Sanctuary (The)

Sanctuary (The)

Titre original: 
Saam Pan Bohk
Pays d'origine: 
Thaïlande
Genre: 
action
Éditeur français: 
Europa Corp
Date de sortie originale: 
2009
Date de sortie en France: 
2010
Durée: 
82 minutes
Support: 
Cinéma, DVD
Prix: 
4,49€
Bonus: 
making off

Avis

''Hier, je me suis regardé le très décevant Spirit Warrior, le premier film dans lequel Tony Jaa apparaissait. Aujourd'hui, je me suis matté The Sanctuary avec Mike B. présenté comme étant son ''digne successeur'', je craignais le pire. 

Des trafiquants se faisant passer pour des scientifiques, se sont emparés de vases royaux ancestraux. Le jeune Krit, qui était présent lors du vol, va les poursuivre. Il va être aidé par une jeune et séduisante archéologue, qui passait par là.  

Derrière cette histoire de défense du patrimoine national, un scénario assez mince qui sert de prétexte à des combats bien menés. Mis à part les gunfight qui sont plutôt bofs, les chorégraphies des affrontements sont vraiment chouettes, c'est un régal, notamment contre les trois adversaires un peu fous. Et effectivement le petit Mike B se débrouille bien (mais rien n'est sorti avec lui depuis, si l'on en croit les infos d'IMDB).  

Comme je le disais, le scénario est mince, voir mal ficelé. Déjà on ne comprend pas vraiment pourquoi notre jeune héros se lance sur la trace des vases royaux, ça ne nous ai pas expliqué. De même il y a plusieurs invraisemblances, comme le moment où nos deux jeunes héros réussissent à rattraper les pillards, alors que ceux-ci ont beaucoup d'avance. De même le combat sur le toit du 4x4 n'est pas crédible (les méchants sont armés de pistolets, pourquoi ne leur tirent-ils pas dessus, plutôt que d'essayer de les attraper maladroitement ?). La petite ethnologue, lors du combat final, a finalement le dessus sur la femme fatale, armée et entraînée. Et je rajouterai le fait que le jeune ne se demande pas pourquoi son frère est mort. (Cette scène sert juste à expliquer pourquoi notre héros se retrouve avec le médaillon ''magique'', mais on aurait pu imaginer d'autres ficelles scénaristiques). Bref c'est très pas grave, mais mis bout à bout ça commence à faire, d'autant qu'on tique tout de même quand on voit ça. Bref le scénario est vraiment à retravailler.  

Si le scénario est mince, il assène une propagande bien lourdement : Le film commence en 1897, les représentants des Etats-Unis se voient offrir des cadeaux par un représentant du royaume de Siam (si je me trompe pas dans le nom du pays à l'époque). Un siècle plus tard, ce sont encore les Américains qui sont là, pour piller de façon moins déguisée les richesses culturelles du pays. Bref le réalisateur nous montre que les années ont beau passer, l'Oncle Sam a toujours une main mise sur le pays. Que faire face à cela ? L'un des deux héros dit ''J'aime mon pays'', et grâce aux plantes ancestrales, à la boxe ancestrale, et à la religion ancestrale, ils vont réussir à venir à bout des pillards armés de mitraillettes et de GPS. Bref le combat de la Thaïlande contre les Etats-Unis se redouble d'un combat de la tradition contre la modernité. 

Autre élément, le méchant trafiquant, incarné par Russell Wong, acteur américain d'origine chinoise, utilise dans le film un mélange de taishi et d'aikido, autres armes d'envahisseurs historique (la Chine et le Japon). Des ennemis héréditaires, comme le laisse supposer le réalisateur, en nous expliquant que le héros est le petit fils du général qui s'était battu à l'époque pour récupérer les vases, volés par les ''brigands''. Bref le combat continue, d'autant plus que pendant le générique de fin, le méchant, que l'on croyait mort, montre signe de vie par l'intermédiaire des on bras. Il ne faut donc pas baisser le garde, peuple Thaïlandais, ne laissons pas les étrangers nous piller !!Dans le making-of, le réalisateur présente ces deux héros comme étant des ''patriotes''. Tout est dit

A la fin du film, nos héros sont récompensés comme ''Bienfaiteurs de la nation''', la fille se réconcilie avec son père, la propriété (les vases volés) sont revenus à leur propriétaire. On a là le triptyque consacré par Engels : La propriété privée, la famille, l'Etat, tous trois garants de l'ordre capitaliste.  

Le titre original Saam Pan Bohk, fait référence à l'endroit dans lequel se déroule combat final, un endroit somptueux, qui doit également être un trésor national. Littéralement ''3000 trous'', il s'agit d'un espace à la frontière avec le Laos... 

Enfin, j'ai l'impression, que je n'ai pas pu vérifier, que la chanson du générique de fin dit en bouche ''les thaïs ceci, les thais cela''. Bref ça pue le nationalisme.  

En bonus, un "making of" de 7 minutes, dont le message principal est ''allez voir le film'', bref il s'agit d'un film promotionnel. 

Avec The Sanctuary on a là l'exemple parfait du film de propagande : on divertit le peuple, on le fait pas trop réféléchir avec un scénario simpliste et on lui fait entrer deux-trois valeurs nationalistes dans la cervelle à coup de muay thaï. Un film à voir ;)'' 

Docteur Spider, 03/03/13

Avec une trame similaire, un film comme Ong-Bak ne laissait pas un tel arrière goût. A revoir ?  

 

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