Deranged

Deranged

Titre original: 
Deranged
Pays d'origine: 
Corée du sud
Genre: 
Catastrophe
Date de sortie originale: 
5 juillet 2012
Durée: 
109 minutes
Support: 
cinéma

Avis

Deranged est classé sur les sites spécialisés en science-fiction et thriller, je m'attendais donc à un film un peu bâtard, du style un thriller dans le futur... 

La Corée connaît une sécheresse sans précédent. Peu à peu, puis de façon exponentielle, on retrouve des cadavres desséchés dans les cours d'eau. Chaque mort a eu le même cheminement : une poussée boulimique suivi d'une soif insatiable. Jae-Hyuk, ancien professeur de fac tombé en disgrâce suite à des placements boursiers hasardeux, qui travaille pour un laboratoire pharmaceutique, découvre que les membres de sa famille ont les mêmes symptômes. Il va être prêt à tout pour les sauver. 

Très vite, on va être fixé : ce n'est pas un tueur en série qui est derrière tout ça, vu que les morts sont dus à une contamination de masse. En fait Deranged a tout du film catastrophe : la population nationale fait face à un mal d'ampleur, on va suivre une poignée d'entre eux, qui, quoi que forts opposés, vont s'unir dans l'adversité, et essayer de racheter leurs erreurs passées : le père n'était pas assez présent chez lui, le frangin a mis le reste de la famille dans la mouise.  

S'il s'agit bien d'un film catastrophe, la menace ne sont pas les méchants extraterrestre ou des météorites, mais un verre parasite mutant, une variété du gordien, qui infecte les gens : le Yeongasi (c'est le titre coréen). Il s'attaque aux fonctions cérébrales et les personnes contaminées n'ont plus qu'une seule pensée : boire. Dans le film, ils sont décrits comme des sortes de zombies, et c'est pour ça je pense que le titre international choisi est Deranged qui désigne des personnes folles. En tant que fan de George Romero, j'ai immédiatement pensé à ce réalisateur, notamment à The Crazies (1971). 

Mais là où Romero se servait de la catastrophe pour dénoncer les crimes de l'armée américaine, ici la critique est d'un autre ordre. Le fond du film est de pointer les magouilles boursières des grands groupes financiers, qui font du profit à tout prix, et qui essayent de faire payer la note à l'état et aux citoyens. Bref il faut vivre dans un système capitaliste plus moral. 

L'autre versant de la critique est complètement réactionnaire : le père doit être un bon père de famille et réussir à concilier ça avec son travail. Le policier doit faire son travail de policier, pas jouer en bourse (qui est le mal, on sent ici les conséquences de la crise de 1997 et 2007). Dernier élément, tous les gens qui sont allés dans les cours d'eau l'été précédant sont infectés. Je me suis alors demandé s'il était légal en Corée de se baigner dans les rivières et lacs. Je vous le donne en mille, c'est interdit. Le film est donc un rappel à l'ordre, d'autant plus qu'il est sorti l'été... 

Le rythme du film est soutenu : le ''destin'' s'acharne sur le personnage principal car le remède lui échappe à chaque fois de peu. Ainsi le suspens est toujours relancé. Dans Yeongasi on n'a pas le temps de s'ennuyer. On regrettera juste que le dénouement soit une chouille abrupt. En tout cas le réalisateur, Park Jeong-woo s'en sort très bien, lui qui est passé du scénario à la réalisation, se cantonnant aux comédies, tendance déjantées genre Attack the gaz station

Deranged est un film catastrophe trépidant. Mais il agit comme un film catastrophe américain mainstream : la catastrophe, le désordre, doit permettre le retour à l'ordre.''  

Docteur Spider, 06/05/13

 

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