Hanoko - Vendredi 07 février 2020, à 23:01

Interview de Loiki Nihon, scénariste du manga O.S.E.

Alors que la sortie du tome 2 d’O.S.E. - Overcome . Survival . Experience approche, ShoShoSein vous propose de découvrir la genèse de ce manga à travers l’interview de son scénariste, NIHON Loiki.

 

ShoShoSein : Parle-nous un peu de toi, de ton parcours, de comment tu en es venu aux mangas

Loiki Nihon : Je m’appelle Loiki Nihon, j’ai trente-quatre ans. J’ai commencé dans l’univers du manga chez Soleil, j’avais créé un jeu par rapport à une œuvre littéraire japonaise de TAKAMI Koshun et TAGUCHI Masayuki qui se nommait Battle Royale, qui a fait le tour des salons, Japan Expo, Paris Mana, Japan Addict et tant d’autres. De là, j’ai une carrière dans le domaine du jeu de 2002 à 2012 à peu près. Après je me suis lancé dans un projet dans lequel j’avais commencé à travailler, OSE, mais ce n’était pas ce nom-là à l’époque. Je me suis aussi lancé dans une carrière de joueur professionnel dans l’E-sport, avec Metal Gear Online de Hideo Kojima et Umbrella Corps de Capcom. J’ai été déclaré en 2017 à la Paris Games Week en tant que joueur d’eSport et quand Hideo Kojima a quitté le navire de chez Konami, en février 2018, il a dit qu’il arrêtait Metal Gear avec le message : « place aux jeunes ». Cela m’a fait réfléchir sur OSE, que j’avais commencé à écrire depuis 2003 en échafaudage, en préparation, et ça a été déclencheur. J’ai arrêté les jeux vidéo et de créer des projets qui ressemblaient à des œuvres existantes japonaises. Comme on m’avait dit chez Soleil, c’est bien de faire des jeux de type Battle Royale, mais tout ce qui est japonais doit rester japonais. Il faut créer ses propres choses, prendre des risques pour soit se prendre un mur, soit créer de belles choses. De là, j’ai recontacté Shaos, que j’avais rencontré en 2007 grâce à Guillaume Dorison alias Asenka de chez J-One. De 2007 à 2016, on entretenait des rapports amicaux. En 2016, Shaos m’a parlé d’une anecdote de 2012. Il me disait : « je prévois de de travailler sur un projet et j’aimerais que tu me parles du tien, car en 2012 tu m’avais filé un coup de main pour mon déménagement alors que j’attendais rien du tout. J’apprécie ta façon de penser et j’ai envie de jeter un coup d’œil pour voir si on pourrait travailler ensemble ». Je lui ai répondu de me laisser quelques années de préparation et en 2018, je lui ai présenté mon concept. Il a flashé dessus et on a travaillé ensemble, on a créé OSE tome 1 grâce à un Ulule et un éditeur, tarTaMuDo qui a voulu croire au projet contrairement à beaucoup d’autres grosses maisons d’édition qui l’ont jugé de manière très froide, qui ont dit que ça marcherait jamais ce concept. Au final, cette petite maison d’édition mais grande de cœur qui n’éditait que de la BD franco-belge, a voulu y croire, un peu comme JK Rowling qui a commencé son parcours comme ça. On n’a pas la prétention d’être comme Harry Potter, mais c’est marrant de voir comment l’histoire se répète dans le sens où le début a été très laborieux mais aujourd’hui on vit une très belle aventure.

 

SSS : Quand tu as commencé à élaborer l’univers d’OSE, quelles autres formes envisageais-tu, qu’est-ce qui t’a poussé vers le manga ? Est-ce par le biais de Shaos ?

