laisser perplexe. Le style est volontairement simple, la protagoniste nous confie ses pensées et ses états d'espri au fur et à mesure, au jour le jour, comme dans un journal intime. On découvre sa vie, sobre, au déroulement identique d'une journée à l'autre... ou presque. Progressivement, elle appréhende de manière différente sa situation et développe une pensée particulière. L'histoire s'ancre dans le réel tout en paraissant légèrement à côté, l'auteur a très bien réussi à transcrire la bulle, le monde dans lequel se trouve l'héroïne. Cependant, la nouvelle est un peu morne. Même si cela convient au type d'histoire comptée et que cela se lit bien, le livre n'est pas très prenant. De plus, je n'ai pas trouvé la réflexion de l'héroïne spécialement intéressante, ce qui n'aide pas à se plonger vraiment dans l'histoire. L'héroïne se rend compte progressivement que sa vie de femme au foyer est ennuyeuse et elle mène comme une double-vie, l'une normale et sans problème pour faire bonne figure auprès de son entourage et l'autre où, seule avec elle-même elle se laisser aller aux pensées de son for intérieur. L'histoire se tient, mais le charme n'a pas vraiment pris en ce qui me concerne.
Je comptais beaucoup sur la fin pour que le livre ait quelque chose de vraiment percutant, mais la fin est ouverte et nous laisse un goût d'inachevé. C'est un choix, que je trouve généralement très discutable car cela ressemble souvent à un besoin de l'auteur de se décharger de la responsabilité de donner une conclusion. Toutefois, pour le cas présent, ce n'était pas forcément gênant et ça pouvait même être assez intéressant. Cependant comme tout le long de l'histoire nous attendions peut-être pas des explications mais seuelemnt des indices ou des pistes possibles, là avec cette fin, nous restons totalement dans le vague. Où se trouve-t-on dans le rêve, où se trouve la réalité? Le doute plane certes, mais c'est un peu facile comme mystère. Bref, je suis un peu déçue.
En tout cas, l'édition est très belle, avec une couverture à rabats, un papier épais et glacé. La nouvelle est ponctuée de plusieurs illustrations réalisées par la dessinatrice allemande Kat Menschik, qui sont jolies sans être transcendantes. Souvent, sont montrées des scènes tendant beaucoup vers le psychédélisme qui vont bien au delà de ce qui est narré. Ça nous laisse un peu l'impression d'être à côté de la plaque ou d'avoir loupé quelque chose dans le livre se rapportant à ce qui représenté en dessin. Ou alors le surnaturel des illustrations est gratuit. 

Au final, demeure le sentiment d'avoir raté quelque chose pendant la lecture, mais le livre ne donne pas spécialement envie de pousser les recherches. Sommeil, une nouvelle évanescente dans notre mémoire, comme on peut oublier un songe au réveil. 

Hanoko, le 17/02/2012

 

Inscrivez-vous ou connectez-vous à votre compte pour laisser un commentaire.

 

Vous êtes ici