Enterrement du soleil (L')

Enterrement du soleil (L')

Titre original: 
Taiyo no hakaba
Pays d'origine: 
Japon
Genre: 
drame
Éditeur original: 
Shochiku
Éditeur français: 
Carlotta
Date de sortie originale: 
1960
Date de sortie en France: 
18 juillet 2007 - 15 juin 2008 (DVD)
Durée: 
87 minutes
Support: 
Cinéma, DVD
Prix: 
49,99€ (3 films)

Avis

"J'avais vraiment hâte de voir cet Enterrement du soleil car ça n'était pas sans m'évoquer des thèmes développés par Georges Bataille : le soleil comme figure de Dieu, comme figure de la raison, de la tête, dont il fallait absolument se débarasser. Dans un contexte japonais, comment ne pas également penser à l'empereur, à la nation elle-même ? Le film peut donc s'avérer très ambitieux, et très critique. 

Et le titre du film s'avère en raisonnance avec son contenu. Dans ce bidonville en marge du Japon, on s'interroge sur l'avenir du pays. Celui que l'on surnomme "l'agigateur" enjoint ceux qui l'entourent à se bouger le cul, à bosser, s'ils ne veulent pas que leur pays se fassent bouffer par les Etats-Unis ou la Russie.  

Dans ce bidonville, on vend tout ce qu'on peut, on se débrouille. Deux clans, deux camps vont s'opposer, sur les mêmes conbines (prélèvement de sang) : celui de l'agitateur, et celui du clan Shin'eikai parmi lequel on va suivre le jeune Takeshi entré de force mais qui a du mal à partir. Entre ces deux forces, la belle Hanoko qui essaye de sortir son épingle du jeu.  

Outre l'intérêt de l'histoire, on peut se focaliser sur cet Enterrement du Japon... pardon, du soleil, qui bien que peu thématisé au cours du film (à moins que cette lutte pour la survie de ces "zonards" ou que l'aspect documentaire sur ces bas-fonds soient la manifestation de cet enterrement) revient en force à la fin, puisque "l'agitateur" est pris au dépourvu quand les autres apprennent qu'il vend l'état civil des leurs contre de l'argent. Autrement dit il vend leur identité -ce qui fait qu'ils sont japonais- à des étrangers, juste pour de l'argent. Lui qui a tant glosé sur l'avenir du pays, sur la valeur travail, n'a fait que leur vendre des rêves, puisqu'il n'a fait que ce nourrir sur leur dos. Ainsi la parole politique est une parole de traître. Enfin, beaucoup mourront dans ce bidonville. Le pays du soleil levant avale ses étoiles (cf Les soleils de demain film promotionnel en bonus de Ville d'amour et d'espoir (Une)). 

En bonus "La révolte Nagisa Oshima" (24 minutes) où Yoichi Umemoto, critique de cinéma, nous parle du réalisateur. On en retire pas grand chose, sauf la volonté d'Oshima de s'implanter sur le lieux du tournage pour avoir le feeling de ce quartier défavorisé. 

On retrouve également Yoichi Umemoto dans le livret accompagnant le coffret DVD : 70 pages intitulées "Regards sur Oshima", où l'on peut lire 9 analyses, qui nous disent que le meilleur d'Oshima reste à venir : tout sa production entre cette trilogie de la jeunesse et Empire des Sens

Dans ce film, Oshima nous montre l'hypocrisie des "trente glorieuse japonaises" puisque 15 ans après la guerre, nombreux sont ceux qui vivent encore dans des taudis. Petites magouilles et rivalités entre camps est leur quotidien. Au delà du film de gangster, L'enterrement du soleil est une réflexion intelligente sur le Japon." 

Docteur Spider, 15/07/08

Commentaires

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