LN : Shaos est ingénieur informatique de métier et dessinateur en autodidacte, il a été professeur à Eurasiam. Pour quelqu’un sans diplôme d’art, je trouve que c’est quelqu’un d’incroyable dans sa façon de dessiner, qui est passionné et très juste dans ce qu’il fait. Il a regardé le projet en voulant apporter sa pierre à l’édifice. Il ressort de Holy Wars, clôturé sur un tome et malheureusement il n’y aura pas de suite, il a été sollicité par beaucoup d’auteurs mais il cherchait un projet avec des valeurs. Il ne cherchait pas la forme du produit ou sa déclinaison en jeu vidéo, jeu de plateau ou autre. Quand j’ai commencé OSE en écriture – je ne vais pas révéler comment ce projet est arrivé, je le révélerai dans quatre tomes – j’ai travaillé sur une saison 1 de 2003 à 2007 et les autres saisons sont arrivées en 2012, 2014 et 2016. Quand j’ai commencé OSE, un peu comme One Piece d’ODA Eiichirô, il y a un chemin de prévu, il y a également des déclinaisons de prévues. Par rapport à une demi-saison de manga, il y a une première partie de tome, un peu comme Harry Potter les Reliques de la mort qui est en deux parties. À la moitié de la saison 1 de OSE version manga sortira le première partie du roman OSE saison 1. Quand la première saison d’OSE en manga sera terminée, il y aura la deuxième partie du roman Ose saison 1. J’écris le manga et le roman de façon différente, la trame narrative reste la même mais certains personnages seront différents, des phobies aussi seront totalement différentes, des épreuves différentes, des fins différentes, des passés différents, des secrets différents, et j’ai développé en parallèle - comme je l’ai dit dans la première partie de l’interview, parce que je ne laisse rien au hasard dans ce que je fais et ce que je dis, je disais que j’avais créé un jeu Battle Royale sur l’univers du film, du roman et du manga – des jeux OSE, que ce soient des jeux papier, des jeu tablette ou mobile voire même des jeux vidéo. Pour le projet OSE, pour y arriver, il va falloir sacrifier et travailler.

SSS : Donc dans le projet initial, la première idée était de faire un manga ou directement divers supports ?

Loiki Nihon : divers supports.

 

SSS : Qu’est-ce qui t’a orienté vers du financement participatif pour créer ton manga plutôt que la voie classique de démarchage d’éditeurs ?

LN : Déjà il y avait eu la première douche froide auprès des gros éditeurs. De là je suis allé voir mon éditeur de chez tarTaMudo, José Jover, qui m’avait dit : « Loiki, je te propose un marché : tu testes sur un Ulule un dossier de présentation au public. Les éditeurs ont le pouvoir certes mais le vrai succès d’un produit, ce sont les gens ». Comme je ne peux pas avoir un œil juste sur le projet puisque je suis totalement dedans, je vais demander l’avis de gens extérieurs. J’ai monté le dossier avec Shaos, on a demandé de l’aide à des gens de l’édition, qui ont fait le montage vidéo et quand on a lancé la campagne Ulule, on ne s’attendait pas au résultat. On a demandé trois mille euros, on a atteint presque six mille six cents, soit deux cents pourcents de la somme et les retours des gens étaient ultra positifs. Dans les contributeurs il y avait de tout, des belges, des luxembourgeois, même des États-Unis et du Canada. C’est incroyable, avant même que le manga sorte il y avait des gens un peu partout qui voulaient donner leur force au projet. Je me suis dit que Ose ne m’appartient pas, ce serait une grosse erreur de le dire, ce serait avoir un égo surdimensionné. Au contraire, le projet appartient à tout le monde. Le résultat est quand Ose est sorti, il y a eu une grande histoire qui a démarré.

 

SSS : Comment s’est fait ton contact avec tarTaMuDo, une petite maison d’édition n’ayant pas fait de manga auparavant, comment les as-tu connus ?

LN : Je les ai démarchés comme la plupart des grosses maisons d’édition, j’ai essayé de voir avec José qui était à l’époque un ami de mon père, lequel était illustrateur. Il n’a pas fait de carrière artistique, il a commencé par des illustrations telles des fanions des Lions Indomptables de l’équipe [de football] du Cameroun en 1996. Mon père et ma mère ont fait un sacrifice, ils ont décidé d’arrêter leur carrière artistique pour fonder une famille, soit avoir mon frère et moi. Mon père et José se sont séparés, en tout bien tout honneur. Mon père qui connaissait le potentiel d’OSE m’a dit qu’on allait voir ce qu’en pensait José, mais il lui a demandé de donner son avis en tant qu’éditeur et non en tant qu’ami. José m’a posé plein de questions, sur les incohérences scénaristiques, les dessins, les détails techniques; quand il a vu que le dossier était béton, il a dit « on va voir avec Ulule ce que ça donne ». Résultat, il soutient maintenant le projet à fond et il veut tous les tomes.

 

SSS : Comment se répartit le travail entre vous, Shaos, et vos assistants ? Comment avez-vous recruté vos assistants ? Par un appel d’offre, un concours, des connaissances ?

