Pourquoi les japonais ont les yeux bridés

Pourquoi les japonais ont les yeux bridés

Titre original: 
Perché i giopponesi hanno gli occhi a mandoria
Auteur(s): 
Pays d'origine: 
Italie/Japon
Éditeur original: 
Kappa Edizioni
Éditeur français: 
Kana (Collection Kiko)
Date de sortie originale: 
2005
Date de sortie en France: 
janvier 2007
Traducteur: 
Claudia Migliaccio
Nombre de pages: 
174
Prix: 
8,50€

Avis

"Au vu du titre, je pensais que l'auteur allait simplement nous dire pourquoi les japonais avaient les yeux bridés, pourquoi est-ce que la tendance chez les jeunes filles était de se faire débrider etc En fait pas du tout. Cette question est une question générique sur des interrogations que l'on peut avoir sur les japonais, quelle image fantasmée avons-nous d'eux (nous français, et vu le contexte d'écriture, nous italien) et aussi l'image que les japonais ont d'eux même. 

Ainsi le livre a principalement deux parties : La première sur le manga, les otakus, et le monde des auteurs du manga, du fanzinat. La seconde est axée sur les "cultures et traditions" où il est question des fêtes qui ont lieu tout au long de l'année, leur croyances etc. 

La première partie est plus typée autobiographique, dans le sens où elle nous raconte des anedotes qui lui sont arrivées, et se base sur son expérience dans le fanzinat puis en tant que professionnelle pour nous présenter ces milieux. 

En cours de lecture j'ai essayé de chipoter en essayant d'avancer quelque chose du type : "oui mais elle ne parle pas de ci ou ça... ah si en fin de chapitre c'est bon" bref j'ai essayé de jouer au plus malin mais l'auteur répond par avance aux objections ou précisions que l'on pourrait apporter.  

Il est intéressant de noter que l'auteur s'attaque aux journalistes japonais qui n'ont fait pendant une période que dénigrer les fans de manga, parce qu'il s'est passé exactement la même chose en France, avec par exemple le film de Beinex qui s'intitule... Otaku. 

Tout cette partie fait du bien, pour que le fan de manga sache où il va, mais surtout pour le grand public, je pense notamment aux parents et aux journalistes, pour qu'ils comprennent enfin que derrière la bête immonde que nous sommes se cache un coeur de fan ;). 

Concernant la deuxième partie, il me semble qu'elle est plus objective au sens où elle traite des traditions/croyances/fêtes (Noël, Saint Valentin, fête des garçons et des filles etc etc.) en partant du cas général, puis en donnant parfois des anecdotes personnelles. Cette partie m'a moins intéressée, peut être parce qu'on perd un peu la dimension subjective, ou peut-être parce qu'on ne parle plus de manga. En tout cas dans cette partie, Ichiguchi Keiko se penche également sur les productions du studio Ghibli lorsqu'elle s'intéresse à la question des divinités et du folklore japonais).
J'ai moins aimé cette partie, parce qu'il y a une sorte d'aspect liste : je vous liste les fêtes principales (et les explique bien sûr), je vous liste les 7 divinités du bonheur etc... ça ne se lit pas aussi bien que le début.
Cependant elle adopte une approche historique, en nous montrant que telle ou telle croyance a été importée de la chine, comment elle s'est développée et comment elle s'est modifiée en fonction du contexte. Elle ne le fait pas, mais on pourrait s'en servir pour faire une critique de l'utilisation de la religion par les hommes politiques.  

Ichiguchi en profite pour réfléchir aux fantasmes des japonais, leurs idéaux de perfection etc.  

Enfin il y a quelques mots et des strips sur son expérience européenne, c'est drôle. 

En un mot, ce livre est pédagogique (même le mot manga est défini en note !), les chapitres sont courts (3 pages), ça se lit vite, le tout ponctué d'illustrations humoristiques, et est globalement très intéressant (surtout si on ne connaît rien ou si on croit savoir des choses sur le Japon). C'est une introduction tout public, je le conseille donc vraiment à tous. Et je pense vraiment que tout un chacun doit lire la partie sur les mangas, et les mangaka, elle est salutaire." 

Docteur Spider, du 07/02/07 au 12/02/07

Voir aussi Homo Japanicus aux éditions Picquier

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