King of Pigs

King of Pigs

Titre original: 
Dwae-ji-ui wang
Pays d'origine: 
Corée du Sud
Genre: 
Drame
Éditeur français: 
Spectrum Films
Date de sortie originale: 
2011
Date de sortie en France: 
17 décembre 2016
Durée: 
97 minutes
Support: 
DVD
Prix: 
19,99€
Bonus: 
Interview - Bande-Annonce

Avis

''Par où commencer ? King of Pigs est un premier long métrage d'animation, très noir, très dur, pour un public averti. Il est assez éloigné de Dernier Train pour Busan, le dernier travail de Yeon Sang-ho. 

Le film commence par les retrouvailles de deux anciens amis après bien des années, alors que pour chacun, la vie semble être dans l'impasse : Kyung-min vient de tuer sa femme, et Jong-suk est une sorte d'écrivain raté qui passe ses nerfs sur sa compagne. Ils vont se remémorer leurs années collège autour d'un verre. La nostalgie n'est pas vraiment au rendez-vous. 

Ces retrouvailles et ce flash-back sont l'occasion pour le réalisateur, de décrire la violence de la société coréenne, aussi bien dans les relations de travail qu'à l'école. Par exemple, on a l'impression que les relations entre élèves fonctionnent dans le cadre d'un système mafieux : les élèves lambda se font brimer par des petites frappes qui doivent ''faire régner l'ordre'' dans la classe. Si ça ne marche pas bien, les petites frappes se font cogner par les grands de la classe supérieure et ainsi de suite. Les deux adultes vont ainsi se remémorer du moment où Kim Chul, une tête brûlée va débarquer au collège, et s'affronter aux caïds de la classe. Ces gamins vont-ils prendre leur revanche ? Changer ? Réfléchir ? 

En tout cas ils vont développer une vision du monde, en terme de chiens domestiques et de... cochons. Les chiens domestiques, ce sont les dominants, qui ne travaillent pas et se ''servent sur la bête''. Les cochons se sont ceux qui ne pensent qu'à accumuler toujours plus, à devenir ''gros'' et qui veulent être comme les autres. Ces derniers servent de punching ball aux chiens. On comprend alors qu'être King of Pigs n'est pas forcément un titre très enviable. Et en dessous de tout, il y a les « imbéciles » ceux qui n'ont rien et qui se privent. Ce que montre le réalisateur, c'est que l'on vit dans un monde très inégalitaire, et que les pauvres ont beau se tuer au travail, ils ne deviendront jamais riches. On est donc à 100 lieux du mythe du self made man

Au moment où je me faisais la réflexion que le film tirait en longueur, aussitôt après il y a une avalanche de révélations qui permettent au film de finir ''en beauté'' (abstraction faite de sa noirceur évidemment). C'est là que je me suis dit que le réalisateur s'en tirait vraiment bien : même si l'animation est rudimentaire, il a un bon sens du rythme, de la narration, les scènes de combat sont réussies, et le design des personnages fait mouche. Surtout le film est prenant.  

En bonus, Julien Seveon revient un quart d'heure sur l'histoire de l'animation coréenne, la filmographie du réalisateur, la production et réception du film. C'est instructif.  

Au final, King of Pigs est une claque dans la gueule. Il fait réfléchir au sens de la vie, et m'a donné envie de voir les autres films d'animation du réalisateur. Bref, on en redemande !''  

Docteur Spider, 03/01/17

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