Belladone de la Tristesse (La)

Belladone de la Tristesse (La)

Titre original: 
La sorcière - Kanashimi no Belladonna
Pays d'origine: 
Japon
Genre: 
Tragique, fantastique, érotique, expérimental
Éditeur original: 
Columbia pictures
Éditeur français: 
Arte
Date de sortie originale: 
1973 (2004 en DVD)
Date de sortie en France: 
1975
Durée: 
1h30
Support: 
TV, cinéma, DVD
Prix: 
50€

Avis

"Ce film fait partie d'une triptyque d'animation nommée Animerama, composée de trois films dont les deux autres sont Senya Ichiya Monogatari et Cleopatra.
Le film qui nous concerne ici adapte l'essai romancé de Jules Michelet La sorcière dans lequel il développe toute une réflexion sur la persécution de la femme en tous temps à travers l'une d'entre elles: la sorcière. Enfin, ne cherchons pas l'oeuvre historique dans ce film...

Belladonna nous présente une femme pure qui sombre dans la déchéance et qui ironiquement ne trouve son salut que dans les bras de l'enfer en fricotant avec l'obscurantisme des démons qui sont les seuls à la réconforter de son sort.
Il faut d'abord savoir que le film est empli d'allusions et de scènes sexuelles souvent explicites mais attention, on ne tombe jamais dans le registre de la pornographie grossière. Le thème de la luxure y est récurrent. Par ailleurs, certaines scènes sont très violentes. Ce film a été réalisé pour un public adulte et une fois qu'on a vu le film, on ne peut que le recommander à des téléspectateurs avertis en effet, rien que par le viol de Jeanne. Les images sont très stylisées mais n'atténuent en rien la violence. Toutefois, ce n'est pas seulement en cela que le film est destiné aux plus grands. La trame ainsi que l'aspect graphique font que beaucoup n'apprécieront pas forcément ce film. 

Pour ma part, je suis toujours curieuse de regarder des films insolites tels que celui-ci. Mais j'admets demeurer plus ou moins séduite. Tantôt envoûtée par ces images fixes d'abord qui pourtant semblent bouger et mouvantes après, tantôt ennuyée par ces images qui peuvent se montrer parfois mornes, cela variait d'un moment à l'autre. Mais j'ai quand même fini par prendre goût et me laisser porter par le film. On frôle souvent le cinéma expérimental avec certaines séquences qui tendent même vers l'abstraction. Je trouve que le film jongle habilement entre scènes narratives et scènes purement illustratrices. On ne pourra reprocher la qualité des images fournies, les dessins sont très beaux.
Le seul moment qui m'a déplu se situe au milieu: le film pète complètement un câble en nous montrant un kaléidoscope de divers éléments appartenant à l'époque précédant la réalisation du film: les années 60 et l'explosion du psychédélisme. C'est un instant totalement anachronique qui arrive comme un cheveu sur la soupe à mon goût. L'équipe technique avait envie de se défouler ou quoi? Parce que je ne vois absolument pas ce que ça apporte à part la revendication du goût pour la forte tendance psychédélique de l'époque. Que son influence ressorte dans le graphisme du film ne me dérange pas, bien au contraire, mais il n'est nul besoin d'en preuve ainsi, car toute le reste du film en est imprégné quand même et naturellement ai-je envie de dire. À moins qu'il y ait un message dissimulé derrière ça: Jeanne transcende le temps, le mouvement psychédélique tirerait sa source de Jeanne? Toutes mes hypothèse ne tiennent pas vraiment la route. Bref, pour moi, ils auraient pu nous dispenser de cette séquence. Mettons-la donc à part.
Ensuite, n'oublions pas que le film reste une oeuvre narrative, qui nous conte donc une véritable histoire dont la tonalité triste ne laissera pas de marbre. Le tragique du film est saisissant du début à la fin car Jeanne est un personnage charismatique très attachant et touchant. Le seul moment où la joie domine est celui de la débauche totale et du satanisme, le sabbat. Plutôt ironique que seul l'imppie ait apporté le sourire
Saluons enfin le travail musical remarquable qui prend une place cruciale dans le film. Les morceaux sont soit du Jazz, soit de la Soul soit du Classique, soit de la Trance psychédélique (et là elle est bien avenue) qui accompagnent ou guident magistralement les scènes du films. J'aurais beaucoup aimé me procurer la B.O. du film mais elle fut sortie en disque vinyle, et vue son ancienneté c'est mission impossible à se procurer, d'autant que le film demeure assez méconnu car apparemment il n'aurait pas eu beaucoup de succès à l'époque. 

Que retenir dans tout cela? Un film érotique, triste et très riche. C'est dommage que son audience n'augmente que quarante ans après sa sortie, à l'occasion de l'édition en DVD au Japon. Ce film m'aura vraiment marquée, il vaut vivement d'être vu car il a quelque chose d'ensorcelant. Il m'a par ailleurs donné envie de lire le livre original." 

Hanoko, film vu le 27/01/08, revu deux fois en 2011 et en 2013

Si vous avez aimé cette oeuvre, 1001 Nights pourra vous plaire aussi.
Ce film aurait influencé le design de Gankutsuou. Ça ne m'étonnerait pas que les Clamp s'en soient inspirées aussi.

Hanoko

Wallpapers

Commentaires

Inscrivez-vous ou connectez-vous à votre compte pour laisser un commentaire.

Vous êtes ici