Design 7 Love

Design 7 Love

Titre original: 
相愛的七種設計
Pays d'origine: 
Taïwan
Genre: 
Comédie romantique
Éditeur original: 
Red Society Film
Éditeur français: 
Film non licencié en France
Date de sortie originale: 
19 décembre 2014
Durée: 
116 min
Support: 
Vu en festival

Avis

Pour commencer, il me semble utile de préciser que Design 7 Love est le tout premier long métrage taïwanais que j'ai eu l'occasion de voir. En fait, je ne savais pas grand chose de Taïwan si ce n'est qu'on y mange bien et que les grands-parents l'appelait Formose. Je sais également que c'est là que le gouvernement légitime de Chine s'était réfugié devant les armées de Mao, ce qui vaut toujours de vives tensions entre les deux pays. J'étais loin d'imaginer que la Taïwan actuelle proposait un niveau de vie quasiment similaire à celui de la Corée du Sud ou du Japon. Du moins c'est ce Taïwan-là que le réalisateur choisit de nous montrer.  

C'est donc avec l'enthousiasme de la découverte que je suis entré dans le cinéma des trois Luxembourg de Paris. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, c'est tout juste si je savais que le réalisateur Hung-i Cheng est plutôt un habitué de la pub et des clips. Du reste, cette filiation est parfaitement visible à l'écran. Outre le fait que l'action se déroule au sein d'une agence de designers, le réalisateur découpe son film en différents actes, un pour chaque personne. Chacun de ces actes est introduit par une citation qui pourrait être utilisé à la manière d'un slogan de publicité.  

N'étant pas un grand amateur de romance, le scénario n'a pas vraiment constitué pour moi un point inoubliable. Chacun des sept protagonistes a une histoire d'amour qui nous est dépeinte. Une sorte de Love Actually, en plus intéressant quand même. Ce qui a plus retenu mon attention, ce sont les personnages et la réalisation. Les personnages sont hauts en couleurs et j'ai pris un vrai plaisir à les voir évoluer. 

Et puis, il y a la réalisation... que j'ai adorée. J'ai été tout de suite capté par l'image, pas les décors de ce Taipei ultra-urbanisé. Hung-i Cheng choisit régulièrement des cadrages désaxés, un peu différents de ce que j'ai l'habitude de voir, et avec la musique électro cela fonctionne à merveille. Un grand soin a été apporté au son, il dirige, guide, nous perd. La patte de réalisateur de clip se fait sentir. Ce n'est pas en permanence, mais ce sont des touches ici ou là qui apportent un côté rafraîchissant. 

Enfin, Hung-i Cheng brise le quatrième mur, que dire il l'explose. Subitement, alors qu'on se rapproche de la fin du film, on retrouve les acteurs dans le décor habituel, qui jouent leurs rôles d'acteurs. On sent que ce n'est pas du making-of, que c'est tourné, mais cela brouille les pistes. Pire, à la fin, le réalisateur demande à trois acteurs qui la "convoitée" du film doit choisir. Les frontières du films deviennent floues. Comme si le réalisateur voulait nous préciser que tout ça n'est jamais que du cinéma, une sorte de manipulation, qui joue avec le réel.  

Pour conclure, j'ai été totalement conquis par ce film qui m'a donné une vraie envie d'en voir plus sur le cinéma de Taïwan. Si la réalisation n'est pas aussi clinique que celle d'un film coréen, j'y ai trouvé une vraie inventivité.  

Critique du 12 mars 2016 - Jacen Likes

 

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