Aniki, mon frère

Aniki, mon frère

Titre original: 
Brother
Pays d'origine: 
Japon, États-Unis, Royaume-Uni
Genre: 
Policier, Yakuza
Éditeur original: 
Shochiku Co., Ltd
Éditeur français: 
TF1 Video
Date de sortie originale: 
2001
Date de sortie en France: 
2000
Durée: 
114 minutes
Support: 
Tv (Arte)
Prix: 
5,32€

Avis

Les films de yakuza ne m'ont jamais intéressé. C'est souvent très violent gratuitement, l'histoire est toujours la même à savoir différents gangs qui vont s'affronter pour dominer quelques territoires etc. Je n'étais donc pas spécialement emballer à l'idée de le voir. Néanmoins, trois éléments m'ont poussé à le regarder. Tout d'abord, Aniki, mon frère a été réalisé par Takeshi Kitano. C'est d'ailleurs lui qui tient le rôle principal. Il a par exemple réalisé Dolls, Violent Cop, Zatoichi et encore Hana-bi, et il a joué dans des films comme Battle Royale et Blood and Bones. On reconnait vraiment le style de Kitano. La caméra est à la fois précise et épurée, mais se permet des scènes qui ne semblent pas digne d'intérêt de prime abord mais qui contribuent à rendre les personnages assez attachants. Il m'est arrivé régulièrement de sourire, toujours grâce à la Kitano's Touch ! C'est un humour tantôt noir, tantôt « tendre », tranchant littéralement avec le propos dur et violent du film. 

Le deuxième point est une petite pointe d'originalité apporté dans le scénario. En effet, Yamamoto, suite à la « fusion » de son clan avec un autre clan, va décider de quitter le Japon pour les USA et rejoindre son frère. Il va alors reprendre son clan et la faire prospérer. Va s'ensuivre de nouvelles guerres de clans mais interraciales, ce qui est assez original puisque que les films de Yakuza se passe au Japon. Tous les codes des Yakuzas vont y passés. Il y a le respect de son chef, la mutilation si l'on est déshonoré, le sens du sacrifice pour le bien du clan, etc. Il n'y a rien de très original là non plus. C'est donc classique, mais assez efficace. Et puis, c'est plus dans la forme que réside l'intérêt de ce film. 

Le dernier point qui est selon moi le plus intéressant est le compositeur de ce film. Ce n'est autre que le génial Joe Hisaishi qui a oeuvré dans des films d'animations des studios Ghibli tels que Mon voisin Totoro, Nausicaä de la vallée du vent, Princesse Mononoke, mais aussi dans le domaine du jeu vidéo (Ni no Kuni). C'est un grand monsieur en somme. En effet, Hisaishi est le « compositeur attitré » de Miyazaki et de Kitano. C'est assez étonnant quand on connait les univers assez opposés de ces deux personnages. A ce niveau-là, je n'ai pas été déçu. Ses compositions permettent de donner une dimension particulière au film, permettant de sublimer la violence, c'est assez fort ! Vos oreilles devraient au moins être comblées. 

Je n'ai pas encore parlé des acteurs principaux de ce film. Il y a évidemment Kitano dont j'ai déjà parlé plus haut, mais il y a aussi Omar Epps que vous avez pu apercevoir dans Dr House principalement (Dr Foremann). Etrangement, parce que je ne m'y attendais pas, leur duo fonctionne bien. D'ailleurs, quand je parle d'humour « tendre », c'est justement lié à leurs scènes où ils s'apprivoisent. On s'amuse bien et on assiste à la naissance d'une amitié dans un monde de brutes. On retrouve aussi Kuroudo Maki qui a joué dans A Scene at the Sea de Kitano et Detective Story. C'est un acteur qui a déjà fait ses preuves. 

Que dire de plus ? En somme, Aniki, mon frère est un film de Yakuza, genre que je n'affectionne pas spécialement, mais porté par le style particulier de Kitano et des composition de Hisaishi. Au final, j'ai trouvé que c'est un film qui se laisse regarder mais les aficionados de ce genre de film et de Kitano devraient vraiment appréciés voir même être aux anges. Ce film fait partie des meilleurs films de Kitano, et je pense que c'est mérité, toujours si l'on apprécie le genre. Pour les autres, à moins d'être curieux, passez votre chemin. 

Par Seraphim, le 24/12/12.

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