Kyoko

Kyoko

Titre original: 
Kyoko
Auteur(s): 
Pays d'origine: 
Japon
Éditeur original: 
Shueisha
Éditeur français: 
Picquier
Date de sortie originale: 
1995
Date de sortie en France: 
1997/2000
Traducteur: 
Corinne Atlan
Nombre de pages: 
228
Prix: 
7€

Avis

"Kyoko... Kyoko, le nom, résonne en nous comme un objet extérieur. Ce n'est pas "moi Kyoko", mais Kyoko "c'est elle". Ainsi tourne autour d'elle neuf narrateurs, Kyoko étant au centre, l'objet de leur attention.  

En lisant la liste des chapitres et en commençant le premier chapitre, on se rend compte que le pari est assez fou : Chaque narrateur va se passer le relais (comme dans Lignes, du même auteur ?), intervenir plusieurs fois autour de l'histoire. Vraiment ce sommaire que je vous recopie, il m'a interpellé. 

Prologue. Monologue - Kyoko
I Ralph Biggs
II Jorge Diaz
III Pablo Cortés Alfonso
IV Ralph Biggs II
Intermède. Kyoko
V Sergio Bustamente
Intermède. Kyoko II
VI Pablo Cortés Alphonso II
VII Ralph Biggs III
VIII José Fernando Cortés
IX Delaware
X Angel Stevens
Intermède. Kyoko III
XI Jessica Silbermann
XII José Fernando Cortés II
XIII Alicia Fernando Martinez
Epilogue. Kyoko 

Kyoko visée de toute part, mais Kyoko inatteignable, on ne peut jamais vraiment savoir qui elle est au fond. Ou peut être au fur et à mesure, au fur et à mesure des sensibilités narratrices et des situations. Ou peut être qu'on l'a sous les yeux. 

Kyoko, le roman, revêt aussi un côté policier, elle recherche l'homme qui lui a redonné goût à la vie grâce à la danse, dans tout New-York. Et une fois retrouvé, cet homme, qui a tant changé (il est en phase terminale du sida), qui a perdu la mémoire, il va devoir partir à la recherche de leur passé commun (et futur). La clef de l'énigme m'a ému. 

On peut peut-être faire le lien avec une partie de l'intrigue de Ronde noire (La) (roman policier), où la aussi des japonais se retrouvent en terre inconnues. On peut noter au passage tous ces éléments de "curiosités" des américains envers les japonais, je me demande si c'est du vécu (sachant que Murakami Ryu vit aux Etats-Unis). Par exemple une vieille du Sud qui dit "Je ne savais pas que les Japonais dansaient le mambo, je croyais que tout ce qu'ils faisaient, c'était fabriquer des walkman et des voitures, ou acheter des terrains et des immeubles." Kyoko pour un WASP, ne vaut pas mieux qu'un black, un latino (ou un malade). Mais par là, on peut aussi y voir le racisme des japonais : ils font également la même chose. 

Un livre de Murakami Ryu où comme il l'écrit dans la postface "il n'y a ni sexe, ni sadomasochisme, ni drogue, ni guerre." est-ce encore un livre de lui ? La réponse est oui : on reconnaît bien son style. Il a donc tout à fait gagner le pari de faire différent tout en ne perdant pas son identité. 

Quand Kyoko danse, tout le monde s'extasie, surtout le lecteur, Murakami Ryu écrit tellement bien ces passages là. (p58-62). Elle donne une leçon de danse, qui donne envie de s'y mettre. 

Kyoko wil dance with you. Come on, every body dance : 

"Elle avait lancé en avant à tour de rôle le bras droit et la jambe gauche, puis le bras et la jambe inverses, comme si elle marchait, deux fois de suite et en rythmne, c'est tout. Mais en même temps, elle balançait les fesses d'avant en arrière."

Docteur Spider, lu en 3 jours, 01/07/06 

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