Exposition Pandora Hearts à la Maison de la Culture du Japon

Exposition Pandora Hearts à la Maison de la Culture du Japon

Du 30 mars au 9 avril 2016 s'était tenue l'exposition Pandora Hearts, dédiée au manga du même nom. Elle offrait à voir quelques dizaines d'illustrations en étant issues, réalisées par son auteure donc, Jun Mochizuki au fur et à mesure de la parution du manga. Une exposition organisée conjointement par la Maison de la Culture du Japon (à Paris) et la maison d'édition française du manga Ki-oon, qui s'est tenue dans le hall d'entrée de la MCJP (voir notre news associée à cette exposition Pandora Hearts).
Le manga s'est terminé il y a presque un an au Japon sur son vingt-quatrième volume. Ki-oon, pour célébrer la parution prochaine du dernier tome en France (le 14 avril), a initié ce projet d'exposition en hommage à ce Shônen. Un manga qui a un beau succès à travers le monde même s'il ne s'est pas hissé au niveau de popularité des plus connus. 

L'exposition proposait diverses illustrations issues du manga, représentant les différents personnages principaux, faisant référents à plusieurs moments de l'histoire du manga. Des illustrations placées dans des totems verticaux à peu près à hauteur d'yeux, encadrées et sous verre. Je suppose que c'étaient des originaux.

Le dispositif était une assez bonne trouvaille car il attirait pas mal le regard des visiteurs, qu'ils soient venus pour cette exposition ou pour voir autre chose. Une exposition standard au mur aurait pour le coup eu plus l'air de faire partie du décor plutôt que de constituer réellement une exposition temporaire. J'imagine que la MCJP utilise souvent ce procédé pour ses expositions dans son hall d'accueil, mais c'est sympa. 

 

Au fond de la salle, un très grand panneau panoramique arborait une fresque avec tous les protagonistes et quelques autres illustrations suspendues ça et là.

Ce mur était assez impressionnant à voir, d'autant qu'il mettait particulièrement en valeur l'exposition devant lui. Une illustration judicieusement choisie avec les personnages mis en scène comme si nous avions là une photo souvenir. Et le héros, sur la gauche de l'illustration (ce qui signifie donc sur notre droite, en art lorsque nous parlons de gauche et de droite, il s'agit de celle de l'oeuvre, en miroir donc de nous  ), qui nous fait un signe de la main, paraissant nous dire « À bientôt ! ».
Une seconde salle présentait quelques autres illustrations et un grand tableau de remerciement aux visiteurs de l'exposition, mais je l'ai ratée malheureusement, elle n'était manifestement pas très visible et non indiquée. Seule faille donc de la scénographie de l'exposition.


Photo issue d'une vidéo de l'exposition sur Youtube, le grand tableau parmi ce que j'ai raté de la salle planquée ^^'

 

Nous pouvions également visionner une vidéo diffusée sur téléviseur montrant Jun Mochizuki colorant un lineart (crayonné encré) de A à Z. Il était très impressionnant de voir le panel d'outil qu'elle utilise pour une seule et même illustration: encres, alcools spéciaux, feutres, marqueurs Copic, crayons, etc. Une vidéo de poïétique fort instructive et inspirante pour tout passionné de dessin, que l'on aime ou pas le style de l'auteure
Et pour faire saliver les fans, l'exposition comportait également une petite vitrine de divers goodies issus de la série. Ils n'étaient toutefois pas à vendre.
La baie vitrée de la MCJP se vêtait d'une grande illustration que j'ai oublié de prendre en photo. Un autre beau geste pour capter l'attention des passants. 

Ce que j'ai un peu regretté demeure l'absence de tout réel travail de rétrospective sur l'oeuvre exposée. Il aurait été appréciable de découvrir sur un ou deux panneaux rédigés le parcours de l'auteure, sans forcément entrer dans les détails, ainsi que la genèse de Pandora Hearts. Que ce soit pour les fans qui auraient aimé en savoir plus, ou pour les néophytes qui auraient eu là l'occasion de découvrir Jun Mochizuki en tant qu'artiste et non pas seulement en tant que mangaka. Néanmoins, la démarche d'une telle exposition reste louable.
Les mangaka sont des artistes bien sûr mais là, nous avions une approche clairement peintre/illustrateur et non pas mangaka. Il n'y avait pas de planches exposées, pas de croquis de recherche, nous étions pleinement dans une exposition d'art comme dans une galerie d'art contemporain.
Chose cruciale à souligner car les mangaka sont encore très peu reconnus ou même envisagés dans le marché de l'art (voir l'interview de la galerie AOJI pour plus de détail à ce sujet). Le fait que cette exposition ait eu lieu en dehors du cadre d'une convention est donc déterminant, même si le lieu d'exposition ne s'agissait pas d'une galerie d'art à proprement parler. Le fait de sortir ce manga du contexte des fans est un pas important pour faire changer le regard stéréotypé et caricatural qu'ont encore beaucoup de gens envers les manga. Ce qu'il faut aussi relever est que l'exposition ne portait pas sur un manga d'«auteur» comme du Jirô Taniguchi (particulièrement apprécié en France, souvent récompensé à Angoulême), Osamu Tezuka (qui a marqué l'histoire du manga) et autres personnalités très influentes du manga. C'est bien un Shônen populaire de la dernière génération qui fait l'objet de cette exposition. De quoi donc mettre en lumière le talent de mangaka qui réalisent des oeuvres plus orientées adolescents qu'adultes (même si Pandora Hearts peut aisément plaire à tout public). 

On espère donc voir d'autres expositions dans ce genre qui contribuent peu à peu à faire évoluer le regard des gens sur les manga! 

Vous êtes ici