Domination et les arts de la résistance (La)

Domination et les arts de la résistance (La)

Titre original: 
Domination and the Arts of Resistance : Hidden Transcripts
Auteur(s): 
Pays d'origine: 
États-Unis
Genre: 
sociologie
Éditeur original: 
Yale University
Éditeur français: 
Éditions Amsterdam
Date de sortie originale: 
1992
Date de sortie en France: 
2009
Nombre d'éditions en France: 
1
Traducteur: 
Olivier Ruchet
Nombre de pages: 
270
Prix: 
22 euros

Avis

"J'ai découvert l'existence de La domination et les arts de la résistance cet été, lors des recherches pour mon mémoire de socio. J'ai bossé sur "la résistance au travail" et dans l'ouvrage de Stephen Bouquin au titre éponyme, il était souvent question de Domination and the arts of resistance. En septembre, alors qu'avait lieu la 6ème édition du Congrès Marx International à ma chère université de Nanterre, une "librairie" avait été installée, où j'ai pu découvrir que l'ouvrage de James C. Scott avait été traduit, et que son étude se basait sur des observations faites en... Malaisie. Un livre fondamental, et une étude sur la Malaisie dans un seul et même livre, voilà comment je me suis mis à sa lecture ! 

La thèse fondamentale de James C. Scott, est de dire que les personnes "dominées" ne sont pas passives, mais au contraire joue un jeu en face des dominants, pour essayer d'être en adéquation avec leurs attentes et éviter ainsi d'être réprimé. Mais en dehors du regard du maître, les dominés tiennent un autre discours, une autre culture, de résistance à cette oppression. Le livre analyse les multiples dimensions que recouvre cette vision différenciée en fonction des lieux et position des interlocuteurs.  

Pour illustrer son propos fort stimulant, l'auteur utilise des exemples issus de l'esclavage des noirs aux USA, du salarié face au patrons, des relations dans les castes, etc. 

Il analyse les défilés sous l'état laotien communiste, les serfs sous le tsarisme... il est régulièrement question de la relation intouchables/brahmanes. L'auteur s'appuie sur les autobiographies d'anciens esclaves... 

Qu'on ne s'y trompe pas, c'est résister qui est un art. Le livre ne traite pas de l'art comme résistance. 

Et la Malaise dans tout ça ? En fait elle n'est là qu'en toile de fond, dans quelques exemples. C'est en fait l'ouvrage précédant de James C. Scott, Weapon of the weak : everyday forms of peasant resistance (1985) qui s'intéresse au cas malais.  

Pour autant l'ouvrage est fondamental pour les visiteurs de ShoShoSein, car il met en débat la notion de culture, pour appuyer le fait qu'un individu change de discours/culture en fonction de ses interlocuteurs.  

On pourra cependant critiquer l'omniprésence des concepts issues de la littérature et du théâtre, comme "texte public/caché", "jeu", "représentation". Pourquoi parler de théâtre quand il s'agit de lutte politique ? Pourquoi "texte" et pas tout simplement "discours" ? Parce que l'auteur se réclame d'une école de pensée bien particulière : le structuralisme.  

Une lecture fort stimulante, car elle appelle à aller au delà des apparences, à aller voir dans les profondeurs cachées." 

Docteur Spider, 30/10/10

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