Japan Music Party 12/11: Jam Project & Siro-A [interview]

Japan Music Party 12/11: Jam Project & Siro-A [interview]

L'un des événements pas forcément le plus médiatisés mais parmi les plus importants pour les fans d'anime a été cette Japan Music Party. Kesako? Un week-end, celui du 12 et 13 novembre 2016, à la Cigale (Paris) où se sont produits les deux soirs sur scène Jam Project, le célèbre groupe de chanteurs de génériques, Siro-A, des danseurs, et Flow, groupe de rock très connus aussi dans le domaine des Anison (Anime Songs). Organisé par Amuse Lantis Europe, ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de voir dans de véritables salles de concert françaises des chanteurs japonais!
Ils étaient déjà venus en France il y a huit ans pour Chibi Japan Expo. C'est donc un retour par la grande porte cette fois qu'ils ont fait dans notre pays! Et pour marquer le coup, Shoshosein a eu l'occasion de rencontrer en interview les membres de Jam Project le samedi 12 novembre en début de journée.

 

Interview Jam Project

Shoshosein: Dans quel contexte s'est formé le Jam Project, comment vous êtes-vous dit « on va faire un groupe avec des tas de chanteurs épiques? 

Hironobu Kageyama: le groupe s'est formé à l'initiative d'une figure légendaire des Anison, Ichirō Mizuki, pour redonner sa puissance aux Anison qui perdaient un peu d'impact par rapport à la J-Pop. Le but est de faire des chansons qui sont typiquement des Anison. 

Shoshosein: Comment vous est venue à chacun la vocation de chanter des génériques? (les chanteurs ont un rire en entendant la question

Maasaki Endoh: Je faisais partie d'un groupe de musique qui ne marchait pas très bien et comme j'appartenais à la même boîte de production de M. Kageyama, le chef de notre boîte de production m'a sollicité pour chanter des Anison avec lui. 

Masami Okui: J'ai commencé en tant que choriste pour une chanteuse de J-pop et parallèlement, j'ai a fait un duo avec la doubleuse Megumi Hayashibara, le chef du label pour lequel je faisais des chansons d'animes m'a proposé de chanter des anison pour Jam Project. 

Hironobu Kageyama: Je suis dans le milieu depuis quarante ans maintenant. À un moment, rien ne marchait vraiment dans ma carrière qui était au plus bas, je pensais alors partir et tout arrêter. Mais j'ai eu l'occasion de chanter le générique du tokusatsu Dengeki Sentai Changeman et c'est ce qui a vraiment sauvé ma carrière et ma vie. Depuis, je suis complètement investi dans l'anison.

Hiroshi Kitadani: J'étais un chanteur de J-pop mais les groupes auxquels j'appartenais n'avaient pas beaucoup de succès. Ma rencontre avec le chef de ma boîte de production a permis de relancer ma carrière. 

Yoshiki Fukuyama: J'ai démarré ma carrière en 1991, je faisais partie d'un groupe de musique qui faisait beaucoup de reprises mais cela ne fonctionnait pas trop. C'est en chantant pour des anison pour Macross 7 que je suis entré dans cet univers. Depuis, j'ai chanté plus de trente chansons pendant quatre ans pour Macross.

Shoshosein: Choisissez-vous les séries et animes pour lesquels vous faites des génériques ou bien s'agit-il principalement de commandes des chansons ? 

Hironobu Kageyama: Nous avons beaucoup de commandes où on nous indique le thème, le style de musique, le type de paroles, etc. 

Shoshosein: Cela vous arrive-t-il que vous ayez des commandes dans lesquels on vous laisse carte blanche, on vous dise « Éclatez-vous! » 

Hironobu Kageyama: oui ça nous arrive aussi! 

Shoshosein: Quel est l'anime ou la série sur laquelle vous avez préféré travailler chacun? 

Yoshiki Fukuyama: Maccros 7. 

Hiroshi Kitadani: One Piece, sur la chanson “We are” qui est très populaire 

Shoshosein: effectivement, tout le monde la connaît par coeur!

Hironobu Kageyama: Dragon Ball Z pour “Cha-la-Head-Cha-la”

Masami Okui: Utena, la fillette révolutionnaire, ça a été un gros défi pour moi car on m'a beaucoup demandé de réécrire la chanson pour qu'elle convienne le mieux à la série.

Maasaki Endoh: la série de Yūsha Ō Gaogaigā avec la chanson “Yuusha-Oh Tanjou!”. Dans cette chanson, les paroles qui font « Ga Ga Ga » ne veulent rien dire et c'est très amusant à chanter. D'ailleurs par la suite, on m'a souvent demandé de réaliser d'autres chansons de ce type, qui n'ont aucun sens.

