Kashima Paradise

Kashima Paradise

Titre original: 
Kashima Paradise
Pays d'origine: 
France, Japon
Genre: 
Documentaire
Éditeur français: 
Éditions Montparnasse
Date de sortie en France: 
1973
Durée: 
105 minutes
Support: 
Cinéma, DVD
Prix: 
27€
Bonus: 
La maison et le monde, livret conçu par Patrick Leboutte et Yann Le Masson

Avis

"En lisant le résumé en diagonale, j'ai vu qu'il allait s'agir des fameuses luttes des paysans de Narita se battant contre l'extension de l'aéroport de Tokyo. Mon sang rouge n'a fait qu'un tour

Le film commence par une mise au point sur l'état des luttes de l'extrême-gauche contre les capitalistes japonais, en parallèle avec l'expo universelle d'Osaka. Mais le coeur du sujet ce n'est pas Narita, mais Kashima, petit bled paysan, en train d'être industrialisé à vitesse grand V (mis en place d'un combinat). On voit comment la population se prolétarise, comment les petits paysans ont été achetés. La fin du film sert de contre-point pour nous montrer la lutte héroïque des paysans de Narita aidé des étudiants révolutionnaires contre les nervis de l'aéroport et les gardes mobiles (sacrée année 1973 !!). Une lutte qui aura duré 6 ans, contre le "rachat" des terres des paysans.  

L'axe d'approche des réalisateurs, des frenchies, c'est de défaire le mythe de "la société harmonieuse" nous montrant à quel point c'est une construction féodale puis bourgeoise pour matter paysans et ouvriers. Ainsi une grande part est consacrée aux liens de don / contre-don / obligation, le giri, dans les villages paysans, sans cesse présent (mariage, enterrement, construction de maison). L'interdépendance de chacun. Et la même chose pour l'entreprise, où derrière l'harmonie, la modernisation, derrière le "tous ensemble derrière l'entreprise pour la faire fructifier" il y a en fait exploitation humaine ou destruction de la nature. L'harmonie, c'est ce que montre le grand banquet final, c'est quand la classe ouvrière a été matée.  

Le clash de Narita, les barricades, les tranchées, sur un sol lunaire, fait penser à des évocations de la première guerre mondiale en Europe. Mais ici il s'agit de la guerre de classes. En nous restituant ces moments clefs et oubliés de l'histoire de la classe ouvrière, en nous montrant l'hypocrisie des capitalistes qui se cachent derrière l'harmonie, là où il y a lutte de classe, le documentaire fait un très bon travail. Après je l'ai vu j'étais crevé, j'ai piqué 15 minutes de sieste à un moment

Prolétaires de tous les pays, unissons-nous !" 

Docteur Spider, 16/07/10

La même opération militante, la même année, du côté japonais : Toyota, l'usine du desespoir, journal d'un ouvrier saisonnier
Et la guerre de classe en Corée, en 2009 : Before the full moon

Commentaires

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