Jour avec, Un jour sans (Un)

Jour avec, Un jour sans (Un)

Titre original: 
지금은맞고그때는틀리다 - Right Now, Wrong Then
Pays d'origine: 
Corée du Sud
Genre: 
drame
Éditeur original: 
Jeonwonsa Film
Éditeur français: 
Les Acacias (distributeur en salles)
Date de sortie originale: 
2015
Date de sortie en France: 
2016
Durée: 
121 minutes
Support: 
Cinéma

Avis

Film de clôture du FFCP, "Right Now, Wrong Then" (Désormais appelé en France : "Un jour avec, Un jour sans") est seulement le second film d'Hong Sang-Soo que j'ai eu la chance de voir. Si je n'avais pas été totalement conquis par "La vierge mise à nue par ses prétendants", j'ai beaucoup plus apprécié celui-ci, bien plus léger.  

Un film de Hong Sang-Soo semble toujours se composer de la même façon. Une première histoire est racontée pendant la première moitié du film puis la seconde moitié propose la même histoire mais avec des variations. Ici, Chun-Soo drague lourdement la belle Hee-Jeong, ce qui est propice à de nombreuses scènes à la fois comiques et touchantes. Dans la seconde partie, Chun-Soo n'a plus aucun filtre quand il parle. Il se contente d'annoncer ses sentiments avec la plus pure sincérité.  

C'est alors que je m'interroge sur le titre film. Il semble sous-entendre, dans sa forme internationale du moins, que la première partie est la bonne, alors que Chun-Soo y ment comme il respire. Faut-il en conclure que l'honnêteté à la base de la seconde partie n'est pas souhaitable ? Selon Hong Sang-Soo, les deux mondes sont des facettes différentes d'une même situation. L'un n'est pas plus moral que l'autre. Cependant, le réalisateur aime laisser l'interprétation de ses films aux spectateurs.  

Ce qui est assez fou, c'est qu'Hong Sang-Soo n'avait presque rien écrit avant de commencer le tournage. Il avait choisi le lieu (Suwon), il avait contacté les acteurs, mais il n'avait pas grand chose de plus. Les idées lui sont venues en se rapprochant du premier jour. Il se contente d'écrire les scènes au matin, de les proposer aux acteurs et de les laisser improviser.  

Son inspiration lui vient de sa propre vie, de ses propres émotions. Se rapprocher du vrai pour mieux créer la fiction. Ainsi ses personnages masculins sont toujours des réalisateurs, car il s'agit du métier qu'il connait le mieux. De plus il semble calquer le même schéma à ses acteurs : le personnage "Hee-Jeong" est une ancienne mannequin qui s'est reconvertie dans l'art, or l'actrice Kim Min-Hee a elle-même débuté en tant que mannequin.  

Pour en revenir au film, sachez que le rythme y est lent sans être ennuyeux. La grande liberté laissée aux acteurs leurs permettent de trouver leur ton juste. Cette étrange alchimie fonctionne assez bien avec la ville de Suwon, à la fois très urbaine mais très calme. La réalisation contient de long plan séquence où Hong Sang-Soo ne filme qu'avec une seule caméra. Cette méthode pourra ennuyer ou sublimer, en fonction de la sensibilité de chacun.  

Pour résumer, si j'ai plutôt aimé le film, je ne l'ai pas non plus trouvé exceptionnel. Si la démarche est intéressante, le contenu n'a rien de très nouveau. Je le conseille, pour l'expérience, à tous ceux qui veulent voir un film "d'amour", très différent de ce qu'ils ont l'habitude de voir. Hong Sang-Soo mérite que l'on s'attarde sur son oeuvre. Il n'est pas encore disponible en DVD, mais il devrait sortir dans les salles françaises courant 2016. 

Jacen_Likes
Critique du 16 décembre 2015

Commentaires

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