Shoshosein: Quel regard portez-vous sur l'industrie de la création musicale pour l'animation japonaise et de son évolution à travers le temps ? 

Hironobu Kageyama: Avec le temps, les technologies et les techniques d'animation se sont énormément développées, les séries sont devenues beaucoup plus dynamiques. Pour suivre cette évolution, nous composons des musiques plus rapides et bien plus hard rock qu'avant pour qu'elles aillent mieux aux animes d'aujourd'hui. 

Shoshosein: Merci beaucoup ! 

Ainsi s'est achevée notre interview. Nous avions mille et une autres questions à leur poser, mais le temps était très limité, même pas le temps pour des photo. C'était malgré ça déjà une très belle occasion d'avoir pu les rencontrer. 

 

Spectacle de Siro-A et concert de Jam Project

 Pour la soirée, place donc au spectacle. La première partie était faite par le groupe des trois danseurs Siro-A. Je n'avais jamais entendu parler d'eux, mais ce fut une expérience unique.  

Je ne vais pas trop m'étaler pour ne pas vous gâcher la surprise si jamais vous allez les voir en représentation sur scène, juste vous donner quelques mises en bouche. Siro-A, en plus de chouettes démonstrations dansantes, nous ont impressionnés encore plus que le très riche jeu de lumière qui n'accompagnaient pas mais faisaient partie intégrante de leur show. Ils ont jouaient avec les images projetées tantôt sur une toile qui faisait la largeur de la scène, tantôt sur eux-mêmes. 


Une image provenant du web similaire à une partie du spectacle que nous avons vu. De l'endroit où j'était placée, ça ne rendait pas bien en photo

 

 

Leur spectacle ne manquait pas d'humour ni de vivacité et pas mal de références cinématographiques qui nous ont agréablement surpris. Leur créativité débordante a rendu cette première partie magique. Cerise sur le gâteau, une interactivité accrue avec le public qui a vraiment pris part à la fête! C'était vraiment cool, si c'était à refaire rien que pour eux, je n'hésiterais pas. 

Puis deuxième partie, le gros morceau avec Jam Project

Entrée en fanfare avec l'opening de One Punch Man, "The Hero!!", il n'en fallait pas plus pour réenflammer la scène après l'entracte. Ensuite ils ont enchaîné avec les solos de chaque membre, qui chanté chacun deux ou trois chansons parmi leurs plus emblématiques. Certaines s'adressaient à un public mûr qui connaît de vieilles série, mais l'audience de geeks/otakus répondait présente! Tonnerre d'applaudissements pour chaque chanteur qui avait une patate à toute épreuve et qui sont ensuite revenus chanter ensemble. Il y avait une véritable communion entre les artistes sur scène et le public qui nous faisaient vraiment croire à une big teuf entre potes de toujours, c'était génial! 

Bonus pas des moindres, les musiciens qui accompagnaient le groupe, guitariste et batteurs ont eu droit à un petit solo chacun, parce que oui, Jamp project, ce sont aussi tous les musiciens qui jouent pour eux! 

Le concert s'est terminé sur un inévitable rappel du groupe qui nous a rejoué "The Hero !!". Après nous avoir montré une pêche d'enfer sur scène, ils nous ont chaleureusement remerciés pour notre entrain et ont été très heureux d'avoir pu jouer ici grâce à Amuse Lantis, qui a perdu un premier crucial de la musique japonaise et des Anison sur les scènes française. Chacun des chanteurs a adressé un message au public. Pour l'anecdote, Masamu Okui avait une voix normale, voire très grave alors que sur scène c'était la jouvencelle en elle qui parlait ;). 

Et une salutation finale avec les musiciens et Siro-A! 

 

Bref, un concert de folie, la découverte de danseurs atypiques, des artistes à voir sur scène absolument! En plus des petites salles comme la Cigale sont un cadre idéal pour des concerts, on ne se marche pas dessus, tout le monde peut voir les artistes. Mon seul bémol irait à la sono qui était trop saturée, on ne profitait pas bien des instruments qui paraissaient embrouillés à cause de ça. Mais pas de soucis pour les voix.
En tout cas, ça faisait bien longtemps que nous attendions des événements comme celui-ci. Il y a bien sûr déjà eu plusieurs concerts d'artistes japonais dans de vraies salles, mais de manière assez sporadique. De plus, le fait que celui-ci ait lieu pile un an après la tragédie du Bataclan est d'autant plus symbolique, la venue d'artistes étrangers chez nous est le meilleur message de soutien possible!
Bref, trève de dramatisation =p, rendez-vous à l'article suivant pour l'interview Flow et le deuxième concert de ce week-end

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