Nouvelles concubines (Les)

Nouvelles concubines (Les)

Pays d'origine: 
Chine
Éditeur français: 
Editions du Toucan / TF1
Date de sortie en France: 
17 février 2010
Nombre d'éditions en France: 
1
Nombre de pages: 
224
Prix: 
18 euros

Avis

"Les nouvelles concubines se sont, entre autres, toutes ces jeunes femmes entretenues (foyer, fringues...) par des hommes mariés, riches hommes d'affaire, avocat, cadres du parti, prof d'université. Elles sont des "secondes épouses" (ernai). Les auteurs annoncent en introduction qu'ils ne vont pas traiter de l'aspect jet set de la côte, mais de la situation à l'intérieur des terres. Quel est l'enjeux ?  

Il s'agit en effet de distinguer l'élite de ces "concubines", et toutes les autres. En effet le phénomène des ernai touche toutes les classes de la société, des plus riches au moins riches. Si pour les riches, ça fait bien d'avoir une belle jeune femme à ses bras lors des galas, pour les autres, ça peut être parce qu'on ne ressent plus de désir pour sa femme, qu'on a pas forcément choisi si on s'est marié avant les années 80 (période maoïste). Au plus bas de l'échelle, il ne s'agit rien de moins que de prostitution occasionnelle.  

Le coeur du livre est composé de témoignage d'actuelles concubines ou d'anciennes, d'homme ayant recours à ce système, d'épouses compréhensives, et d'autres qui n'acceptent pas. Dans un pays où le droit de divorcer est légal, mais reste théorique.... 

Plus qu'un phénomène passager, il y a un lien avec une certaine tradition, certains fantasmes : déflorer les femmes vierges (chu nu), pour en tirer "puissance et vigueur". Avec tout l'aspect patriarcalo-dégueulasse quand il s'agit d'un viol : l'homme dit à la femme "ne me dénonce pas pas, pense à ta réputation". Sic ! Avec une carotte tout de même : l'éternelle promesse que la ernai devienne la 1ère femme : danai (bien sûr les promesses....) 

Tout cela est rendu possible car cette Chine à la croissance à 2 chiffres reste pauvre, les frais d'inscription à la fac élevés etc. C'est d'ailleurs le propos du chapitre 2, sur les travailleurs migrants à Pékin (wai ji), qui gagnent 15% de moins que les pékinois "pure souche", avec tout le relent de propos xénophobe qui va avec ("ils nous piquent notre travail" etc.) Revient à devoir accepter les pire job, y compris donc celui de prostituée, pardon, "concubine". Avec derrière un schéma classique : urbanisation, isolement, prostitution (ou autres alternatives bien sûr). 

Des témoignages assez longs, permettent de comprendre la logique que suivent ces femmes : certes j'ai été violée, mais c'était le prix à payer pour sortir de la misère/ne plus avoir à travailler. Dans les deux derniers chapitres, les auteurs s'interrogent sur les parcours de ces femmes après leur relation : certaines sont complètement cassée, avec un gosse à charge, d'autre vivent de leurs économies, certaines réussissent à se trouver un bon parti.  

Une lecture très intéressante, même si très journalistique. Ca fait toujours du bien de se plonger sur la situation des femmes, histoire de sortir du discours masculin du "tout va bien". Des statistiques auraient été les bienvenues pour évaluer au mieux l'ampleur du phénomène, sans doute le relativiser." 

Docteur Spider, 29/06/11

 

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