LN : José est également jury dans une école en arts nommée Lycée Jean Trubert, en région parisienne. Comme on était en retard – comme pour le tome 2 – on a nécessité l’aide d’assistants. On a lancé des candidatures, on a voulu voir ce que propose la jeunesse française. Comme on a un projet qui va être commercialisé, ça peut être une opportunité pour des gens de travailler avec nous, qui ont envie de se lancer ou qui ont peut-être eu des échecs avec des éditeurs. Ça permet d’offrir la chance à des gens qui n’ont jamais fait de projets de manga avant de pouvoir avoir un nom dans un manga et de pouvoir après voler de leur propres ailes, pour y arriver et faire leur projet plus facilement. Ça ne remet aucunement en question leurs capacités de dessinateur ou de scénariste mais on voudrait leur offrir notre force par ce biais-là. Quoi qu’il arrive, tout le monde était gagnant dans cette façon de faire. Suite à cela on a recruté quatre assistants, trois filles et un garçon, qui ont adoré travailler avec nous, on a créé une équipe, Team OSE, on avait chacun notre rôle. Le scénariste, moi-même, Shaos le dessinateur, le maître d’œuvre et après chacun et chacune avaient leur rôle de tramage, de lines, d’encrage. Ce qui est intéressant, c’est que c’est comme un corps avec la tête, le cerveau, les membres et on ne peut pas amputer, on appartient tous à un même corps qui s’appelle OSE.

 

SSS : La réalité virtuelle et les mondes alternatifs sont des thèmes très chers aux mangakas. Est-ce que des œuvres telles que la série des .hack ont pu t’influencer ?

LN : Forcément, tu viens de citer .hack//SIGN, qui est précurseur dans l’isekai évidemment. Mais dans d’autres domaines, il y a eu d’autres choses qui ont pu ressembler, il y a eu eXistenZBlade Runner, il y en a eu plein. Je suis fan des films des années 80, tout ce qui est John Carpenter, Stephen King, j’ai eu vraiment une éducation à l’ancienne même au niveau de la musique des années. J’écoutais du Queen, du Mickael Jackson, du the Doors quand j’étais jeune – maintenant j’ai trente-quatre ans, je commence à être… Voilà  – les influences d’OSE ne viennent pas du tout de .hack mais d’autres mangas. Je vais commencer par citer le Club Dorothée, je n’ai pas connu Récré A2 malheureusement mais j’ai réussi quand même à avoir un sacré parcours avec le club, avec Nicky Larson, dont on peut voir dans OSE que le dessin est très HOJO Tsukasa, on est fan et on voudrait le remercier pour nous avoir apporté énormément. Parce qu’une certaine politicienne dont on ne citera pas le nom a dit que les mangas ça rendait abrutis et violent.

SSS : On a bien vu que tu prenais ta revanche sur elle dans le tome 1 d’OSE, mais une revanche gentille !

LN : Voilà ! Ce petit clin d’œil montre que grâce à des mangas tels que Nicky Larson, l’École des Champions, deuxième manga/anime que j’adore. Je n’ai pas connu Captain Tsubasa, malheureusement/fort heureusement, mais j’ai pas pu avoir ce privilège. J’ai connu l’École des champions qui m’a beaucoup appris sur le côté construction de personnages sombres. On peut prendre le cas de Cesare, qui a connu la misère et qui veut se battre pour ne plus jamais retourner dans le malheur. Eric vient d’une famille riche, qui lui veut être le meilleur car il a un égo surdimensionné, ce qui me rappelle ma carrière dans l’E-sport dans un certain sens, même si j’ai essayé d’apporter le meilleur aux gens, mais je me suis rendu compte que je me suis fourvoyé un peu comme Eric. Au final, j’ai fait comme lui, j’ai pris une claque pour repartir à zéro, pour me créer mon vrai moi. Ensuite, Death Note, un manga incroyable pour moi, c’est de la psychologie, c’est un jeu d’échec et je vais rebondir sur deux autres mangas, Gantz et Battle Royale. Battle Royale c’est le premier manga ou plutôt film, j’ai connu le film Battle Royale de Kinji Fukasaku avant le manga, qui est mort pendant le tournage de Battle Royale II, c’est son fils qui a pris le relais. Et j’ai même lu le roman Battle Royale de chez Hachette, traduit par Patrick Honoré, je suis un grand fan de Battle Royale et aussi Gantz. Gantz le concept c’est que quand on meurt on va dans une salle et il faut tuer des extra-terrestres. C’est marrant, par rapport au déclencheur d’OSE, mon truc c’est plutôt les phobies. La peur c’était quelque chose que j’avais quand j’étais enfant et adolescent, j’ai appris grâce à Ose à comprendre mes peurs. La sixième chose qui m’a appris à créer c’est le Dictionnaire des phobies de Didier Rougeyron qui est un professeur d’université à Lyon, qui donne des conférences sur les phobies. Du coup j’ai étudié le dictionnaire et j’ai créé toutes les épreuves dans OSE, un peu comme Fort Boyard, mais en un peu plus virtuel, je me suis dit qu’en virtuel ça pourrait être quelque chose de génial. J’avais eu cette image-là entre 2003 et 2007. Puis en 2010-2012, l’hôpital Sainte-Anne a développé un prototype, pas avec l’Oculus Rift mais un dérivé de casque de réalité virtuelle d’un programme qui soigne les gens de leurs phobies. Je me suis dit que j’avais une vision pas si fausse de la réalité. D’ailleurs dans OSE, il y a plein d’autres choses que j’avais imaginées à cette époque-là et maintenant on parle de l’implant, par exemple IBM et Google ont inventé la puce RFID, on parle d’hologrammes et là il y a beaucoup de concert d’Hatsune Miku, on parle de robots, Terminator quoi. Il y a plein de choses dont je parle dans OSE en 2022 et on n’est pas si loin de la réalité. On peut même dire pour la président de la république française [note de SSS : un personnage apparaissant dans OSE], est-ce que je me trompe ? On ne va pas donner son nom pour garder le mystère, est-ce que ce ne serait pas elle pour 2022 car cette personne a l’air de se représenter.

