Tokyo Sonata

Tokyo Sonata

Titre original: 
Tokyo Sonata
Pays d'origine: 
Japon, Honk-Kong, Pays-Bas
Genre: 
Drame, tranche de vie
Date de sortie originale: 
2008
Date de sortie en France: 
2009
Durée: 
1h59
Support: 
Cinéma, DVD

Avis

"Cela faisait un bout de temps que je voulais voir ce film ! Maintenant, c'est chose faite.
Première chose à dire, première déception. Je m'attendais à ce que le piano soit au coeur de l'intrigue, alors que non. C'est juste l'échappatoire du cadet, on n'a pas le droit à de beaux morceaux de piano avant la toute fin (on en a un au début, mais ça n'a rien à voir avec le reste).
Si on outrepasse ma propre déception niveau piano, Tokyo Sonata reste un film incroyablement intéressant et prenant. Il nous dépeint sans détour la vie que mènent nombre de familles japonaises. Les cadres qui finissent au chômage mais qui font semblant de ne pas l'être pour garder leur fierté face à leur famille, les aléas de la vie, que ce soit à l'école ou à la maison... Bref, on nous propose un portrait dramatique mais tellement vrai de ce que peuvent vivre les gens de manière générale.
La culture japonaise, au niveau du travail, est radicalement différente de la culture européenne. Là-bas, c'est un véritable déshonneur de se trouver au chômage, et le cacher à sa famille est presque normal (on voit plusieurs protagonistes le faire de manière naturelle). De même, avoir un travail plutôt humiliant est un véritable drame pour les japonais. En exemple, Ryuhei, le père de famille, se met à nettoyer les toilettes dans un centre commercial. Il fuit littéralement quand il croise sa femme là-bas, par hasard. Enfin, on voit que, dans les sociétés japonaises, c'est la loi du rendement et de l'efficacité qui prime. Quitte à se faire humilier par les recruteurs, Ryuhei leur cède tout pour essayer d'avoir un travail comme il avait avant. 

J'ai trouvé la réalisation plutôt bonne, avec des scènes vraiment bien choisies. J'ai énormément aimé la fin, mais aussi tout ce qui tourne autour de la femme de Ryuhei et le cambrioleur raté. Par contre, petit bémol, une scène m'a parue étrange et aurait été mieux dans le négatif de la chose. Je n'en dit pas plus, mais les résurrections, c'est pas marrant.
Les personnages présentés ont tous plus ou moins les problèmes que chacun peut se targuer d'avoir un jour. Chômage, problèmes à l'école, souci d'autorité, départ d'un enfant, cambriolage... Tout tourne cependant, dans ce film, autour de l'humiliation et la perte de sa fierté. L'honneur est au centre de la culture nippone, vous n'êtes pas sans l'ignorer. Ce film en est un bon exemple.
Enfin, j'aimerai dire que le morceau de piano choisi pour la fin, Clair de Lune de Debussy, était une putain de riche idée. J'adore ce morceau, et ça clôture très bien le film et souligne la complexité mais aussi la nouvelle humilité de la famille Sasaki. Bien joué.
Voilà, en bref, un petit film très sympa, présenté au Festival de Cannes 2009, moi je dis chapeau bas.  

Dragon de Givre, le 07/10/09

Commentaires

Inscrivez-vous ou connectez-vous à votre compte pour laisser un commentaire.

Vous êtes ici