Chroniques rouges en terre noire

Chroniques rouges en terre noire

Titre original: 
Beidahuang jishi
Auteur(s): 
Pays d'origine: 
Chine
Éditeur français: 
L'Aube
Date de sortie en France: 
2008
Traducteur: 
XIAOMING Giafferri- Huang
Nombre de pages: 
205
Prix: 
17,80€

Avis

"Si j'ai voulu lire ce livre, c'est parce qu'une époque je m'intéressai au travail, notamment à la question du travail forcé, les "camps de rééducation par le travail" pour le cas de la Chine. Aujourd'hui mon envie est redoublée parce que ce livre s'inscrit également dans le champ de la terrible Révolution Culturelle. J'avais déjà vu le film Balzac et la petite tailleuse chinoise mais je voulais en savoir plus sur le sort réservé au "jeunes instruits". 

MU Xiaomang, lycéen de l'Institut des langues étrangères, est envoyé en 68 se faire instruire auprès des paysans et militaires au régions frontalières, comme la majorité des jeunes de son époque. Sa destination est la province d'Heilongjiang, ("le fleuve du dragon noir"). Il y restera 10 ans. 

Thématiquement, il nous explique son quotidien : la pèche, selon différentes saisons et selon les différents poissons; les petits animaux que l'on rencontre (qu'on mange ou essaye d'adopter), les champignons qui poussent, l'utilisation que l'on peut faire des arbres (meubles...), la bonne technique pour abattre les arbres, lutter contre toutes les bestioles qui les bouffait dans leur lit (moustiques, puces, punaises). Il nous raconte avec humour comment est ce qu'il piquait de la nourriture pour compléter ses maigres repas : melon, poissons.... En bref, c'est un témoignage de la dureté de cette vie, et de ses petits plaisirs. 

Avec ironie, il nous montre qu'il a beaucoup appris, que l'on peut donc être rouge et expert, selon la terminologie de l'époque. On assiste aussi dans quelques chapitres à la vie politique quotidienne : les réunions politiques interminables, les problèmes pour réussir l'entrée aux universités etc.  

L'auteur fait également le lien avec l'occident contemporain ("si j'avais su que l'épilation existait...") ou avec l'actualité ("en d'autres temps on aurait dit qu'on ressemblait à des talibans"), sans doute pour trouver un moyen d'exprimer à ses lecteurs des choses qu'ils ne peuvent se représenter. 

Etrangement, il nous parle très peu de ses relations avec les autres instruits, les militaires ou les gens du crû, sauf lorsqu'il nous relate des faits qui sortent du quotidien. (Tel jeune homme a poignardé une fille parce qu'elle ne l'aimait plus). En bref il y a des drames. 

C'est un témoignage très intéressant, sur un épisode de l'histoire chinoise aussi important que celle des drames commis par les gardes rouges, mais moins connue, car ce mouvement de rééducation visait à se débarrasser de cette jeunesse qui peut devenir incontrôlable. L'auteur a un rapport doux-amère avec ce passé, mais c'est une partie non négligeable de sa vie. Ainsi le dernier chapitre est consacré à son retour sur les terres du nord, en 2002.  

Un beau témoignage." 

Docteur Spider, lu en une après-midi, 08/08/09

Voir aussi le roman Balzac et la petite tailleuse chinoise

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