Fleur Noire

Fleur Noire

Titre original: 
Geoeun Kot
Auteur(s): 
Pays d'origine: 
Corée du Sud
Éditeur original: 
Munhakgongne
Éditeur français: 
Philippe Picquier
Date de sortie originale: 
2003
Date de sortie en France: 
Janvier 2007 - Janvier 2009
Traduction: 
Lim Yeong-he et Françoise Nagel
Nombre de pages: 
392/496
Prix: 
20,50€/11,50€

Avis

''Encore un résumé lu trop rapidement. Je pensais que ça se passait en 1033. En fait, 1033, c'est le nombre de coréens qui quittent leur pays. Ca va être au vingtième siècle. C'est encore plus excitant ! 

1905, le Japon a la main-mise sur la Corée, un grand nombre de coréens voient leur vie bouleversée, et préfèrent quitter leur pays. Tous veulent refaire leur vie ailleurs, partir à l'aventure, car ils ont tous une raison de fuir : cadavre dans le placard, exclusion du pouvoir, orphelin, bref sans attache ou obliger de le devenir. Le livre a un début de scénario de film catastrophe. Il y a bonne présentation de quelques personnage comme point de départ. Puis ces individus vont converger.
Parmi les 1033 coréens embarquées dans cette ''galère'' certains vont faire un passage très furtif et bien évidemment d'autres vont sortir du lot. A ce propos, même si ils sont présentés dans l'introduction du livre, n'hésitez pas à prendre des notes au fur et à mesure de votre lecture pour savoir qui est qui et fait quoi.
Parmi cette belle et grande galerie de personnages, il faut remarquer un jeune couple d'amoureux qui a la vie dure, car ils n'ont pas leur destin en main, et se font ballotter au gré de la volonté de leurs maîtres ou de l'Histoire. Ce n'est pas sans rappeler Pierre et le Sabre (La) / Parfaite Lumière (La) pour les chassé-croisés de ces personnages.
Étant donné que les chapitres sont assez courts, la lecture très fluide. Et ceci permet à l'auteur d'alterner facilement les personnages, il y a un sacrée suspens. Par exemple Choi le voleur rencontre quelqu'un de menaçant dans un couloir, et hop changement de chapitre, ''à suivre''  C'est démoniaque, on a sans cesse envie de savoir la suite !!!
Est ce seulement dû au talent de conteur de Kim young-ha ? En tout cas rien à redire sur la traduction, le livre se lit tout seul, même s'il y a autant de mots mexicains et coréens que français, non j'déconne  L'auteur maîtrise son récit sur le bout des doigts.
Une fois embarqués dans l'Ilford, l'histoire a un côté Moby Dick, pour son aspect '''vie sur un navire, gens hétéroclites, essayons de vivre ensemble malgré les conditions difficiles''. Puis c'est l'arrivée au Mexique et la désillusion : le travail dans des champs de henequen (sisal), très éprouvant, du matin au soir.  

Les situations sont dures, mais fun, comment expliquer ? Il y a un léger sadisme de l'auteur, qui en fait baver à ses personnages. Ils ne sont pas ''qu'esclave'', ils ont d'autres problèmes. Le récit ne rentre donc pas dans une espèce d'inertie suite à la trouvaille de son super concept de départ (des immigrés coréens au Mexique) et au contraire il fait vivre tout un tas d'histoires et d'expériences hautes en couleur. Par exemple une relation homosexuelle naissante, Choi le voleur qui devient schizo etc. 

Bon maintenant il faut que je trouve quelqu'un avec qui en parler pour que je me rende compte des points faibles du bouquin. Je suis encore sous le choc/séduction/influence du texte. Mais essayons quand même d'être objectif.
Il y a certains aspects qui ne sont pas crédibles. Par exemple Yoshida, cuisinier sur le bateau, devenu assistant de l'ambassadeur du Japon qui reconnaît I-Jeong 10 ans après dans le noir ^^. Ce qui est à l'image de la seconde partie : nos coréens se dispersent dans tout le Mexique. Qu'on suive le destin de chacun c'est très bien, mais que leurs destins se recoupent nous rappelle que nous sommes dans un roman  De même le rythme de cette partie est un peu être trop rapide, l'auteur nous explique rapidement l'évolution de la guerre civile et de la révolution au Mexique, pour pouvoir mieux revenir à ses personnages.
Enfin on n'est pas ému lors des retrouvailles. Je ne sais pas si c'est le but de l'auteur, mais je pense que s'il avait plus stylisé son écriture, ça aurait fait mouche

Très riche en exemples, et se trouvant à un carrefour des civilisations (Chine, Japon, Corée, Mexique, Etats-Unis, Maya...) le livre fait réfléchir à l'histoire, au travail, la révolution, il a un véritable intérêt sociologique pour connaître la vie à cette époque là, les rites coréens etc. 

Une histoire vraiment bien maîtrisée, ce qui la rend d'autant plus passionnante. Entre Moby Dick et Il était une fois la révolution, où ce seraient les conflits politiques coréens qui se jouent. Dépaysement garanti ! A lire absolument.'' 

Docteur Spider, remercie la librairie le phénix de lui avoir prêté, lecture du 17 au 21/03/07

Voir aussi Haut-le-coeur (faudrait que je finisse ma lecture à force de vous en parler): l'histoire du Japon à partir de l'invasion de la Mandchourie à travers les yeux d'un anarchiste.  

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