A.k.a Serial Killer

A.k.a Serial Killer

Titre original: 
Ryakushô renzoku shasatsuma
Pays d'origine: 
Japon
Genre: 
Expérimental
Date de sortie originale: 
1969
Date de sortie en France: 
2011 (projeté le 28 janvier à la Cinémathèque française)
Durée: 
86 minutes
Support: 
Cinéma, DVD

Avis

"Comme beaucoup d'autres sûrement, je m'attendais à autre chose. Pendant cette séance à la Cinémathèque Française, pas moins de 16 personnes sur 88 ont quitté la salle en cours de séance. Mais s'est-il donc passé ?  

Il faut être attentif au résumé, qui annonce que la théorie paysagiste qui attaque son sujet par un biais très précis : le contexte. Ne vous attendez donc pas à voir des meurtres, ni même des personnages. A peine voit on des êtres humains. La chaire du film sont des petites ruelles, des bicoques, des tournesols, des plans se focalisant sur le derrière des jeunes hommes... Le tout montré par une caméra fixe et contemplative sur un point fixe, ou par des travellings, ou des mouvements de caméra à 360 degrés. Le tout servi par de la "musique expérimentale" aka râle de saxophone. Bref rien de vraiment marrant. Ajoutez à cela que le narrateur n'est pas pressé de raconter son histoire, il se passe beaucoup de temps avant qu'il n'y ait un changement de lieu. On a le temps de décanter. 

On va donc suivre le parcours d'un individu, un homme anodin, vivant de petits boulots, en en disant le moins sur lui, en faisant parler le paysage. Ainsi Aka serial killer est un anti-documentaire : pas de biographie, pas de portait, pas d'images d'archives, pas d'efficacité.  

Masao Adachi ne traite que des déplacements de son serial killer, on nous dit qu'il met la main sur une arme, et "bon ba voilà, un jour il s'est fait arrêter pour le meurtre de 4 personnes." C'est un parcours au sens strict, purement géographique. Ça rappelle Fernand Deligny et ses "lignes d'ère", ses lignes d'errance : Notre parcours en dit long sur qui on est. Ici, notre homme est sans cesse en déplacement , il vit de petits boulots dans tout le Japon. On ne connaît pas sa motivation à changer de lieu, on suppose qu'il fuit un nouveau cadavre, mais le déplacement est en tout cas signe de précarité, que sa situation n'est pas stable, qu'il n'est pas fixé à un lieu. Est ce à dire que les pauvres sont tous des criminels ?  

En fait La théorie paysagiste de Masao Adachi, ce n'est pas le déplacements, mais le décors, figure de domination. Et là j'ai plus de mal à saisir de quoi il en retourne.  

L'image est très peu contrastée, assez blafarde.  

Si on ne s'endort pas et si on ne quitte pas la séance, c'est un film qui interroge." 

Docteur Spider, 28/04/08

Voir aussi Déclaration de Guerre Mondiale de l'Armée rouge et du Front Populaire de Libération de la Palestine du même réalisateur

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