Passerby #3

Passerby #3

Titre original: 
Re-in-bo-woo
Pays d'origine: 
Corée du sud
Genre: 
Comédie, drame
Date de sortie originale: 
18/11/2010
Date de sortie en France: 
octobre 2013 (Projeté à la 8ème édition du FFCP)
Durée: 
90 minutes
Support: 
cinéma

Avis

« Après un premier court-métrage, Shave, en 2003, SHIN Su-won réalise en 2010 son premier film sur le thème... du cinéma. Pour moi qui cherche à comprendre dans quel état se trouve le 7ème art en Corée, je me suis régalé. 

On plonge dans les entrailles de la fabrication et on voit tous les impératifs auxquels les scénaristes/réalisateurs doivent répondre : faire un film dans un genre bien défini (comédie, ou action, ou drame...), viser un public large appartenant aux classes moyennes, copier tel film à succès etc. Parfois même, elle reçoit des ordres contradictoires : faut faire plus original et plus commercial ; faut pas mélanger les genres, mais son film drame – fantaisie, c'est accrocheur ; on abandonne le projet, le scénario est pourri passez à autre chose, on abandonne le scénario n°2 un concurrent a fait la même chose, on repêche celui d'avant qu'était pas si mal finalement. 

On comprend alors pourquoi la réalisatrice montre son personnage halluciner, péter des câbles, être emporté par ses rêveries. Tous ces « conseils » sont sous-tendus par une logique : plaire aux investisseurs, faire du profit, être rentable, bref que l'argent rentre. Quelle place alors pour la créativité ?  

La tonalité Passerby #3 est facétieuse, il y a beaucoup d'autodérision. Certains personnages sont complètement perchés, comme ce réalisateur, qui a son bureau à côté de celui de notre héroïne et qui passe ses journées à faire … de la musculation, en attendant que son scénario trouve preneur ! 

De même la mise en scène est hyper recherchée et barrée, surtout dans la première partie du film. Le personnage principal superpose par exemple les images de son scénario sur les images qu'elle a devant les yeux. À un autre moment, les images passent au noir et blanc, les contours des acteurs sont crayonnés, comme si c'était un dessin animé. Régulièrement on voit le script qui apparaît à l'écran : autrement dit on a l'impression que son écran d'ordinateur, c'est notre écran de cinéma

Par contre, à partir du moment où la réalisatrice en herbe trouve un nouveau boulot, que ça va mieux dans sa vie, le film est moins funky. SHIN Su-won fait par ailleurs un excellent choix pour ses musiques.  

Je ne sais pas vous, mais au départ je trouvais le titre Passerby #3 très mystérieux. En fait, on a l'explication assez rapidement : le fils dit à sa mère que dans son film, il veut un petit rôle, celui du « Passant n°3 ». Par contre je n'ai pas noté son explication. Ceci peut sembler anecdotique, mais le personnage principal y reviendra à la fin du film, pour se demander qui elle est, face à cette énorme machine qu'est l'industrie du cinéma. Le titre coréen quant à lui, Re-in-bo-woo, ou plus simplement Rainbow, fait référence à son projet de scénario et au groupe de rock qu'elle interviewe. 

Au final, SHIN Su-won signe un film à la fois drôle, touchant et de qualité, sur les entrailles du cinéma commercial coréen. Vision recommandée. Une réalisatrice à suivre. » 

Docteur Spider, 02/11/13

 

Inscrivez-vous ou connectez-vous à votre compte pour laisser un commentaire.

 

Vous êtes ici