SSS : j’admets ne pas trop y croire !

LN : on sait jamais, ce serait la surprise ! Peut-être coïncidence, peut-être vision, peut-être science-fiction, peut-être fantaisie. Ce qui est marrant avec Ose, c’est que les paris sont ouverts. Après  il y a plusieurs influences, the Doors, Queen, Mickael Jackson, il y a aussi des influences Coluche, Balavoine, Dalida, Whitney Huston… Le point commun de toutes ses personnes, ce sont des artistes à la base, peu importe leur domaine, qui ont vécu avec des traumas et des choses dures de leur passé, ou qui en ont bavé sur leur chemin et ils ont toujours fait des choses pour donner aux autres. Je voulais mélanger de tout ce que je viens de dire dans cette question, d’en faire une dissertation, quelque chose de fort et de là est sorti OSE. Je reviens au début de cette question de l’interview avec Shaos. Shaos a ressenti tout ça et il s’est dit, « moi je veux en être. », José, qui a vu le projet de OSE et la partie secrète que là vous ne pouvez pas connaître mais vous le découvrirez très vite, s’est dit aussi « moi aussi je veux en être », les Ululers ont dit pareil, tous ceux qui ont lu le tome 1 d’OSE et qui l’ont compris ont dit « nous aussi on veut en être et on veut continuer l’aventure avec vous ». Les gens de la page facebook, on a atteint 7400 abonnés en un an et demi, c’est quand même balèze pour un tome 1, sans media sans rien au début, je me dis que ce projet a une force, il rassemble, il pousse les gens à aller de l’avant, c’est sur ça que je veux m’appuyer. OSE est un projet fait par des gens humains pour des gens humains. Je me dis qu’il faut soutenir ce projet qui veut pousser les gens vers l’avant et ça ça n’a pas de prix.

SSS : donc pour conclure cette question, l’Isekai n’est pas du tout un genre envisagé pour OSE ?

LN : non je ne vais pas trop en faire dans les saisons parce qu’au début on commence sur un jeu sur les phobies mais on sait pas jusqu’où ça va aller, chaque saison est différente, la saison 1 est sur OSE, les suivantes je ne dis pas, mais ce sont des projets et des jeux vidéos ou peut-être même des choses qui vont sortir du monde virtuel. Le point d’accroche est certes un casque de réalité virtuelle mais ce ne sera pas un Isekai MMORPG, surtout pas.

SSS : Cela dit l’Isekai ne se résume pas aux MMORPG, c’est aussi le fait d’aller dans un autre monde.

LN : oui sur ça je suis d’accord, la saison 1 oui c’est bien un Isekai, c’est un jeu vidéo qui soigne les gens de leur peur, les gens rentrent dedans et on ne sait pas trop ce qu’il s’y passe. Si c’est ça le vrai scenario, cela pourrait aussi être Matrix. À voir, en suivant l’aventure d’OSE, ça risque d’être une belle surprise. Il est clair que oui, dans les isekai de type shonen, OSE est le premier isekai de type Seinen, je suis allé voir au Japon et il n’y en a pas. Tout ce qu’il y a c’est du Log Horizon, Sword Art OnlineOverlord, .hack, Yureka chez les coréens et peut-être Outlaw Players avec les français. En shonen isekai, il y a ça. En seinen il n’y en a pas. Donc OSE a le droit et la légitimité de dire que c’est le premier isekai seinen et c’est ce qui a plu aux japonais.

SSS : On peut citer par exemple Rising of the Shield Hero (The), classé en Seinen.

