Crying Fist

Crying Fist

Titre original: 
Djoumoki ounda
Pays d'origine: 
Corée du Sud
Genre: 
Drame / Sport
Éditeur original: 
Show East
Éditeur français: 
Kubik
Date de sortie originale: 
2005 (1er avril)
Date de sortie en France: 
2005
Durée: 
2h14
Support: 
DVD import

Avis

 

On sait tous avec quel aisance l'incroyable Choi Min-Sik (Old Boy) peut jouer un rôle. Ici c'est celui d'un boxeur qui a tout perdu, et qui se voit jeter par sa femme, quasiment interdit de voir son fils devant qui il n'ose plus se montrer. Le rôle va si bien à notre héros qu'on se demande si il a été taillé spécialement pour lui.
De l'autre le héros du film (Arahan), qui fait dans la supra connerie, un peu comme dans Conduct Matters (dans lequel il joue, fiche à venir), mais dans l'illégale. Il n'hésite pas à agresser avec violence, et à se faire passer pour un caïd "jmenfoutiste". 

 

A priori rien ne lie ces deux personnes si ce n'est la boxe. Car on en vient alors au sport que découvrira notre fouteur de merde en faisant un séjour en prison. Et que notre ancien champion se forcera à repratiquer pour gagner de quoi vivre.
Le réalisateur laisse ici la boxe au second plan pour s'attarder sur les relations humaines. Nos deux personnages principaux ont une vie bien à eux, et aussi pourrie soit-elle, on parvient à découvrir certains moments de joie. 

Tout a lieu autour de la famille. Famille qui n'a aucun sens pour les deux personnages au début du film. Mais plus le scénario avance, plus grande est la merde dans laquelle s'enfoncent les deux protagonistes, et alors plus la famille qu'ils délaissaient et dont ils se moquaient éperdument, reprend de l'importance dans leur coeur. 

 

Cette analyse marque les esprits, et ce film dramatique se veut être une sorte de signal d'alarme, autant pour les jeunes désoeuvrés que pour les vieux dont tout semble terminé. 

Aussi fin que réaliste, Crying Fist est à ce jour, certainement le meilleur film coréen utilisant le sport comme appui et intrigue principale. 

Mika, le 29/03/2006

 

 

« Troisième film que je regarde de Ryu Seung-Wan en quelques jours, après les deux grosses déception que furent No Blood, No Tears (son 1er film) et Arahan (son second film). Au vu du titre et quelques réminiscences, je m'attendais à un film sur la boxe. Mais au vue de la jaquette de l'édition dvd française, avec Ryu Seug-Bom avec ses dreadlocks, je m'attendais à une sorte de film de combat MMA urbain… Verdict ? 

On va suivre deux personnages. Le premier incarné par le greatest Choi Min-sik, est un ancien médaillé de bronze aux JO de 1988, qui après avoir été petit patron, se retrouve complètement fauché et en instance de divorce. Il va décider de devenir punching ball humain afin de soulager le stress des gens, dans une des rues piétonnes de sa ville, histoire de gagner un peu de sous. De l'autre côté, on a le personnage incarné par Ryu Seung-Bom, un jeune délinquant sans envergure, qui de petits rackets, en petits vols, en petits crimes, fini dans une prison pour jeunes. Un des responsable de l'établissement pénitencier décèle en lui une aptitude à la boxe, et celui-ci va s'y mettre petit à petit. 

Ce qui est très fort dans ce film, c'est que ces deux personnages n'ont pas de rapport, et ne risquent pas de se rencontrer. Leur seul point commun, c'est d'avoir touché le fond, et d'avoir une relation plus ou moins distante à la boxe. On les voit galérer, survivre au sens propre, pour se nourrir, ne pas sombrer dans la déchéance, et essayer de garder le peu de famille qui leur reste. Tout au long du film on se demande : vont-ils se rencontrer ?  

Les 2h 10 du film passent sans qu'on s'en rende compte, tant on se laisse porter par les deux personnages. De nombreuses scènes sont déchirantes et m'ont grandement ému.  

La réalisation joue beaucoup dans la puissance du film. Outre la narration, qui fait que les personnages ne se rencontrent pas, il y a un travail de l'image qui est assez surprenant : en soit, elle n'est pas belle, elle a subi un traitement spécial. Le rendu fait que c'est un mélange de surexposition et une certaine fadeur. Est-ce pour montrer qu'il y a un malaise ?  

Il s'agit bien d'un film de boxe. Oubliez les dreadlocks et le MMA Oubliez également ''le style Ryu Seung-Wan'' si caractéristique de City of Violence aux chorégraphies hyper sophistiquées, léchées, orgiaques. Ici, on est vraiment dans approche plus intimiste, où la plupart des combats sont filmés de l'extérieur du ring, ce qui les rend moins ''stylé''. Mais, je vous rassure, ils sont très intenses!

Aussi puissant que le Kids Return de Kitano. Un très beau film, très émouvant.  

Docteur Spider, 27/10/15

De l'autre côté de la mer : Tokyo Fist

 

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