Femme des sables (La)

Femme des sables (La)

Titre original: 
Suna no onna
Pays d'origine: 
Japon
Genre: 
Drame
Éditeur original: 
Toho
Éditeur français: 
Carlotta
Date de sortie originale: 
1964
Date de sortie en France: 
11 Novembre 1964 / 11 Avril 2007
Durée: 
140 minutes
Support: 
Cinéma, DVD
Prix: 
20 ou 50 euros en coffret

Avis

"Un certain nombre d'oeuvres d'Abe Koko, l'auteur de l'excellent Homme-boîte (L'), ont été adapté au cinéma, notamment La femme des sables, qui nous intéresse ici. Le connaissant, je n'ai pas été trop dépaysé par son nouveau concept très bien trouvé : une maison, qui ne prend non pas l'eau, mais le sable.  

Pas dépaysé, pas dépaysé, il faut le dire vite, car je suis sorti complètement chamboulé de cette séance. J'étais tellement plongé profondément dans mes pensées, que ma copine s'est inquiétée pour moi car elle ne m'avait jamais vu dans un état pareil. En effet je m'efforçai de comprendre ce que je venais de voir, quel était le message, comment allais-je pouvoir en faire un article ?  

Le film ressort dans une version longue. Qu'est-ce qui avait été coupé il y a 50 ans de cela ? Est-ce ces corps dénudés qui s'appellent ? Sont-ce ces plans qui ne nous montre que des zoom sur des insectes, ou de sable s'écoulant. Quelle est leur signification ?  

Choisir de changer de référence , permet s'interroger le rapport de l'homme à son élément. Ce film est donc une réflexion sur la condition de l'homme (expression chère aux années 60, n'est-ce pas Monsieur Sartre ?). Ce combat contre le sable qui regagne sans cesse le terrain conquis, n'est pas sans rappeler le héros de Camus, Sisyphe roulant sa pierre en haut de la montagne. Tout ceci semble vain. 

Mais ici nous sommes au fond d'un trou, prisonnier. Après divers tentatives d'évasion, le personnage principal accepte son sort. Le fait qu'il soit privé de liberté lui fait-il perdre son statut d'être humain ?  

Le questionnement sur l'homme est la matière même du film. Ceci se ressent tant au niveau des dialogues, que de ce qui est montré. Notamment des gros plans sensuels sur le corps, en sueur, le sable collé sur la peau. 

La qualité de l'image est impeccable. Le seul reproche que j'aurai à faire à cette ressortie, ce sont les sous-titres blancs, que l'on a parfois peine à distinguer à certains moments, étant sur fond blanc. 

Malgré son concept très fort et sa mise en scène recherchée, il manque à ce film peut être un peu plus d'intrigue. L'auteur a fait le choix de nous montrer une quête intérieure." 

Docteur Spider, 16/04/07

Voir aussi Bête aveugle (La) et Empire des Sens

"La sortie en édition deux DVD apporte son lot de bonus : L'analyse du film met en évidence de nombreux réseaux signifiants, qui permet de bien maîtriser les enjeux du film, une bonne petite biographie d'Abe Kobo, histoire de donner envie de dévorer ses livres et pièces de théâtre, enfin une présentation de Teshigahra, qui donne quelques clefs importantes pour comprendre la carrière et les films du réalisateur. Tout cela expliqué par des spécialistes français, donc fait exclusivement pour la sortie du DVD.
Sur le deuxième disque, outre la version cinéma de La femme des sables, on trouvera les courts suivants :
Tokyo 1958, qui fait un tour d'horizon politique, religieux et économique du japon, en insérant des détails ou des estampes complètes afin d'ironiser sur la situation, ou souligner l'absurdité de la société de consommation
Sculptures de Sofu Vita, complète le docu' sur l'ikebana, puisqu'à nouveau son père est au centre. Il filme les sculptures, er rajoute des bruitages en fond sonore. Pas très palpitant.
Enfin Ako, assez intéressant, qui narre le quotidien d'une fille, entre l'usine et les virées entre amis. L'un pouvant pêtre considéré comme l'échappatoire de l'autre. 

Carlotta signe à nouveau une édition très complète." 

Docteur Spider, 28/12/07

Le coffret Teshigahara comprend également Traquenard (Le) et Visage d'un autre (Le)

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