LN : oui mais c’est encore du chevaleresque avec des monstres à tuer…

SSS : de la fantasy en somme, c'est plus ça que tu voulais dire

LN : oui voilà. J’ai pris un risque je me suis dit, la fantasy on va arrêter ça, on en a fait le tour et il n’y a que ça de la fantasy et du shonen. Je ne voulais pas que OSE prenne cette direction parce qu'il serait décrédiblisé dans le sens où ce serait un enième isekai de type classique. Je parle aussi de phobie, je n’avais pas envie de faire un manga où on pouvait invoquer les phobies, un peu comme les Power Rangers, je crois même qu’il y avait un manga français qui parlait de ça, de Reno Lemaire, ça s’appelait Dreamland. Je voulais créer un genre unique et pour moi, OSE, un jeu vidéo qui soigne les gens dans un monde virtuel en utilisant les cinq sens et non pas seule l’accuité, et peut-être même jusqu’à leur passé. Ça au Japon ça n’existe pas et un autre force d’OSE c’est que c’est construit comme un drama. Je suis fan de films et séries japonaises, coréennes, chinoises. À la fin d’un tome on a des réponses mais encore plus de questions et c’est ce qui fait que ça plait aux asiatiques.

 

SSS : Combien de tomes prévoyez-vous pour OSE ?

LN : les tomes de la saison 1 ont un nombre précis. La saison 2 changera de nom, il y aura des cross-overs, des spin-off et d’autres partenariat. Le début, le milieu ou la fin sont écrits, après je ne suis pas hermétique aux critique des gens, comme la chronique que tu as faite pour ajouter un personnage qui pourrait combler les manques au niveau d’un certain type de public. Par exemple si des gens adorent le yuri et le yaoi, je trouverai des choses qui ont un rapport. Ça ne dénaturerait pas OSE parce que dans le tome 1 il y a déjà plein de genres : du shojo, du yaoi, du shonen, du seinen, pas du hentai pour l’instant *rire*. Mais le tome 3 sera sous blister et marqué public averti. Plus on va monter dans les tomes, plus on va monter dans l’âge.

 

SSS : J’imagine que tu ne peux pas encore trop en révéler, mais quels sont les autres projets visant à étendre l’univers OSE ? Tu parlais de collaboration avec le Japon, un anime est-il envisagé ?

LN : c’est secret, c’est dans les cartons mais comme dirait notre cher ami Gérard Darmont dans la Cité de la peur, « laissez-faire la police son travail, on vous le dira » pour la blague. Pour l’instant des choses se sont déjà faites avec le Japon. Par exemple on a fait un trailer du tome 1, un pour le Ulule et un pour les salons, la chaîne manga ou même l’Extra Life Café.

Il est fait avec des effets semi-animés par Valery Bensegueni alias antislash et Ayami Michelle, une japonaise sur Game One qui se produit avec Kayane et d’autres émissions, qui a prêté sa voix de Shiina Mai car elle est tombée amoureuse de ce personnage. Elle a lu le manga, elle a adoré, elle a vu son potentiel au Japon et a dit vouloir prêter sa voix à Shiina Mai. La musique dans le trailer c’est un groupe japonais qui se produit à Shibuya qui a été interviewé par un magazine qui a eu peu près la même notoriété que Coyote Mag et Animeland aux États-Unis et qui est en train de faire un carton. Ils ont travaillé également sur le film de James Cameron Alita, Battle Angel pour la bande-son, car James Cameron travaille avec le Japon. Comme je parle japonais, j’ai contacté beaucoup d’amis au Japon et eux ont vu que le manga tome 1 est traduit en japonais aussi. Il n’est pas encore commercialisé mais ça ne saurait tarder par d’autres voies que la voie papier. Si on ne peut pas atteindre les éditeurs japonais pas la voie papier, il reste la voie numérique. Le tome 1 est allé dans les mains de japonais qui sont dans l’animation et qui veulent voir le tome 2 pour prendre une décision.

 

SSS : Ton mot de la fin ?

LN : merci de m’avoir accordé du temps pour cette interview, ta patience, ton ouverture d’esprit et j’ai aussi beaucoup appris pendant cette interview [note de SSS: en référence aussi à une partie préalable de l'échange, hors interview ]. Ce que je voudrais dire à tous ceux qui lisent ce message : on fait des choses pour pouvoir avance. Ayez le courage, la détermination, les convictions, la passion, la patience et le courage de faire des sacrifices, de vaincre vos peurs. Quoi qu’il arrive, vous savez qu’on sera toujours derrière-vous. Oserez-vous ?

SSS : merci à toi aussi.

 

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